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L'EDITO du 06.11.06
Chaudement
Si l’hiver n’est pas encore au rendez-vous, au moins l’automne ne nous épargne pas. Le froid s’installe. La brume de l’aube gèle. Le chauffage tourne à fond. L’alimentation électrique ne suit pas… Et des hommes dorment toujours dans la rue. D’autres vont au boulot chaque matin et n’en reviennent pas plus riches, voire pauvres. Pour ceux qui possèdent les moyens, il reste Pink TV, gayvox, le gîte gay, ou le scrabble en famille. Vous pouvez aussi feuilleter Têtu au coin du feu.
L’après-midi massage entre amis connaît ses adeptes. En ville, les cinémas font recette et les scènes attendent parfois qu’on leur rende visite. Vous avez tort de ne pas vous y précipiter. La pièce d’Harvey Fiersten,
Torch Song Trilogy, au Vingtième Théâtre, 7 rue des Platrières dans le vingtième arrondissement de Paris, rencontre tout le succès qu’elle mérite. Rodée, elle roule sa bosse désormais au rythme d’une agilité nouvelle. Eric Ghého fait un malheur. L’ensemble de la troupe tient sa promesse d’humour, de bravoure et d’émotion. Cela demeure toujours aussi drôle et enlevé. On plane au dessus des fauteuils avec l’envie de défiler dans la rue au premier rire aiguë. Allons, l’aventure vaut d’être vécue. Sortez, même par grand froid. Filez vous réchauffer aux sons des espoirs du texte. Vous ne regretterez pas les bras protecteurs et chaleureux de vos amants. La nuit comme la vie est trop courte quand il s’agit de mettre son âme au chaud.
Quoi d’autre ? Le douzième
Festival de films gays et lesbiens de Paris
du 14 au 21 novembre 2006 au Rex et au Cinéma du Monde (M° Bonne Nouvelle). Tout sur le site :
ffglp.
Nous y reviendrons. La programmation en effet a de quoi allécher le chaland baguenaudant. Alain Burosse se tient aux manettes, évidemment. Alors, forcément, c’est du pur jus. Aidé par David Dibilio et Florence Fradelizi.
Pour les plus casaniers, le douillet domicile peut fournir un espace de liberté. Profitez des frimas naissants pour imaginer tout ce qu’on peut programmer chez soi. Difficilement l’équivalent d’un sauna ou de la salle de gym, mais assurément de bons moments entre amis (es). De l’écran à la feuille de papier, de Pink TV au magasine Têtu par exemple, ou de l’huile de massage à la partie fine au coin du feu, égayez-vous proches en organisant des rencontres interlopes. Vous ne pouvez plus aller au bois, faites-vous à cette idée triste. Alors, consommez différemment et mordez à pleines dents l’imagination au pouvoir. Relevez le défi de la satisfaction autogérée. Pourquoi pas du théâtre en appartement ? Voilà un concept qu’il faut tester. D’autant que vous pouvez encore fumer chez vous. Profitez des interdits qui prolifèrent pour subordonner vos désirs à votre envie de braver la loi qui vous empêche ailleurs.
Vite, sous la couette !
Lionel DUROI pour
Gayvox.com