Commenter / Lire les commentaires  [8]

Sommaire

île maurice


Y aura-t-il des drag queens aux tenues « fluo », des perruques multicolores à la marche Arc-en-ciel qui aura lieu le 20 mai, à Rose-Hill ? Au-delà de l’euphorie gay pride, c’est le combat qui importe pour les organisateurs : les homosexuels sont des citoyens comme les autres.

C’est un vaste programme, sans doute le combat le plus audacieux qui soit à Maurice : organiser une marche (une gay pride, presque) pour dire non aux discriminations envers les Lesbiennes Gay Bi Transexuel (LGBT). Une chose est sûre, le Collectif Arc-en-Ciel n’a pas froid aux yeux. Il continue de plus belle sa lutte contre l’homophobie. Petit à petit, il veut bousculer les mentalités, jouer la carte de l’égalité. « Les homosexuels ne sont pas des citoyens de seconde zone », martèle Jean-Luc Ahnee, le porte-parole du collectif. C’est le message qui découle du combat de l’association.

Pour frapper encore plus fort, une marche sera donc organisée le 20 mai à midi, au Plaza. Cela coïncide avec les gay prides qui ont lieu dans plusieurs pays. Cette marche veut surtout avoir une portée symbolique, être un tremplin pour sensibiliser la population et faire que cessent les inégalités et les souffrances subies par les homosexuels à cause de leur orientation sexuelle. De quelles souffrances est-il question ? De la pression sociale, la stigmatisation, la loi du silence, la solitude… La vie d’un homosexuel est un long fleuve tumultueux à en croire les témoignages qu’on a reçus.

Le conflit est d’abord intérieur. « Lorsque j’ai réalisé que j’étais homosexuel, j’ai eu du mal à l’accepter moi-même. J’avais des voix intérieures qui me demandaient pourquoi je n’étais pas comme les autres. J’ai pensé au regard des autres, à ma famille mais je ne pouvais pas changer ce que j’étais », confie un jeune cadre. Jensen, comptable, a longtemps vécu « caché », de peur d’être mis à l’écart. Il a dû imaginer mille et une ruses pour ne pas se trahir au bureau et en famille. Mais la meilleure chose à faire dans ce cas est souvent de s’accepter tel que l’on est et de le revendiquer. « Dévoilé, on se sent moins seul. Le coming out m’a soulagé d’un fardeau même si au bureau certains disent que je mène une vie malpropre », explique-t-il.

Le conflit avec les autres est parfois tellement insoutenable, qu’il peut mener à des comportements radicaux. Suicide et homosexualité se conjuguent trop souvent avec une grande évidence. Ce n’est pas l’homosexualité en tant que telle qui mène au suicide mais bien l’homophobie qui en découle. Un jeune homosexuel aurait entre quatre à sept fois plus de risque d’attenter à sa vie. « Se soustraire d’un monde qui ne m’accueille pas, c’était ma pensée première en commettant cet acte. Mais au fond de moi, je savais que je faisais cette tentative de suicide pour provoquer quelque chose », raconte Sabine.

Source : L'Express
En savoir plus

Rencontres express

Je cherche
Qui cherche
Résidant en Age entre et ans
Club Gayvox Réservé abonnés