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    « La douleur des règles n’est plus une fatalité » : le cri d’alerte qui veut enfin briser le tabou et changer la vie des femmes

    6 janvier 20265 minutes
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    Halte au fatalisme et à la banalisation : le cri d’alerte résonne, plus fort que les tabous ! Longtemps reléguée derrière les portes closes des salles de bain ou étouffée sous le poids des clichés, la douleur des règles n’est plus condamnée au silence. Un nouvel élan collectif s’amorce pour la hisser au rang d’urgence à prendre au sérieux, à écouter, à soulager. L’heure n’est plus à la résignation, mais à l’action, pour changer la vie des femmes. Et pour une fois, pas besoin d’attendre la Saint-Glinglin.

    La douleur menstruelle : ce n’est pas « normal », et ce n’est plus tolérable

    Des générations entières ont intégré, à la force du conditionnement social et des idées reçues, que souffrir pendant les règles était dans l’ordre des choses. Radiofrance.fr le rappelle : cette « norme culturelle » continue de peser lourd sur les mentalités. Résultat ? Les femmes se censurent, minimisent leur mal-être. Les soignants, souvent débordés, plongent dans la routine et, eux aussi, en viennent à relativiser. Le mal s’enracine alors à coups d’habitudes vieillottes et de clichés tenaces.

    Mais 2025 marque un tournant. Les traitements existent, prouvent leur efficacité et offrent de vrais soulagements. Le Dr Agnès Ricard-Hibon martèle : la douleur des femmes n’est pas une fatalité. Les patientes n’ont pas à se taire, les professionnels n’ont plus le droit de banaliser. L’urgence, c’est d’inscrire noir sur blanc ce principe dans chaque parcours de soin, du premier point de contact jusqu’aux suivis en consultation.

    La clé ? L’écoute. Cette attitude apparemment simple bouleverse tout, car elle transforme la plainte en décision, puis en soulagement – durable, celui-là. Un message clair aux quatre vents : non, la douleur n’est pas forcément « normale ».

    Changer les pratiques : la parole comme nouvel outil médical

    Une plateforme participative, douleurdesfemmes.com, a ouvert la semaine dernière à l’occasion de la journée mondiale contre la douleur. Son objectif est limpide : recueillir des récits, fédérer des solutions, transformer les parcours et faire émerger de nouveaux réflexes dans la société.

    • Collecte de récits pour éclairer le vécu réel des patientes
    • Rencontres régionales avec des équipes de santé pour détecter les freins et co-construire des réponses adaptées
    • Formulation de recommandations remises aux pouvoirs publics
    • Grande campagne de sensibilisation pour diffuser largement les nouveaux repères

    À chaque étape, la parole devient un véritable outil d’investigation et d’amélioration. Elle livre des indices essentiels pour cerner ce qui cloche localement, repérer les réussites, identifier les angles morts. Les retours orientent des formations ultra-ciblées pour les soignants, et ajustent les messages adressés au public. Selon le Dr Ricard-Hibon, l’exigence, c’est la constance : évaluer, suivre, restituer.

    Urgence, retards, tabous : comment les dépasser ?

    Banaliser la douleur, c’est prendre le risque d’un engrenage dangereux. L’exemple de l’infarctus, cité dans la campagne, frappe les esprits : la mortalité augmente chez les femmes quand le signal d’alerte est ignoré ou relativisé. Trop d’attente, trop de doutes, le temps file et le pronostic s’assombrit. Par crainte d’exagérer, de se faire juger ou stigmatiser, nombre de femmes hésitent à solliciter le 15 ou retardent l’accès à des soins spécialisés. « Plus l’attente dure, plus le risque progresse », alerte le Dr Ricard-Hibon.

    Pour casser cette spirale, le langage se doit d’être limpide à tous les niveaux : familles, proches, professionnels. Les soignants doivent nommer fermement les risques, les proches soutenir et encourager l’appel rapide. C’est en précisant les faits, sans détour ni ambiguïté, que l’on sauve des vies et que la honte recule, petit à petit.

    Des solutions durables : formation, outils, évaluation en continu

    Encore faut-il des données solides pour bâtir des politiques crédibles. Sur ce front, la plateforme joue un rôle central : elle structure les témoignages de femmes, de proches, de soignants et cartographie les obstacles comme les avancées. Ce matériau nourrit des pistes d’amélioration simples, inspire les formations et éclaire les messages publics.

    Le cap à tenir est clair : proposer des solutions, vérifier leur efficacité dans la durée grâce à des indicateurs suivis à intervalles réguliers, le tout sans jargon ni jargon inutile. La formation des soignants est un levier majeur, afin d’aligner le diagnostic et la prise en charge dans tous les secteurs. Les cursus doivent nommer les biais, apprivoiser les pièges d’évaluation… et réconcilier la confiance côté patientes !

    Sensibiliser le grand public ? Impératif aussi ! Il s’agit d’encourager l’appel précoce en cas de doute légitime, d’appuyer l’orientation vers le bon service et de briser la peur d’être cataloguée à tort.

    Au fond, chacun de nous a un rôle à jouer. La douleur n’attend pas, et surtout, elle ne ment jamais. L’écoute réelle, la réactivité, la prise en charge précise : c’est le triptyque à viser. Les tabous s’effacent lorsque les faits prennent le dessus, quand la parole se transforme en force partagée. Avec, pour boussole, la détermination du Dr Agnès Ricard-Hibon : écouter mieux, intervenir tôt, et soulager durablement. Et si c’était maintenant, tout simplement ?

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    Mathias Gerdy

    Après avoir fait ses premiers pas dans la presse féminine, Mathias Gerdy a fondé le site Gayvox en tant que journaliste indépendant pour écrire sur ce qui lui tenait à cœur : la cause LGBT.

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