Stephen Schwartz, le célèbre compositeur derrière Méchantse retire d'une apparition prévue au gala au Kennedy Center, citant des inquiétudes quant au fait que l'institution artistique autrefois non partisane soit devenue politiquement chargée après sa prise de contrôle par l'administration Trump.
Schwartz a déclaré qu'il ne pouvait pas participer à un événement dans un lieu qui véhicule désormais un message idéologique simplement par association. Dans une déclaration partagée samedi, il a souligné que le Kennedy Center a été créé comme un espace où l'expression artistique pouvait exister indépendamment de la politique, un principe qui, selon lui, ne s'applique plus.
« Tant que ma présence là-bas est interprétée comme une déclaration politique », a déclaré Schwartz, « je n'en ferai pas partie ».
Une relation de longue date, aujourd'hui rompue
La décision a un poids particulier compte tenu de l’histoire de Schwartz avec le Kennedy Center. Il a joué un rôle dans son ouverture en 1971, en contribuant aux paroles de Massel'œuvre de théâtre musical commandée par Jacqueline Kennedy Onassis et composée par Leonard Bernstein en l'honneur du président John F. Kennedy.
Plus de cinq décennies plus tard, Schwartz a déclaré qu'il avait été invité en décembre 2024 à animer un gala en mai 2026 au profit de l'Opéra national de Washington. L'invitation, selon Schwartz, est venue de la directrice artistique de la compagnie d'opéra, Francesca Zambello.
Zambello a confirmé qu'elle avait prolongé l'offre et a déclaré que Schwartz avait accepté d'animer et d'organiser la programmation de la soirée. Elle a également partagé du matériel promotionnel le désignant comme l'hôte de l'événement. Tout en reconnaissant sa décision de se retirer, elle a refusé de donner plus de détails, notant seulement que ses opinions étaient personnelles.
Récits contradictoires des dirigeants
Les responsables du Kennedy Center ont rejeté les affirmations selon lesquelles Schwartz était formellement attaché à l'événement. Roma Daravi, porte-parole du centre, a déclaré que Schwartz n'avait jamais été confirmé sous la direction actuelle et n'avait pas de contrat en place.
Le président par intérim, Richard Grenell, a fait écho à cette position, qualifiant d'inexactes les informations faisant état d'une annulation et déclarant sur les réseaux sociaux qu'il n'avait jamais parlé avec Schwartz depuis qu'il avait pris ses fonctions.
Malgré ces démentis, des sites de billetterie tiers avaient promu Schwartz comme hôte du gala au cours des derniers mois, même si son nom était notamment absent du site officiel du Kennedy Center vendredi soir.
Une tendance aux départs très médiatisés
La décision de Schwartz fait suite à une vague de retraits d'artistes liée au récent changement de marque du centre. Depuis que le conseil d'administration a voté en faveur de l'ajout du nom de Donald Trump à la salle, plusieurs artistes se sont retirés, laissant des lacunes notables dans la programmation à venir.
Le musicien de jazz Chuck Redd a annulé son concert de longue date du réveillon de Noël, une tradition qu'il a maintenue pendant près de deux décennies. Les Cookers se sont retirés de leur spectacle du réveillon du Nouvel An, tandis que les chanteurs folk Kristy Lee et Doug Varone and Dancers ont annulé les apparitions prévues pour début 2026. Chacun a fait état de préoccupations liées au changement de nom.
Les sorties précédentes comprenaient Issa Rae et la production en tournée de Hamiltonqui se sont tous deux retirés avant le vote formel du conseil d'administration.
Daravi avait précédemment critiqué ces annulations, arguant que les artistes qui se retiraient en raison de désaccords politiques laissaient tomber leur public. Elle a décrit ces décisions comme contraires au rôle des artistes publics.
Questions juridiques et retombées culturelles
La controverse a également atterri devant les tribunaux. La représentante Joyce Beatty, démocrate de l'Ohio et membre d'office du conseil d'administration, a déposé une plainte le mois dernier pour contester le changement de nom. Elle soutient que cette décision viole la loi fédérale régissant cette institution agréée par le Congrès.
Pour Schwartz, la question apparaît moins juridique et plus philosophique. Son départ souligne une tension plus large qui se répercute dans le monde des arts, où les institutions longtemps considérées comme un terrain neutre sont désormais des arènes de débat politique et où choisir de ne pas apparaître peut parler aussi fort que de monter sur scène.
