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L'édito du 12.11
FFGLP. Ajoutez « .net » et vous accédez au programme complet. Des lettres, encore des sigles :
Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris. Du 13 au 20 novembre 2007. A quoi ça sert ? À vous procurer un bon prétexte de vous retrouver autour d’autre chose qu’une bière de brasseur dans un bar glauque. Pourquoi sinistre ? Parce que parfois, on y croise trop de malheur et de vide en tous genres. Bref, l’œuf dur de Prévert est au comptoir ce que le baiser est aux Gay Pride : un vague souvenir de sentiments vaporeux. Un je ne sais quoi qu’on ne retrouve plus. Consomme ma chérie, il paraît qu’il en restera toujours quelque chose. Pour qui ? Je ne vois que du gris dans cette époque cathodique. Le cinéma, là, celui que vous proposent les organisateurs du FFGLP, organise la résistance. C’est celui qu’on ne vous montrera pas ailleurs. Certes, diront à juste titre certaines et d’autres, des œuvres ne trouvent pas leur public. J’entends la réplique : fabriquez des films qui nous bousculent, nous émeuvent, nous chatouillent, pas des suites d’images qui nous rongent les nerfs et nous poussent vers la sortie. La difficulté, c’est le juste milieu. Entre aider le spectateur à réfléchir un peu, à prendre patience, laisser s’installer les personnages, les situations… et le scénario qui démarre par une explosion, des cris, du bruit et des larmes pour nous accrocher de suite, il y a un monde interlope, un no man’s land, un creux bizarre, indéfinissable. Nous y sommes tous enlisés comme des téléphases, des bouffeurs de sons et de violence. Coincés dans la nasse du tout commun délité, effiloché, sans union possible, nous souffrons de ne pouvoir plus rien accomplir qui soit un tantinet important à nos propres yeux. Perdus dans l’océan des images, nous n’éprouvons même plus la force de chercher seuls le sens de ce qui pourrait nous murmurer : vous êtes vivant ; voilà le moment venu de vous en rendre compte. En attendant, nous mourrons silencieusement, retranchés derrière les vitres de nos habitations sécurisées soi-disant. Plus de risque = plus de vie. Plus au sens de néant. Après ça, va déchiffrer le bien-fondé d’un tel rassemblement.
Je ne relève qu’une raison de vous y transporter : penser ensemble à tout ça. Regarder des films avec celles et ceux qui font briller dans leurs yeux un idéal. La lumière des yeux des autres : voici qui devrait nous guider un peu.
Pour vous faire saliver, un film au titre clinquant comme un DVD porno et pourtant : Beurs appart. Assurément dans l’air du temps et sans conteste un sacré concurrent de Desperate Housewives… la salle affichera complet. Arrivez à l’avance !
À la soirée d’ouverture, XXY, un film troublant sur l’adolescence et l’hermaphrodisme. De quoi raviver les interrogations des spectateurs. Et l’envie de voir tous les autres films, et d’embrasser tout le monde à la sortie de chacun d’eux.
Bonne projection.