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L'EDITO du 04.06.07


Après la fête les mères, les mariages. Juin gicle mai. Après la pluie le beau temps. Surréaliste ?

Voilà. Ne rêvez pas. Il n’y a plus de place à moindre coût pour les grands départs de fin juin début juillet. Pour en bénéficier, comptez deux mois avant à la SENECEFE ! Celles et ceux qui hésitent encore à prendre un train pour Marseille à l’occasion des prochaines
UEEH 2007, du 19 au 23 juillet risquent d’y aller en stop. Remarquez, ça a son charme. Faut pas être pressé, c’est tout. Juste un peu casse coup. Et souple, pour exécuter des galipettes à l’arrière de la cabine d’un gros cul. Ça vous étonne ? Vous supposez peut-être que les routiers figurent des majordomes aux mains gantées ? Oui, pour un fist éventuellement. Sérieusement, je pense qu’il y a des fantasmes qui ne resteront que des vœux sans suite. Heureusement, les films pornos entretiennent les légendes. Exemple : quand je dis à des rencontres que je suis d’astreinte professionnelle, ils me croient pompier. S’ils savaient… Pourtant, je ne suis pas un DVD gay à deux pattes.
Autre forme de représentation : on imagine généralement que le couple modèle homo milite, combat, manifeste, harangue et j’en passe. Vous en avez rencontré beaucoup de cette espèce ? Moi non. Ils sont souvent casaniers, un dimanche sur deux avec maman, l’autre avec leur moitié dans un coin perdu de campagne fraîche et triste et accessoirement, font l’amour dans le noir le samedi soir de préférence. Leurs deux-pièces cuisine sont très IKEA et fanfreluches dans un décor anecdotiquement art déco revisité avec l’aide d’un pote architecte d’intérieur. C’est beau lorsque tu rentres. C’est enterré à la minute où tu sors. Avec en prime le sentiment d’un certain ennui de masse si le bon coup rêvé manquait de peps. Aussitôt dehors, une seule envie t’habite : repartir à la chasse aux papillons.
On ne sait plus très bien qui veut le Pacs et qui s’en fout. On s’interroge ça et là sur le profil de ces homos par ci, de ces lesbiennes par là. À mon avis insaisissables, cette frange de la population quasi invisible au quotidien, fend l’air avec autant de prestance qu’une ménagère de 50 ans dans les rayons d’un supermarché. Nous sommes de toutes les supérettes, de tous les trottoirs bondés la samedi et nous nous rendons compte que nous avons oublié le pain quand nous rentrons avec les courses. Comme tout à chacun en somme. Notre différence ne réside que dans nos pratiques sexuelles. Éventuellement dans nos façons d’interpréter le monde. À peine plus chaloupés que le mâle qui veut faire mal. J’en connais même qui apprécient encore Johnny Hallyday. Comme quoi, il n’est pas besoin d’être sarkosyste.
Quoi d’autre ? La semaine prochaine, je vous parlerai du mariage hétéro. Je suis certain qu’il y a matière à pensée profonde.

Sortez découvert. Il fait beau.

Lionel DUROI pour Gayvox.com

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