Commenter / Lire les commentaires  [3]

Sommaire

A l'école l'homosexualité n'existe pas


Si penser être homo éveille tant de craintes à priori, c'est entre autres, parce que le collège, le lycée ne fait rien pour les soulager. Au contraire.
L'école a tendance à nier l'homosexualité ! Les programmes d'histoire, de français, de philosophie, de sciences de la vie se gardent bien d'en parler. De même avec les quelques heures de cours consacrées à l'éducation sexuelle, à la contraception et à la prévention des maladies sexuellement transmissibles. Tout au plus mentionne-t-on l'homosexualité en parlant du SIDA...
Pis, les informations sur la procréation renforcent généralement l'idée que seule l'hétérosexualité est possible et légitime. Il faut dire que ni les infirmières scolaires ni les enseignants ne sont particulièrement formés à parler d'homosexualité. Et les surveillants ne sont pas toujours prêts à intervenir pour blâmer les manifestations d'intolérance, comme c'est désormais de plus en plus le cas lorsqu'il s'agit de racisme.

L'homosexualité à l'Adolescence, p37



Un long cheminement


Savoir qu'on est homo est une étape importante vers une plus juste perception de soi; un net progrès par rapport au stade précédent, celui des doutes. Mais c'est loin d'être suffisant ! Car, entre le moment où l'on comprend que l'on a une orientation sexuelle différente de celle de la plupart des gens et celui où l'on mène librement sa vie d'homosexuel, il y a un temps de maturation. Des mois, des années pendant lesquels on essaie de s'habituer à l'idée d'être gay ou lesbienne, on apprend à s'accepter comme tel.
Ce processus constitue un travail sur soi colossal, souvent douloureux, mais indispensable pour se sentir finalement bien dans sa tête, dans son corps, dans sa sexualité.

L'Homosexualité à l'Adolescence, p. 41



Le manque de modèles


S'il est si difficile d'accepter l'évidence, c'est aussi qu'autour de vous il n'y a personne ou presque qui puisse vous servir de référence. Pas de modèle vous permettant de dire : "Tiens en grandissant, c'est un peu comme ça que je vais devenir." Personne ou presque pour vous rassurer, pour vous dire explicitement ou même pour vous faire comprendre : "pour l'instant, tu es un peu perturbé(e), mais avec le temps, ça ira mieux. Regarde moi, par exemple, j'ai eu aussi des hauts et des bas, mais je m'en suis sorti(e). Voilà ce que je suis devenu(e), comment je mène ma vie, tu peux t'en inspirer... etc." Rôle que joue le père ou la mère de n'importe quel adolescent hétéro qui, en voyant ses parents vivre et en parlant avec eux, se fait une idée de l'adulte qu'il peut devenir, de l'amour, du couple et de l'avenir. S'il refuse le mode de vie de ses parents, il peut aussi se référer à celui de tous les autres adultes qu'il côtoie (profs, autres membres de la famille, amis des parents) ou qu'il admire (célébrités, par exemple).
Mais qui prendre en exemple quand on est gay ou lesbienne ?

L'Homosexualité à l'Adolescence, p.48




L'envie de mourir


Comme beaucoup d'ados, il vous arrive peut-être de songer à la mort. Et vous êtes encore plus fragilisé(e) que les jeunes hétéros. Soyons clair : ce n'est pas l'homosexualité en tant que telle qui pose problème, mais la solitude, le poids de la culpabilité, la honte qu'elle engendre et qui semblent tellement insurmontables que la mort apparaît parfois comme la seule issue. Les chiffres sont malheureusement là pour en témoigner : les ados homos se suicident beaucoup plus que les hétéros du même âge. A en croire les études, menées par des chercheurs québécois notamment, environ un tiers des jeunes homos ou bisexuels auraient fait une tentative de suicide. Et le nombre de ceux ayant songé à la mort est encore plus élevé. Statistiquement, en tant que jeune gay, vous auriez 16 fois plus de risques de commettre une tentative de suicide que les hétéros.
Il semble aussi que la tentation soit grande de noyer ses problèmes dans l'alcool ou dans la drogue, ou de tenter de les oublier en adoptant des conduites dangereuses, la vitesse au volant ou sur un deux-roues, par exemple. Sans parler de ceux qui - bien qu'informés des risques liés au sida - vont "décider" d'avoir des relations sexuelles non protégées, flirtant ainsi avec une maladie mortelle ! Alors si vous vous sentez prêt(e) vous aussi à de telles extrémités, si vous vous savez capable de mettre votre vie, votre santé en danger, essayez d'en parler à quelqu'un, sans même tout lui dire de vous, de votre orientation sexuelle, du moins au départ : l'infirmière du collège ou du lycée, une personne de votre entourage qui vous semble compréhensive et ouverte d'esprit, le médecin de famille... Plus facil d'accès, peut-être : un anonyme, psychologue ou non, travaillant pour une ligne découte téléphonique qui connaît bien les difficultés que vous rencontrez, comme le Fil Santé Jeunes, SOS Suicide ou Ecoute Gaie.

L'homosexualité à l'Adolescence, p. 54-55



Pourquoi révéler son homosexualité ?


On ne fait pas son coming out pour le plaisir. C'est une démarche difficile pour tout le monde, même pour ceux qui l'entreprennent à 30, voire à 40 ans. C'est un moment de vérité, un de ceux qui permettent de savoir quel regard les autres portent sur soi, de quelle ouverture d'esprit ils font preuve. Un moment qui permet aussi d'évaluer l'amour qu'ils vous portent. On en ressort parfois blessé(e), souvent plus serein(e), quelque fois avec une étiquette qui colle à la peau : "C'est ma soeur lesbienne", "C'est mon copain gay"... Quand on fait son coming out, on n'est plus du tout simplement Karine, Michel ou Bernard. On est aussi : l'homo. Mais cela vaut peut-être mieux que d'être une personne mal identifiée.
Faire son coming out, c'est surtout la volonté d'aller au bout d'une démarche d'acceptation personnelle.

L'Homosexualité à l'Adolescence, p. 68

Rencontres express

Je cherche
Qui cherche
Résidant en Age entre et ans
Club Gayvox Réservé abonnés