Il y a une qualité discrète et désarmante dans la photographie de Matu Buiatti qui m'a attiré presque immédiatement. Ce qui m'est resté, c'est à quel point tout semble ancré. Les hommes sur ces images ne jouent pas. Ils existent pleinement et sans prétention, d’une manière qui semble de plus en plus rare.
« La Isla », le long projet photographique de Buiatti devenu livre, n'est pas lié à un lieu littéral. C'est quelque chose de plus personnel. Au fur et à mesure que j’avançais dans l’œuvre, j’avais l’impression d’être plongé dans une série de moments privés façonnés par la confiance plutôt que par la direction. Cette distinction est importante.



Pas seulement des portraits, des conversations
Ce qui m'a le plus frappé, c'est tout ce qui se passe avant même que la caméra ne sorte. Le processus de Buiatti est centré sur la conversation, et cela se ressent dans les images. Ce ne sont pas des tournages rapides ou des rencontres transactionnelles. Ils se construisent au fil du temps, parfois avec de parfaits inconnus qui, au fil des rencontres répétées, se rapprochent davantage des collaborateurs.
Cette énergie se traduit devant la caméra. Il y a une certaine facilité dans la façon dont les corps sont tenus, que quelqu'un soit étendu sur un rocher ou appuyé sur de l'herbe molle. Il ne se lit pas comme posé. Cela se lit comme familier.
Je n'arrêtais pas de penser à quel point il est rare de voir des photographies qui donnent la priorité à la connexion plutôt qu'à la sortie. Buiatti ne recherche pas l'image « parfaite ». Il documente ce qui se passe entre les gens, et les photos deviennent un sous-produit de cet échange.




L’Argentine comme toile de fond vivante
Les paysages jouent un rôle discret mais important. Tourné à travers l'Argentine, les décors semblent vastes sans surcharger les sujets. Il y a un rythme naturel entre le corps et l'environnement, l'escalade, le repos, l'errance, qui ajoute au sentiment d'ouverture.
Certaines images semblent presque primitives, mais pas d’une manière qui relève du spectacle. Au lieu de cela, il y a une douceur. La verdure, la pierre, la lumière, tout soutient le sujet plutôt que de rivaliser pour attirer l'attention. Cela crée une sorte de calme visuel qui vous permet de vous asseoir un peu plus longtemps avec chaque image.


Repenser la nudité
Il est impossible de parler de « La Isla » sans aborder la nudité, mais Buiatti la recadre d'une manière qui semble intentionnelle. L'œuvre fait une distinction claire : la nudité n'est pas la même chose que l'intimité.
Cette idée m’est restée.
Dans ces images, la nudité semble plus proche de l’honnêteté que de l’exposition. Il n’y a aucun sentiment de performance ou de provocation. Au lieu de cela, cela devient un langage visuel de confiance. Le confort que vous voyez ne consiste pas à être déshabillé, mais à être compris.
Et ce changement change la façon dont vous vous engagez dans le travail. Tu ne cherches pas à les sujets ; vous les rencontrez là où ils sont.




L'avantage analogique
La décision de Buiatti de tourner sur film analogique ajoute une autre couche au projet. Il y a de la patience dans le processus, pas de révision instantanée, pas de reprises interminables. Cette limitation impose un type de présence différent, tant pour le photographe que pour le sujet.
On sent cette lenteur dans les images. Rien ne semble précipité ou surmené. Les petites imperfections, qu'il s'agisse de grain, de légers décalages ou même de subtiles incohérences, donnent de la texture à l'œuvre. C'est un rappel que tout n'a pas besoin d'être peaufiné pour paraître complet.


Pourquoi ça reste avec vous
Ce qui fait perdurer « La Isla » n’est pas une seule photographie. C'est l'accumulation de moments. Le sentiment d'être témoin de quelque chose qui s'est construit au fil du temps, façonné par des interactions réelles plutôt que par un concept organisé.
Pour moi, il s’agissait moins des visuels que de l’intention derrière eux. Buiatti utilise la photographie comme moyen de comprendre les gens et, par conséquent, lui-même. Cette curiosité traverse tout le projet.
À la fin, « La Isla » ressemble moins à une collection qu’à un enregistrement d’expériences partagées. C'est un rappel que lorsque les gens se présentent sans défense, quelque chose d'honnête peut prendre forme, et parfois, cette honnêteté est ce qui fait qu'une image mérite d'être conservée.
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