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Histoire VéCul
J'ai effectué le "test rapide", une belle avancée, par Antoine
En ce mois de juin, certains hôpitaux parisiens ont proposé à leurs patients d'effectuer un nouveau test de dépistage du VIH, très rapide. Il n'a fallu que deux minutes pour récupérer une goutte de sang sur mon doigt, la déposer dans un récipient, y introduire trois produits différents et y voir apparaître un point. Ce dernier m'a informé de mon bon état de santé.

Le test semble fiable en cas de résultat négatif (un point). Pour le positif (deux points), il faut tout de même confirmer avec un test classique. C'est une très belle avancée car ce test est vraiment très simple d'utilisation.



Cet instant où tout a changé, par Antony
Je suis homosexuel et j'ai toujours été vigilant. Je faisais des tests assez souvent, environ tous les trois mois. Jamais je ne suis allé dans un centre de dépistage anonyme. J'ai toujours demandé à mon médecin de me faire une ordonnance et suis allé faire mon test dans un laboratoire d'analyses à côté de chez moi. Il y avait le rituel : faire le test avant 11 heures et passer après 18 heures chercher le résultat. Et, chaque fois, il y avait l'angoisse au moment de décacheter l'enveloppe... Ai-je pris des risques ? Chaque fois, le résultat était négatif.

Après avoir traversé une période de dépression, j'ai baissé ma garde lors d'un rapport. Lors d'un voyage, j'ai été pris de nausées et étais très fatigué. J'ai alors fait un test par précaution, juste au cas où. Avant 11 heures, aller au laboratoire, 18 heures, aller chercher l'enveloppe. Mais cette fois-ci, mon médecin m'a appelé à 15 heures. J'avais un mauvais pressentiment. Quand elle m'a dit "Je suis désolée", j'ai su et je me suis écroulé sur le sol. Ils avaient fait deux fois le test pour être sûrs, et c'était sans appel. Mon médecin m'a aidé et m'a envoyé à l'hôpital Bichat où j'ai été pris en main, surtout sur le plan psychologique. Cela fait six ans que je suis séropositif et je ne sais plus comment dire aux gens de se protéger.



Une des pires angoisses de ma vie, par Louis
Je suis gay et j'ai dû faire un test de dépistage du VIH il y a quelques années, à la suite de la rupture d'un préservatif lors d'un de mes premiers rapports sexuels. J'ai vécu une semaine d'angoisse, d'abord parce que je ne savais pas si mon partenaire était séronégatif, ensuite parce que j'avais honte d'expliquer à un médecin dans quelles circonstances ce rapport à risque avait eu lieu.

Je suis allé à l'hôpital Bichat, à Paris, et j'ai découvert des médecins et des infirmières d'une profonde humanité, compréhensifs, qui ont effacé la honte que j'éprouvais alors, qui m'ont laissé m'exprimer et qui m'ont parlé des modes de contamination dans les pratiques sexuelles des gays.

L'attente des résultats a été difficile, même si le risque était très faible d'avoir contracté la maladie. Lorsque je suis retourné chercher mes résultats, négatifs, j'ai fondu en larmes et j'ai remercié le médecin du travail qu'il accomplissait. Je retiens trois choses essentielles de ce test de dépistage : ne pas avoir été jugé, avoir pris conscience des risques pour l'homme presque adulte que j'étais et avoir contribué à accepter mon homosexualité.
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