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02.01.06 Enchères
EDITO du 02.01.06
Enchères
Nous y voilà ! 2006 est né. Vous avez déjà revendu vos cadeaux pourris pour craquer sur les soldes. C’est la fête ! Toute l’année, régulièrement, vous serez sollicités pour manger des crêpes, des gâteaux de rois, des chocolats et de l’huile d’olive. Même l’été c’est Noël. Tout est rythmé, quadrillé, cerné. Chaque semaine l’horoscope. Chaque mois la paie, les Assedic, le RMI ou les chèques emploi service. Le bonheur dans la boîte aux lettres !
Faut vraiment trouver des choses qui nous passionnent à réaliser sans nous piéger. Di-ver-si-fiez ! Préparez un tour du monde. Prenez votre sac à dos. Pas le temps ? Alors, voyagez autrement. Comment ? La cul-tu-re ! Il y a tous les jours aux quatre coins de vos ruelles des événements qui se déroulent sous vos yeux, des gens qui vivent des journées extraordinaires. Echangez, partagez, goûtez à tout. Sous la grisaille, l’étincelle. Musées, bibliothèques, fêtes entre copines, cuisines et petits plats et l’Amououououourrrrrrr ! Je m’égare, mais j’y viens.
Vous présumez que je pète un câble ? Je ne crois pas. On m’a raconté une histoire vraie qui m’a fait bondir. Figurez-vous qu’à l’Est de la France, au Vè siècle, l'Empire Romain est assailli par les Barbares. Cette période est assez mal connue. Les Alamans, les Vandales, les Burgondes et les Francs d'Austrasie occupent tour à tour la ville. L'Église n'échappe pas à la crise générale. Scandalisés par le relâchement des mœurs, certains chrétiens se réfugient dans des couvents. L'évêque Donat édifie l'abbaye Saint-Paul pour les hommes et le monastère de Jussa-Moutier pour les femmes. Cette ville vit alors repliée sur elle-même. Animée par ses marchés et par le passage des pèlerins qui se rendent à Rome, elle est peu peuplée et l'activité y est principalement rurale. Bref, ce n’est pas ça qui m’a fait bondir. C’est le fait que dans cette ville, une association LGBT et plus, regroupant quelques 800 adhérents (excusez du peu !), a organisé avant les fêtes de fin d’année une vente aux enchères d’objets offerts par les membres de la nobles assemblée et qu’ils ont réussis à collecter plus de 1500 € pour soutenir l’activité arc-en-ciel ! Si je compare avec la somme récoltée par la vente d’œuvres artistiques aux enchères organisée au Salon Rainbow Attitude en 2005 au profit de la lutte contre le SIDA, j’ouvre les vannes (non au sens de se faire vanner) de la petite polémique qu’on m’accusera d’attiser. Je n’en suis pas là. Pour l’instant, je constate. En déduit qui voudra qui pourra. J’attendais un exemple pour argumenter mon avis sur la question d’un échec qui m’a fait mal au ventre. Aujourd’hui, je peux dire : Besançon plus fort que Paris ! Car, vous l’avez deviné puisque vous demeurez férus d’histoire, il s’agit de Besançon.
Pour une fois que je n’évoque pas l’immense, le prodigieux, l’incalculable centre d’archives homos de Paris…
Désolé, en 2006, j’ai encore l’intention de sévir un peu. Histoire de vous redonner le goût de la mise en perspective…
Respectueusement votre Gayvox et chaleureusement réchauffé votre envie d’indépendance.
Lionel DUROI pour
Gayvox.com
09.01 : Changer
EDITO du
09.01.06 Changer
Voilà qui pourrait être une devise à affiner. Changer de pull, de pantalon, de gants, de chaussettes, de manteau... la tentation forcit, surtout à l’approche des soldes. On peut aussi vouloir changer de boulot. Ce sera plus long et plus difficile. Tout autant parfois que de changer de logement, notamment en ville et particulièrement à Paris. Quant à changer le monde, on ne sait jamais par quoi commencer tant la tâche est grande.
