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L'edito du 08.10
L'EDITO
du 08-10-2007
Voilà, c’est terminé. On est champion du monde de rugby. Quoi ? Ce n’est pas vrai ? Ne faites pas semblant de ne pas y croire. C’est tout vu. Reste l’éphéméride à succès. Il va déclencher les passions. Chez les hétéros oui, sûrement. Vu le style, on en découvrira peu accrochés aux murs de nos chambres cette année. L’image y apparaît plus fausse en couleur qu’en noir et blanc. Déjà le regret d’un ravissant calendrier se profile. Passons à autre chose.
À Montpellier, il fait beau en octobre. C’est encore l’été en automne. Au congrès « Psychanalyse et travail social » la foule abonde. Travailleurs sociaux, éducateurs, assistant(e)s social(e)s, psycho et psycha, directeurs et directrices de tous poils et de diverses structures… une charmante effervescence. On y entend des choses du genre : « Hypocondrie chez l’homme. Hystérie chez la femme = Pénis, normalis : doses répétées. » Rires dans la salle. Ne croyez pas que je veuille torpiller ce raout d’intellectuels. Non, c’était très bien. La preuve, sur l’étale du libraire venu dans ce hall pour l’occasion, s’y trouvait mon dernier livre sorti voilà huit jours. Un peu de nombrilisme, ça fait du bien. Ne cherchez pas. J’ai épousé un pseudonyme. J’empêche ainsi qu’on me vise si l’on en dit du mal… Je me marre.
Quoi d’autre ? Toute la journée n’est que tranquillité sous le soleil. Je ne vois que sandales et tongs, shorts et bermudas, sourires et clins d’œil. Avec le temps clair, tout le monde se dévoile rayonnant. Un régal.
Le soir approchant, un repas au
restaurant du Vieux Four, rue de l’Aiguillerie vous ravira. Tout y est décoré sur le mode chaleureux de la flamme des bougies. La fréquentation montpelliéraine des lieux de culture et de convivialité spécifique a ceci de particulier qu’elle ne se pare pas des atouts de l’exclusivité. En clair, si votre resto préféré figure un endroit connoté LGBT, à Montpellier, vous y rencontrerez aussi bien des couples de filles que des duos de garçons croisant des paires d’hétéros curieux ou amusés. Les regards des uns posés sur les autres peuvent étonner le nouveau venu dans ces espaces et habitués à des périmètres plus fermement définis. Pour ma part un sentiment de repos, contraire au ressenti du guerrier assiégé m’a largement apaisé.
Quoi d’autre ? Ne pas s’illusionner non plus. Dès qu’on s’approche de l’acte sexuel, on s’éloigne de la femme, quand on se vit gay du moins. Il demeure des lieux suffisamment spécifiques pour que la confusion, le mélange, ou l’observation par le coup d'œil mal venu ou dérangeant restent fermés aux désirs altérants.
À propos d’amour féminines, je peux vous conseiller d’aller voir
Bruno Bisaro sur la scène de l’Alambic Studio. Au 12, rue Neuve de la Chardonnière, dans le 18e arrondissement de Paris, métro Simplon. Le titre ? « Arthur Rimbaud ne s’était pas trompé(e) » d’après l’œuvre de Geneviève Pastre « Octavie ou la deuxième mort du Minotaure ». Vous découvrirez, chaque vendredi soir à 20h15 et jusqu’au 14 décembre une performance digne d’un Francis Weber seul en scène. Il articule des propos tremblants, dessine des phrases en dansant, cherche éternellement l’équilibre amoureux et néanmoins exclusif à défaut de pouvoir se dire pur. Une heure d’étonnement authentique.
Lionel DUROI pour
Gayvox .com