Il n’était pas forcément attendu comme le grand phénomène de l’année. Pourtant, depuis sa présentation à Cannes, The Last Room est en train de s’imposer comme l’un des films les plus commentés de la saison. Ce drame LGBT indépendant, porté par deux acteurs encore peu connus du grand public, a reçu une longue standing ovation sur la Croisette avant de provoquer un emballement immédiat sur Letterboxd.
Sur la plateforme, très suivie par les cinéphiles, le film frôle déjà les 5 étoiles de moyenne auprès des premiers spectateurs. Un score rare, surtout pour une œuvre encore peu distribuée et découverte principalement en festival. De quoi faire naître une question : ce film discret peut-il devenir l’une des grandes surprises des prochains Oscars ?
Un drame intime devenu phénomène de festival
Réalisé par la cinéaste américaine Elena Voss, The Last Room raconte l’histoire de Noah et Elias, deux anciens amants qui se retrouvent dix ans après leur rupture dans une petite ville côtière du Maine. L’un est revenu vendre la maison familiale. L’autre n’est jamais parti.
Le film repose sur une mise en scène très simple : peu de personnages, beaucoup de dialogues, et une tension permanente autour de ce qui n’a jamais été dit. Mais c’est justement cette sobriété qui semble avoir touché les premiers spectateurs.
« Je voulais faire un film sur ce que l’on garde en soi quand une histoire d’amour n’a jamais vraiment eu le droit d’exister », a confié la réalisatrice après la projection cannoise.
À Cannes, le film aurait été applaudi pendant plusieurs minutes, avec une réception particulièrement forte dans la salle. Plusieurs critiques présents sur place ont souligné la puissance émotionnelle du dernier acte, déjà décrit comme l’un des grands moments de cinéma de l’année.
Pourquoi le film fait autant parler
Si The Last Room attire autant l’attention, ce n’est pas seulement pour son sujet. Le film arrive à un moment où les récits LGBT trouvent une place de plus en plus importante dans le cinéma d’auteur, mais restent encore rarement récompensés dans les grandes catégories.
Plusieurs éléments expliquent l’emballement actuel :
- une réception très forte à Cannes, avec un bouche-à-oreille immédiat ;
- une note presque parfaite sur Letterboxd auprès des premiers spectateurs ;
- deux performances d’acteurs déjà citées comme possibles candidates aux prix ;
- un récit LGBT accessible, intime et universel ;
- une campagne américaine qui pourrait miser sur l’émotion et la surprise.
Le rôle principal, interprété par Julian Reed, est particulièrement remarqué. Son personnage, silencieux et fermé en apparence, porte une grande partie du film. Face à lui, Mateo Alvarez apporte une énergie plus nerveuse, presque opposée. Leur duo donne au récit son équilibre.
Une possible trajectoire vers les Oscars
Pour les Oscars, rien n’est encore joué. Beaucoup de films acclamés en festival disparaissent rapidement de la conversation lorsqu’arrivent les grosses productions de fin d’année. Mais The Last Room possède plusieurs atouts.
D’abord, le film a une identité claire. Ensuite, il peut séduire les votants sensibles aux drames d’acteurs, souvent bien placés dans les catégories scénario, interprétation et meilleur film international ou indépendant selon sa campagne. Enfin, son statut de petit film qui grandit grâce au public peut devenir un argument puissant.
Ce type de trajectoire n’est pas nouveau. Les Oscars aiment parfois distinguer des œuvres qui n’étaient pas considérées comme favorites au départ, mais qui imposent progressivement leur évidence au fil des projections, des festivals et des critiques.
Le nouveau favori surprise ?
La prudence reste nécessaire. Une note élevée sur Letterboxd ne garantit pas une nomination, et une standing ovation à Cannes ne suffit pas à construire une campagne jusqu’à Hollywood. Mais dans une saison encore ouverte, The Last Room coche déjà plusieurs cases importantes.
Le film a l’émotion, le bouche-à-oreille, un sujet fort et des performances capables de marquer durablement les spectateurs. S’il trouve un distributeur solide et une stratégie de sortie bien pensée, il pourrait passer du statut de découverte cannoise à celui de véritable outsider des Oscars.
Pour l’instant, une chose est certaine : ce film LGBT que peu de monde avait vu venir est devenu l’un des titres les plus surveillés de l’année.