La COTOREP de Paris qui entre au 1er janvier de cette année dans la création de la Maison départementale des personnes handicapées, se paie le luxe de perdre des dossiers et ainsi de tacher le décor. Conséquence (aveugle ?) d’un à peu près de gestion pour les allocataires : 6 mois sans les allocations dont ils et elles sont censés bénéficier. Sans non plus la carte d’invalidité qui ouvre les portes de la gratuité dans les transports en commun, puisque sa délivrance est subordonnée à la reconnaissance de la COTOREP... Comment va-t-il s’y prendre cet homme (auquel je pense) ? Se débrouiller, à ses frais bancaires de préférence. L’histoire édifiante me sonne les tympans, d’un type devenu aveugle suite à CMV dû au SIDA. Comme j’ai lu
le livre de Pascal Gobry intitulé de manière aguicheuse, mais au contenu au combien effarant :
L’enquête interdite, Handicapés : le scandale humain et financier, chez Le Cherche Midi Éditeur, je mugis « vénère ! ». En bouquinant cet ouvrage, vous comprendrez pourquoi si peu de gens qualifiés d’handicapés sortent dans les rues, pourquoi le système français coûte si cher, pourquoi et comment ce marché rapporte à certains plus qu’à d’autres qui peuvent placer leur argent en bourse. Je ne suis d’ailleurs pas sûr que le regroupement de certains services à la personne handicapée dans une « Maison départementale des personnes handicapées » change fondamentalement les choses. Bref, la lecture du volume de Pascal Gobry procure un brin d’effarement que corrobore le premier témoignage venu sur la question. Je sais bien que Scott Fitzgérald a dit qu’ « on devrait comprendre que les choses sont sans espoir », mais il a rajouté : « et cependant, être décidé à les changer ». Les dénoncer, c’est déjà un premier pas. Cela dit, bémol au bénéfice d’initiatives prises du côté de la Mairie de Paris qui se démène dans le bon sens avec notamment l’aide à la mobilité des handicapés via le PAM (véhicules adaptés et frais annexes) plus quelques aménagements urbains tels que des feux sonores, des bandes podotactiles aux passages piétons, mais encore trop rarement sonorisés. Pourvu que le genre perdure et se déploie ! La RATP aussi tente de favoriser l’accessibilité, la visibilité, le déplacement et la vie sociale des personnes handicapées... mais on est loin de l’idéal minimum. Allez, encore un gros effort, et on arrêtera d’être édifiés.
Pour plus de légèreté, et pour ne pas faire figure d’éternel rabat-joie, notez que
les soldes se préparent en coulisse. La ruée est en vue. J’espère que vous avez économisé. Un conseil : exigez du 50% de remise minimum pour ne pas passer pour une dinde ou un pigeon. Car le prix du produit vestimentaire est en général multiplié par 3,5 en moyenne avant d’être proposé en rayon. Donc, en divisant par deux, y a encore de la marge bénéficiaire. Pourquoi croyez-vous que la librairie des Presses Universitaires de France, place de la Sorbonne, laissera sous peu ses murs à un marchand de fringues ?
Faire la guerre ou la gueule. Faut choisir. Si vous n’êtes ni pour l’un ni pour l’autre, faites l’amour !
Lionel DUROI pour
Gayvox.com
Son dernier roman : Le Kotoba
Se le procurer
Crédit photo : Région IDF
16.01 : Travos
EDITO du 16.01.06
Travos
Il suffit d’annoncer à grand renfort d’affichage que la RATP améliore le confort de tous et de fermer la station de métro pendant deux mois. Du jour au lendemain, débarquent camions, Algécos, grilles de protections, panneaux d’annonces, etc. Les gens du quartier ne renâclent pas. Ce sera l’occasion de découvrir des correspondances, d’autres lignes et parfois même des raccourcis inhabituels. C’est un agréable effet pervers de la gêne occasionnée.
A la date de réouverture, vous vous précipitez pour reprendre vos petites habitudes, mais la station reste inaccessible. La fin des travaux est reportée sine die. Décidemment, on prend soin de votre bien-être. Ça vaut la peine d’attendre encore un peu. Vous aviez prévu de raccrocher votre vélo aux rambardes art déco. Vous patienterez. Vous jetez un coup d’œil pour vous assurer que la réfection avance. Effectivement, les escaliers ont l’air cirés. Du carrelage tout neuf sur les parois reflète de nouvelles illuminations dans les murs à la hauteur des chevilles. Peut-être ont-ils tout refait sur le même mode. Vous vous dites : Ça va être nickel ! Et vous comprenez qu’il faille s’armer de patience si longtemps.
Plus de deux mois plus tard, par un beau matin d’hiver, alors que vous aviez oublié l’existence de cette bouche de métro tant aimée autrefois, vous voyez de la lumière. Les grillages ont disparu, ainsi que les baraquements, les bennes et autres grilles et barrières. Sans hésiter, mais lentement, car vous voulez marquer votre attention, vous descendez les premières marches. Le ménage a été fait, ça brille. Et il a dû y en avoir des traces de poussières ! On a certainement tout cassé pour tout refaire. Dans le hall souterrain, avant les portillons, c’est un peu mieux éclairé, mais la blancheur des néons apparaît toujours aussi mortuaire. Sûrement les murs repeints en blanc qui réfléchissent… Vous vous approchez de la vitre pour demander à l’agent d’accueil un titre de transport. L’intérieur de sa cahute semble plus spacieux. Pendant que vous l’observez terminer son café un peu plus loin, dans un angle, vous vous apercevez que le monstrueux courant d’air qui s’engouffre de l’extérieur et vous agressait déjà avant les travaux continu de vous gifler. Même en été c’est désagréable, alors vous pensez, en hivers… Vous aimeriez qu’il se dépêche. Il arrive. Mais il vous annonce qu’il n’a plus de caisse, qu’il ne vend plus de tickets. Il vous faut utiliser les distributeurs automatiques, là, à côté, où passe le rigoureux blizzard. Je saisis mon billet de 50€.
