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Culture & Cinéma

Gros Plan : l'homosexualité au cinéma


 

Désormais plutôt bien ancrée dans la plupart des sociétés occidentales, l’homosexualité reste peu présente au cinéma. Du moins, lorsqu’il ne s’agit pas de questionner les personnages par rapport à cette sexualité. Et si on commençait à inclure et traiter les personnages LGBT comme les autres ?


Cette semaine sortent sur les écrans français, deux charmantes comédies romantiques ; Loue-moi et Embrasse-moi. Dans la première, Deborah François se fait passer pour la petite amie d’un homosexuel qui n’ose avouer la vérité à sa famille. Elle découvre alors que le frère de ce dernier n’est autre que son amour de jeunesse, dont elle est encore éprise. Dans Embrasse-moi, Océanerosemarie réalise une rom-com lesbienne avec Alice Pol, construite sur les mêmes codes que les comédies romantiques hétéros classiques.


Dans les deux cas (surtout le second), l’homosexualité est montrée naturellement, sans être une thématique ni dans le but de la questionner par rapport à notre société. Soit une caractéristique comme une autre des personnages, qui n’a finalement pas d’influence sur le récit. Une représentation malheureusement encore trop rare à l’écran, mais pas impossible. La preuve, avec cinq films qui ont su, dans des genres différents, inclure des personnages homosexuels le plus naturellement possible.


Summer d’Alanté Kavaïté (2015)

 

C’est l’histoire de Sangaïlé, une jeune fille solitaire et timide, empreinte à ce mal-être qu’on peut ressentir quand on a 17 ans. Elle rencontre Austé, une fille de son âge bien plus extravertie, avec qui elle se lie. Si elle connaît une première expérience peu réjouissante avec un garçon, c’est bien avec Austé qu’elle va vivre son premier amour.




L’intelligence de la réalisatrice lituanienne (qui étudia à Paris) est de faire de Summer avant tout un film sur la jeunesse, et en aucun cas sur l’homosexualité. Un film sur le passage de l’adolescence au monde adulte, avec ce que cela implique de questionnements personnels. Dans un sens, Alanté Kavaïté aurait pu aussi bien utiliser deux hommes ou un couple mixte. Son choix de montrer deux jeunes filles, elle l’explique par une volonté d’éviter de tomber dans le cliché du « garçon fort qui aide une jeune fille à surmonter ses faiblesses ». Entre Sangaïlé et Austé, la question du genre est évacuée. L’une apparaissant alors comme le reflet de l’autre. Évoluant dans une atmosphère d’été enivrante, et porté par la sensualité de ses actrices, Summer est une œuvre aussi moderne que belle, à rattraper de toute urgence pour ceux qui seraient passés à côté.


Scott Pilgrim d’Edgar Wright (2010)

 

Scott Pilgrim, bassiste paumé et immature des Sex Bob-omb fait la rencontre de Ramona. Une fille mystérieuse qu’on lui suggère d’éviter. Allant à l’encontre de ces conseils, il commence à sortir avec elle. Il apprend alors qu’il devra d’abord vaincre ses sept ex maléfiques.




Adapté du comics éponyme, Scott Pilgrim dispose deux personnages secondaires homosexuels. Des personnages déjà présents dans l’œuvre originale, qu’Edgar Wright a bien jugé de garder. Ce dernier ayant réussi à reproduire presque à l’identique la BD (jusque dans le principe de cases), tout en y incluant sa propre personnalité.


Il y a donc d’abord Roxy, l’une des ex de Ramona. Sans trop s’étonner de l’expérience lesbienne de sa copine, Scott se montre surtout gêné à l’idée de devoir se battre face à une fille. Le second, c’est évidemment Wallace, le colocataire de Scott, dont l’homosexualité n’est jamais sujette à discussion. Même lorsqu’il finira par charmer le petit ami de la sœur de Scott, provoquant la colère de cette dernière. Délirant et fun, Scott Pilgrim est devenu un film culte malgré son non succès au box-office. Il prouve néanmoins la possibilité d’avoir autre chose que des hétérosexuels même dans du cinéma de divertissement.


