Santé.
Plus précoce et plus forte qu'en 2003, la saison des rhinites polliniques a commencé.
Cobbent éviter le rhube des foins
Il y a ceux chez qui la sensation permanente d'une plume agaçant le palais confine au supplice chinois ; ceux qui ne sortent plus de chez eux pour éviter larmoiement et nez en fontaine ; et même ceux qui sont prêts à déménager... Pour des millions de Français, la saison du «rhume des foins» - rhinite pollinique en langage médical - a bel et bien commencé, plus précoce et beaucoup plus forte qu'en 2003. Sans gravité mais handicapante, cette forme d'allergie est en augmentation, rançon notamment du réchauffement de la planète.
Yeux rouges et nez qui gratte
Ils apparaissent brutalement au cours d'une balade à la campagne ou en ville, ou même en restant chez soi. Ce sont des signes de rhinite (éternuements, nez qui gratte, qui coule, bouché) et/ou de conjonctivite (yeux rouges, qui picotent, gonflent, avec sensation de corps étranger). Ils entraînent parfois troubles du sommeil, difficultés de concentration, irritabilité... Chez 25 % des patients, un asthme est associé.
Plaisirs polliniques de saison
Equivalent des spermatozoïdes chez les plantes, les pollens sont des particules microscopiques qui contiennent de nombreuses protéines allergisantes. Transportés par les vents, ils peuvent parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres. Et chaque saison a ses plaisirs polliniques (lire ci-contre). «Le frêne et le peuplier sont arrivés il y a un mois. Le bouleau et le platane, depuis une semaine. Les pollens de graminées [avoine, blé, maïs, ndlr] seront là entre le 15 et le 30 mai», énumère Michel Thibaudon, président du RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique). Ce réseau enregistre, grâce à des capteurs, les concentrations polliniques dans 54 villes et les met en parallèle avec les observations météo et celles de médecins sentinelles. Bouleau, ambroisie, cyprès et graminées sont les plus allergisants.
Alerte par SMS
Panneaux d'affichage municipaux à Paris et Marseille ; journaux télévisés, Internet... Un bulletin hebdomadaire est disponible sur le site du RNSA (1). Il est même possible d'obtenir, ville par ville, un calendrier pour chaque pollen. De multiples sites, commerciaux ou non, sont par ailleurs consacrés aux allergies (les témoignages sur les forums sont souvent édifiants). Les abonnés à Orange, eux, peuvent accéder par SMS à un service Info Pollens et Pollution, par département. Une consultation médicale reste cependant indispensable pour préciser les pollens responsables (grâce à des tests) et mettre en route un traitement adapté.
Pulvérisation ou comprimés
«En première intention, quand la gêne est modérée, le rhume des foins se traite par antiallergiques, en comprimés ou sous forme locale, explique Marie-Laure Megret-Gabeaud, allergologue à Paris et médecin sentinelle du RNSA. Un cran au-dessus, on prescrit aussi des corticoïdes par voie locale ou plus exceptionnellement en comprimés.» Enfin, en cas de répétition d'une année sur l'autre, une désensibilisation peut être proposée. Testée pour la première fois en 1911, l'immunothérapie se pratique en injection et, de plus en plus souvent, par voie sublinguale. Les préparations, personnalisées, sont envoyées à chaque patient. Le taux de succès est supérieur à 70 % selon Stallergènes, l'un des rares labos français. Des essais de désensibilisation avec des comprimés sont en cours, mais ils ne seront pas en pharmacie avant, au mieux, 2007.
Par Sandrine CABUT. Liberation.fr
(1) Voir le site