— Attention me dit-il, la machine ne rend la monnaie que par tranche de 2€. (ou quelque chose dans ce goût-là). Mieux vaut recourir à votre carte bleue.
Tant mieux, j’en ai une. Que les interdits bancaires se débrouillent ! Ils n’ont qu’à préparer l’appoint ! Je commence à pester. L’agent est sorti de sa turne pour me prêter main forte. Il me guide. C’est gentil de sa part. Peut-être le fait-il parce que des prédécesseurs se sont déjà plaints ? En tout cas, après quelques minutes, mes poings sont gelés, mes joues glacées et je suis transi de froid. Je grogne en remerciant l’employé.
Je descends sur le quai et là, stupeur ! Rien de nouveau. Visiblement, tout est comme avant. Deux mois qu’ils nous font le coup du super investissement pour notre confort itou à grand renfort de panneaux publicitaires. Je mets dix minutes à me réchauffer et je me dis qu’à défaut d’avoir inventé l’eau tiède, les architectes ont encore des leçons à prendre pour améliorer la convivialité dans le métro. La communication, c’est comme les courants d’air. Moins y en a, mieux on se porte. Quant aux trois badigeons de peinture pour donner envie d’emprunter le métro… je ne suis pas convaincu ! En revanche, on sait brasser du vent en sous-sol…
Pour plus de conviction, testez les entrées des stations Ménilmontant et Ségur. Vous verrez, c’est pareil. Évidemment, il y en a d’autres : lesquelles ? Jouez et gagnez un faux ticket de métropolitain.
Lionel DUROI pour
Gayvox.com
23.01 : Sombre
EDITO du
23.01.06
Sombre
* Se faire virer comme un laquais de l’éducation nationale, croire que la liberté d’expression est gravée dans le marbre, imaginer que le mensonge peut résister à l’authenticité, penser que les gamins attendent après les grands pour être intelligents, perspicaces et comprendre la vie… Autant canoniser le premier cancrelat venu. J’ai passé 24h avec deux pères. Leurs femmes savent. Les 4 enfants de l’un aussi. En plus, ils sont hétéros ! Ce n’est même pas transmissible. Les deux gosses de l’autre en revanche l’ignorent encore…
24h avec deux papa homos. De très longues conversations sur l’instruction, la pédagogie, le silence, les fables, les doutes, les principes et le pouvoir des hiérarchies en général, le devoir de vérité, l’incompréhension d’un système, les secrets de polichinelle, la distance entre la nature et la culture et les abus de langage, les raccourcies de la morale, la répression du commentaire qui s’affiche, les évidences qu’on n’a pas l’intention d’entendre et enfin le quotidien à la fois caché et visible selon que l’on se représente, borné ou sensible, et ouvert à ce que nous dit de lui ce monsieur Tout-le-Monde qui s’approche de nous pour en parler simplement.
Pourquoi ce n’est pas facile de toujours tout dire ? Parce que des constructions sociales basées sur des relations humaines frigides ou rigides elles-mêmes fixées sur des opinions moralisatrices, nécrosent l’exposé afin de le faire passer pour un propos « à la marge ». Or, ne sont dupes que ceux ou celles qui veulent le rester. À moins que celles et ceux-là tirent un bénéfice à entretenir l’image fausse d’un monde vrai. Autrement dit, ont intérêt à mentir ceux et celles qui gouvernent les hommes et les femmes qui trouvent dans leurs inférieures positions de dirigés, de petits manipulés, un supplément d’âme à la facilité de n’être responsables de rien ou de pas grand-chose.
Partant de là, on peut comprendre qu’un adulte homo ne dévoile rien de sa vérité à ses parents par exemple. En retour, on envisage avec plus ou moins de réserve la possibilité pour un père de ne pas dire à son enfant que la vie n’est pas forcément toute crue dans les contes de fées. Au moindre problème, on enverra le gamin voir un psy pour mieux se dédouaner de l’idée que l’on est soi-même borderline. Et tout à l’avenant.
Si on commençait par raisonner un peu plus logiquement en surmontant, en affrontant les peurs, les interrogations, les doutes et les récriminations (qui n’arrangent et ne rassurent que ceux qui les profèrent, souvent ceux qui croient aux légendes comme à des fictions à ingurgiter au premier degré en oubliant leur fonction et leur vocation) on ferait de nos histoires quotidiennes vécues, des allégories autrement plus éducatives.
