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Problèmes érectiles
Les laboratoires Pfizer (commercialisant le VIAGRA®) mettent actuellement en place une campagne d’information en officine « pour en finir avec les troubles de l’érection ». C’est donc le moment de faire le point, et peut être de commencer par quelques rappels sur le mécanisme….
Le mécanisme responsable de l’érection implique la libération de monoxyde d’azote (NO) dans le corps caverneux de la verge lors d’une stimulation sexuelle. Ce NO active une enzyme( la guanilate cyclase) qui va entraîner l’augmentation des concentrations de GMPc, ce qui provoque un relâchement des muscles lisses des corps caverneux et favorise l’afflux sanguin. La verge entre en turgescence. Puis une enzyme importante, la PDE5, va progressivement dégrader la GMPc au niveau de la verge, ce qui entraîne le reflux du sang et donc le retour du sex à son état initial. Beaucoup pensent que l’érection est un phénomène de contraction alors qu’il résulte en fait d’un relâchement des muscles lisses.
Les conséquences d’un problème érectile sont importantes au niveau émotionnel : un grand nombre d’hommes se sentent profondément « touchés » dans leur virilité et n’osent pas en parler, ce qui peut entraîner des sentiments de culpabilité et une dépression. De même chez le ou la partenaire, les doutes s’installent : compétence ? désirabilité ? infidélité ??
On distingue deux sortes de dysfonctionnement érectile : l’un est psychogène (résultant de problèmes psychologiques, dépressions,…et nécessitant une prise en charge psy) et l’autre est « organique », c’est à dire lié à l’age ou à une maladie, et quelquefois aux deux. Effectivement, la souplesse des vaisseaux sanguins et l’efficacité des nerfs transmettant l’influx nerveux lors de la stimulation sexuelle diminuent avec les années.
D’autre part, les pathologies impliquant une difficulté de l’érection apparaissent avec l’age. Il s’agit d’hypertension, diabète, hyperlipidémies (cholestérol), et consommation excessive d’alcool, tabac ou drogues douces.
La thérapie de l’impuissance ou des troubles passagers de l’érection est très récente mais d’évolution rapide. Dans les années 60 sont tout d’abord apparues les prothèses péniennes semi rigides ou gonflables. Mais ne donnant pas satisfaction, elles ont été remplacées 10 ans plus tard par des vacuums ( systèmes d’aspiration sous vide qui permettaient de forcer l’érection en faisant affluer le sang dans la verge). En 1980 apparaissent les injections intra caverneuses (papavérine ou prostaglandines : CAVERJECT® ou EDEX®). Celles ci sont indolores et les résultats obtenus sont fiables et constants. Elles sont encore utilisées actuellement.
En 1998 sort le premier traitement oral de l’érection : le sildénafil ou VIAGRA®. C’est un inhibiteur de la PDE5, c’est à dire qu’il va empêcher la dégradation de GMPc dans la verge ( dont nous avons parlé dans les rappels au début de l’article), ce qui va entraîner une érection plus facile et prolongée. D’autres molécules semblables à celle ci sont sorties cette année : le vardénafil (LEVITRA®), le tadalafil (CIALIS®). Parallèlement à ces inhibiteurs, d’autres comprimés sont commercialisés en 2000 : les apomorphines (IXENSE® ou UPRIMA®). Leur mode d’administration est sublinguale, d’ou leur rapidité d’action. Elles augmentent la production de GMPc au niveau de la verge et favorise le relâchement des muscles lisses des corps caverneux.
Des solutions efficaces existent donc. Les questions relatives à la sexualité sont dédramatisées. Las tabous se lèvent. De plus en plus d’hommes consultent chaque année pour des problèmes d’érection. En complément de ces traitements, des mesures hygièno-diététiques sont incontournables : surveillance du diabète, la lipidémie, etc.… Parlez en aisément à votre médecin qui vous trouvera le traitement le plus approprié. Chaque traitement a ses particularités et un médicament X peut très bien réussir à votre meilleur ami, votre voisin ou votre frère, mais ne sera pas justifié dans votre cas.
Rendez vous aussi dans votre pharmacie pour y retirer le petit dépliant « bleu clair » afin de recevoir régulièrement par la suite des informations sur les dysfonctionnement érectiles.
Stéphane pour
Gayvox.com