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L'édito du 05.11


GPA. Trois lettres. Une révolution. Est-ce le bon adjectif quand 53% des Français sont pour ? La Gestation Pour Autrui est sur orbite. Tout le monde fait le pied de grue depuis 1994, date de l’interdiction en France. Le passage de relais vient de la Californie. On va passer de mère porteuse à gestatrice. La pré nourrice qui couve en somme. Nos législateurs font figure d’arriérés dans cette affaire. C’est souvent comme ça les lois. Ça suit. En attendant, une palanquée de gens s’emmerde à bricoler des solutions. Les débats juridiques sur la question reprendront de plus belle. La mère sera celle qui décide d’avoir un gamin, comme en Californie. L’évolution est en cours. Et pour les pères ? Ils déterminent quoi les pères ? Quand il y en a deux, on fait comment ? Ce serait bien d’envisager dès à présent que le géniteur puisse aussi se prononcer sur sa volonté d’avoir un enfant… Le couple par lequel tout est arrivé (médiatiquement du moins, car mon petit doigt me communique que des initiatives sont inconnues…) organise un colloque le 24 novembre prochain à Paris. À suivre. D’autant que la justice pourrait n’avoir pas dit son dernier mot. Il faut encore attendre un peu.
Bon, si vous faites des bébés, prévoyez au moins de les abriter. Non pas rue de la Banque (même si l’adresse contient un semblant de chic, mais pas n’importe où non plus.) en effet, rue de la Banque est l’artère parisienne où s’entassent les mal hébergés. Augustin Legrand a saisi son bâton de pèlerin. L’Abbé Pierre est mort, vive l’Abbé Pierre ! Comme pendant l’hiver 54, les inspirations fleurissent. Borlo avait promis des logements. Il en manque plusieurs milliers. Alors au lieu de payer 3000€ la chambre dans des hôtels miteux, les mal logés sont en quête de solutions. C’est pour ça que Boutin envoie la troupe contre les gueux de notre siècle. Est-ce que ça a vraiment changé depuis Zola ?
Sous le tunnel du Mont Blanc, ça continue. 8m2 pour 30 personnes en mal de frontières à franchir. Ça, c’est de la rentabilité ou je ne m’y connais pas. Les clandestins : un vrai marché ! Je n’aimerais pas être douanier. Ça doit déprimer ce genre de boulot.
Pendant ce temps, au Carré du Louvre, nous batifolions en sous-sol le week-end passé. Tout le monde y était ou presque au SIGL. Comme je l’avais prévu, on y embrassait à tour de lèvres les copines d’avant et celles d’hier. Heureusement. Parce qu’en matière d’originalité, de décalé, de pétillant, de fringuant, on a cherché. Artistiquement, bof. Musicalement ? Deux baffles dans un angle crachaient quelques notes repues. Design ? Vous avez dit design ? Franchement, des genets en forme de bites… ça vous parle ? Il y avait bien un libraire pour relever le niveau, un stand du SNEG pour cautionner la démarche, un espace associatif d’une grisaille à faire tomber la pluie même là et toute une ribambelle d’exposants qui s’époumonaient pour exister, sortir du lot, faire de la retape, aguicher, tenter de décrocher la lune en somme. Un brin tristounet tout ça. Il manquait le podium, les paillettes, les folles, les drag queens, le rythme, la joie tout simplement.
La prochaine fois, comme dans la pub : un p’tit peu plus long ? Et puis aussi de la promo, de la promo encore de la promo et ça le fera peut-être. Enfin, si la promesse de contenu tient bon. Cela dit, là, nous n’avions pas de garantie claironnée. Le contenu ne risquait pas de faire défaut.

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