Seulement voilà : notre système est tellement lancé dans un sens, qu’il est désormais difficile de le contrer, de s’y opposer, d’en espérer une profonde et radicale modification. Alors, au coup par coup, à l’occasion de ce qu’on appelle une révélation, une découverte effarouchante, un propos hors norme, quelque chose qu’on n’avait pas entendu dans les contes de fées et fait donc référence à du « pas normal », on s’émeut, on s’agite et pour certains, on voudrait tout casser. Trop tard !
Fallait dire à ton gosse (qui l’a deviné depuis longtemps) que tu étais homo ou lesbienne.
Fallait pas laisser tes soi-disant amiEs, brocarder voir insulter le PD ou la gouine en général et rire abondamment devant toi inactif, penaud, idiot, déconfit.
Fallait pas cacher tes lectures, ni les œuvres que tu apprécies, ni la déco de ton intérieur.
Fallait nommer les choses telles qu’elles existent et résister sans compromis face aux rigides frigides de service, qui ne peuvent pas de toute façon te tenir par les couilles comme ils aimeraient sans l’avouer… En faisant semblant de tout, on n’est pas soi, on n’obtient rien. Ou plutôt si : le pire, et toute sa vie.
* Une illustration parmi tant d’autres :

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Lionel DUROI pour
Gayvox.com
30.01 : La dérive
30.01.06
La dérive
« Une famille composée d’un père et d’une mère. » On va l’entendre encore longtemps cette phrase. Peut-être même qu’ils la hurlerons à s’en casser la voix. Un peu comme l’hystérique Odete dans le film de Joao Pedro Rodrigues quand elle gueule qu’elle est enceinte. Elle est folle, comme les familles qui nous ont fait et qui s’étranglent à l’idée que nous ne voulons pas leur ressembler. Mais qui donc pourrait coucher avec Benoît XVI ?
« Je n’ai rien contre l’homosexualité, chacun mène sa vie comme il veut, MAIS… » Ainsi s’exprime comme tant d’autres Frédéric Reiss, député de Niederbronn dans les colonnes des Dernières Nouvelles d’Alsace du 21 janvier 2006. Ça ne vous rappelle pas ce genre : Je ne suis pas raciste, MAIS … ou : Je n’affirme pas qu’ils ne savent pas élever des enfants, MAIS...
Moi, ce que j’en dis... et vas y que je te tartine du sous-entendu à bon compte.
Pas dit pas pris. Heureusement, nous pouvons échapper à la bêtise. La culture est une alliée.
Pink TV par exemple nous a honorés d’un documentaire de belle facture intitulé : Banlieue gay. Le réalisateur Mario Morelli Di Popolo (quel joli nom !) nous offre une occasion d’y penser, hors les lieux communs, hors des pensées sous-tendues par des MAIS en suspension. On aimerait beaucoup d’autres justes réflexions de ce type.
On apprécierait d’entendre que du juste, du clair, de l’utile, de l’intelligent, du salvateur. Du dialogue limpide illuminant les neurones au contraire de ces poncifs outrageants qui débordent de la gamelle de soupe qu’on nous sert quand on a l’esprit d’un facho masqué, d’un idiot qui rampe, d’un profiteur qui s’expose sans pudeur en rêvant d’un nouveau monde en 2007 ou plus tard, pourvu qu’il advienne.
Nous avons besoin de gens qui ont la vocation accrochée aux tripes. Dans un registre différent, celui de l’activité professionnelle quotidienne dans laquelle nous sommes toutes et tous enfermés, l’impossibilité de penser autrement qu’avec des lieux communs conforte un système. Le film qui sortira prochainement en salle et qui s’intitule :
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés, nous aide considérablement, chacun dans son poste, où qu’il soit, à saisir l’ampleur d’une dégénérescence au travail qui mine l’avenir humain de la société aussi sûrement qu’un propos homophobe qui ne se qualifie jamais et qui préfère se sous-entendre. « De quoi s’agit-il exactement ? D’une catastrophe en cours, d’une mutation sans précédent, d’une forme de peste assurément dont les manifestations perverses n’en finissent plus de démembrer le corps social et de reformater l’ensemble du monde du travail. » C’est ainsi que Patrick Leboutte, critique itinérant, présente ce film dans le dossier de presse.
Entre le politique plein de bondieuseries pour tout argument, et l’entreprise conquérante oublieuse de sa vocation au service de l’homme, vous ne voyez-vous pas un certain rapport d’analyse possible ? L’un invoque le sens de la famille, l’autre la réalité concurrentielle des marchés. Et pendant ce temps, on casse des âmes et des humains. Vive le progrès.
Lionel DUROI pour
Gayvox.com