Bound de Lana et Lily Wachowski (1996)

 

Violet est la maîtresse d’un truand membre de la mafia. Elle s’éprend soudain de Corky, une voleuse qui sort de cinq ans de prison et qui repeint l’appartement voisin. Après l’avoir séduite, Violet propose à Corky de voler deux millions de dollars que doit garder son compagnon dans leur appartement.




Bound se présente comme un polar lesbien parfaitement traité par les frères (désormais sœurs) Wachowski. Principalement grâce à leurs personnages, écrits comme ceux de n’importe quel polar classique. On retrouve ainsi le fameux personnage masculin principal, charmé par une femme fatale et coincé dans une situation mortelle. Sauf qu’ici, l’homme a simplement été remplacé par une interprète féminine. Gina Gershon, très masculine dans son comportement et le look qui lui est donné, fait ainsi toute la différence dans ce premier long des Wachowski, qui déjà comportait certains de leurs gimmicks retrouvés par la suite dans leur trilogie Matrix.


Happy Together de Wong Kar-wai (1997)

« Et si on repartait à zéro ? ». C’est sur cette phrase que débute Happy Together, sixième long-métrage de Wong Kar-wai, pour expliquer le départ de Lai Yiu-fai et Ho Po-wing pour l’Argentine. Un couple qui, comme beaucoup d’autres, s’engueule, se trompe, se sépare, et recommence. Une histoire d’amour somme toute classique au cinéma, mais surélevée par la vision d’un auteur tel que Wong Kar-wai. Tout au long de sa carrière, le cinéaste hongkongais a repris les mêmes thématiques. Questionnant principalement la quête d’identité de ses personnages, leur rapport à l’autre et au monde.




Happy Together, c’est finalement l’histoire d’un couple perdu dans un pays inconnu, et enfermé dans une relation toxique. Alors que l’un tente d’avancer et de se faire une place dans ce lieu où il est étranger, l’autre le tire vers le bas. Qu’il s’agisse d’un couple d’hommes importe assez peu pour Wong Kar-wai, qui aura rejoué des situations similaires dans 2046 ou My Blueberry Nights (où le voyage existentiel est au premier plan). Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il reproduit de film en film certaines scènes. Comme ce fameux plan fixe de deux protagonistes ensembles sur la banquette arrière d’une voiture, repris successivement pour Happy Together, In the Mood for Love et 2046. Emmené par le sublime duo, Tony Leung Chiu-wai (déchirant) et le regretté Leslie Cheung (d’une beauté profonde), Happy Together reste une des plus belles histoires d’amour du cinéma.


Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze (1999)

 

Craig Schwartz, un marionnettiste fauché, découvre un passage menant, durant quinze minutes, à l’intérieur de l’acteur John Malkovich. Grâce à cette découverte, il entend bien changer de vie. Tout comme Scott Pilgrim, la présence d’une relation homosexuelle n’apparaît pas au premier plan de Dans la peau de John Malkovich, film un peu à part dans cette sélection. Dans le film, Spike Jonze et le scénariste Charlie Kaufman s’intéressent à la question du point de vue. Ou comment une situation fantastique peut être abordée différemment.




Parmi les personnages qui testeront tour à tour ce passage, se trouve Lotte, la femme de Craig. Celle-ci ne trouvant plus grand intérêt dans sa relation de couple, voit en ce passage un moyen d’expérimenter, sa sexualité. Elle fera ainsi dans la peau de John une première expérience avec Maxine. Puis aura une vraie histoire d’amour avec son propre corps. S’ils ne questionnent pas l’homosexualité, c’est surtout en faisant fusionner les corps les uns avec les autres, sans distinction de sexe, que Charlie Kaufman et Spike Jonze se montrent audacieux. Allant outre toute question de genre, confondant hommes et femmes, jusqu’à ce qu’il n’apparaisse alors plus que l’Humain. Une vision poussée à l’extrême par la représentation de tout un groupe sous les traits de John Malkovich. Fascinant !


Source : Ciné Série


En ligne le 11 juillet 2017

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