L’histoire aurait pu prêter à sourire, si elle n’avait pas fait perdre le sommeil à tout un village. Imaginez : « Joyeux anniversaire » soufflé à vos oreilles pendant cinq heures d’affilée, au beau milieu de la nuit. Ce cauchemar musical, c’est ce qu’ont vécu les habitants de Javalí Viejo, près de Murcie, en Espagne, qui se sont retrouvés au cœur d’un concert nocturne aussi long qu’inopiné.
Quand la fête nocturne tourne au calvaire
Qui n’a jamais fredonné avec entrain l’incontournable « Joyeux anniversaire » ? Mais, ici, l’affaire a pris une tout autre tournure. Tout a commencé le mardi 7 octobre, à 23 heures précises. Dans ce village de 2 300 âmes – pas franchement habitué à l’agitation nocturne – la sono de l’école locale s’est soudainement déclenchée. Au programme : la version espagnole populaire du célèbre air, signée des Parchís, ce groupe d’enfants star des années 1980. Pour une boum, on ne pouvait rêver mieux. Sauf que la bamba d’anniversaire, elle, n’était pas prête de s’arrêter !
- 23 h : début de la diffusion de « Joyeux anniversaire ».
- 5 heures de musique… sans interruption !
- 4 h 30 : intervention des pompiers, toujours sous la même mélodie.
Au début, les riverains n’ont pas pu s’empêcher de sourire, voire de se laisser bercer par le refrain. Mais, à mesure que les heures défilaient et que les âmes, elles, tentaient en vain de plonger dans les bras de Morphée, la patience a fini par voler en éclats. Imaginez les insomnies collectif !
L’appel au secours (et pas pour souffler des bougies)
La situation a vite dégénéré. Après avoir tenté de supporter la répétition sans fin, les habitants, excédés et résignés, ont fini par appeler les secours. Les pompiers de Murcie ont reçu l’appel salvateur dans la nuit du mercredi 8 octobre, alors que la petite ville, épuisée, menaçait de craquer.
Il aura tout de même fallu attendre 4 h 30 du matin pour voir débarquer non pas les clowns costumés, mais quatre pompiers plus décidés que jamais à éteindre… la musique. Une scène presque surréaliste, documentée dans une vidéo publiée sur le réseau social X : on y aperçoit nos héros de la nuit traversant courageusement la cour d’école, puis se dirigeant, guidés par la rengaine entêtante, jusqu’au gymnase, là où les enceintes diffusaient leur tube unique. Finalement, après une investigation sonore digne d’un polar, ils mettent fin à cette nuit blanche musicale en débranchant le système de sonorisation.
Après l’exploit, un clin d’œil des pompiers
Fiers de leur intervention peu ordinaire, les sapeurs secouristes ont tenu à rassurer la population – non sans une bonne dose d’humour. Sur X, ils déclarent avec désinvolture : « Nous ne voulions pas gâcher l’anniversaire de qui que ce soit… Mais ce n’était pas une heure pour faire ça. » Un clin d’œil qui a fait mouche auprès des habitants déjà soulagés d’avoir retrouvé le calme.
Fin de la fête : et les leçons de la nuit
Au final, tout est bien qui finit… sans musique. Si cette (très) longue fête nocturne a donné du fil à retordre à une partie endormie du sud de l’Espagne, elle rappelle surtout avec le sourire les petits tracas qui, une fois pris avec humour (et sang-froid), deviennent de bonnes histoires à raconter. Et, qui sait, la prochaine fois que retentira un « Joyeux anniversaire », nul doute que les habitants de Javalí Viejo le chanteront à voix basse… et en plein jour, cette fois !
