Commenter / Lire les commentaires  [207]

Sommaire

L'EDITO du 07.05.07




Brulure
Je commence à tricoter des triangles roses ! Voilà le premier texto reçu deux minutes après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Ambiance. Deux heures avant, un pote en galère m’appelle pour me raconter qu’on lui a téléphoné pour lui dire qu’il fallait qu’il songe à se lever tôt pour aller bosser. L’agressivité pointait. Vers 22h, les CRS chargeaient la foule de gauche réunie à La Bastille.


Le magasine parisien Illico se retrouve sur la sellette. Beaucoup se sentent ou sont agressés. Les exemples se multiplient d’un retour de bâton à venir très vite. Il y a quelques années, 3 ou 4, un lycéen lâchait au micro d’une radio nationale qu’il aimerait un peu d’ordre. Que l’autorité d’une époque parentale lui manquait. Que le laxisme ambiant ne le rassurait pas. Celui-là trouvera sûrement son compte dans la nouvelle ère qui s’annonce.
Ce matin, un mail d’une certaine Anne-Laure :
« Je suis peut-être trop sensible. J'ai peut-être reçu trop de mails ces derniers jours tendant à démontrer le caractère dangereux de Nicolas Sarkozy. J'ai peut-être accordé trop d'importance à ses propos sur la génétique, sur l'inutilité de la littérature ancienne. J'ai peut-être mal lu, dans les mauvais journaux, les articles dénonçant les rapports qu'il entretient avec les patrons, la finance, la scientologie.
J'ai peut-être mal interprété ce qu'il a dit sur France 2 l'autre soir, au sujet des prérogatives d'un Président de la République qui, d'après lui, doit se mêler de tout - être le chef, sans partage. Je ne suis sans doute pas raisonnable. Je n'ai sûrement pas les pieds sur terre, mais ce matin, j'ai entendu ses vociférations, ses cris, les intonations terrifiantes de sa voix, j'ai senti sa puissance, son populisme, sa démagogie. J'ai senti la haine qu'il porte en lui.

RELATIVISME (définition du Robert) : "Doctrine qui admet la relativité de la connaissance humaine. Doctrine d'après laquelle les valeurs (morales, esthétiques) sont relatives aux circonstances (sociales, etc.) et variables."
Nicolas Sarkozy veut liquider ça. Autrement dit : la pensée. Comment un pays, comment la France, peut-elle porter au pouvoir un homme qui refuse la pensée ?
La pensée n'est ni de droite ni de gauche, je suppose. Elle est juste l'essence de l'homme, sa caractéristique fondamentale. Quel genre d'animal politique peut tenir des propos pareils ?

Je vous l'ai dit : je ne suis pas raisonnable. J'adorerais me tromper. »

De son côté, Ariane Mnouchkine le 3 mai 2007 sur le site du
theatre-du-soleil interpelle le visiteur :
« Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d’Aznar, et voilà que nous, nous allons repasser le plat de la droite dure ? Il y a un pari audacieux à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ? Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant. Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre qu’il a manqué une voix ? Une seule. La vôtre. Je vous en supplie. »
Les exemples sont multiples. Entre le souvenir d’une gauche qu’on disait caviar à l’époque mitterrandienne et qui faisait preuve de toutes les prétentions les plus prétentieuses, et l’image des crocs acérés d’une droite qui tient le bâton du pognon pour mâter les faignants, nous n’avions pas un choix d’une grande largesse d’esprit. La politique s’est enferrée dans le spectacle et nous avons été des spectateurs flattés qu’on nous fasse croire que nous étions importants. Ne venons pas nous plaindre. Aujourd’hui, la solution de l’immédiat, c’est chacun pour tous et tous pour soi. Réfléchissons à tout ça. Et prions ?

Lionel DUROI pour Gayvox.com

Rencontres express
Je cherche
Qui cherche
Résidant en Age entre et ans
Club Gayvox Réservé abonnés