Commenter / Lire les commentaires  [0]

Sommaire

Avis contraire


D'accord, ce n'est pas bien d'écrire cela dix jours avant l'élection.
Mais Barack Obama sera le prochain président des Etats-Unis. Les efforts professionnels des candidats et des médias pour entretenir le suspense n'y changent rien.
Ce jugement péremptoire n'est pas seulement le fruit de mon goût coupable pour la prospective politique, même si j'ai toujours cru en la bonne étoile de Baraka Obama et à sa position de candidat favori.

Je ne base pas non plus sur les impressions recueillies lors de mon récent séjour aux Etats-Unis. Ce n'est pas en quatre jours en Californie que l'on peut prendre le pouls de ce grand pays. La première personne avec qui j'ai discuté, dans l'avion pour San Francisco, avait fermement l'intention de voter Obama, mais elle se rendait... à un mariage gay. Pas précisément un Average Joe. Je n'ai rencontré qu'un électeur qui refusait son suffrage au candidat démocrate. Mais ce chauffeur de taxi ouvertement conservateur ne voulait pas non plus voter McCain au motif que le candidat républicain poursuivrait la désastreuse politique de George Bush ! Enfin, à l'université de Berkeley, même les pancakes votent Obama.

En dépit de leurs limites, les sondages sont des indicateurs autrement plus fiables. Leur verdict est aujourd'hui sans appel. Jetez juste un oeil sur l'excellent site FiveThirtyEight qui livre un traitement statistique sophistiqué des enquêtes d'opinion. Vous y verrez que McCain n'est crédité que de 4% de chances de remporter l'élection du 4 novembre. L'évolution du rapport de forces tout au long de la campagne, mesuré par les enquêtes quotidiennes de Gallup, établit la dynamique qui porte le candidat démocrate vers la Maison Blanche.

Mais c'est surtout une analyse de fond qui me convainc du succès d'Obama. Violente crise économique, traumatisme de la guerre en Irak, aspiration à plus de protections sociales, discrédit de l'administration républicaine sortante: tout milite en faveur de l'alternance aux Etats-Unis. Le moins qu'on puisse dire est que le déroulement de la campagne elle-même n'a pas inversé la tendance. McCain s'est aliéné beaucoup d'électeurs indépendants par son style décousu et son choix invraisemblable de la fantaisiste extrémiste Sarah Palin comme colistière. Par contraste, Obama est apparu de plus en plus présidentiel et rassurant.

Bien sûr, un événement aussi exceptionnel qu'imprévisible peut encore changer le cours de l'histoire.
Le site Politico imagine que les Républicains pourraient gagner si leur terroriste favori, Bill Ayers, au lieu de se contenter d'avoir posé des bombes lorsque Obama avait huit ans, en faisant exploser aujourd'hui dans plusieurs Etats clefs sans oublier d'y apposer des autocollants disant : "I am Barack Obama, and I endorse this bomb." On conviendra que ce n'est pas le scénario le plus probable.

Pour autant, une véritable inconnue me semble peser sur le vote du 4 novembre. Quelle sera la marge du succès d'Obama ? Le candidat démocrate devra-t-il se contenter d'une victoire courte ou sera-t-il propulsé à la Maison Blanche par un véritable raz-de-marée ? L'effet Bradley, dont on nous a rebattu les oreilles, mais surtout une fin de campagne heureuse pour McCain, pourraient favoriser la première hypothèse. J'avoue néanmoins pencher pour la seconde, mais ici sans la moindre certitude. L'analyse des rapports de forces Etat par Etat - la seule logique qui comptera au soir du 4 novembre - conforte ce point de vue. Les projections savantes de l'institut Rasmussen aboutissent aujourd'hui à 286 grands électeurs pour Obama contre 174 pour McCain et 78 incertains.

Or l'ampleur de la victoire d'Obama aura sans doute une influence sur la politique que mènera son administration. Un large succès, accompagné par une forte poussée démocrate au Congrès, lui donnerait les coudées plus franches pour conduire le changement promis. Le débat commence déjà sur l'orientation de la future présidence Obama. On lira avec profit deux analyses contradictoires dans le dernier numéro de Newsweek. Exemples historiques à l'appui, Jon Meacham explique que les Etats-Unis sont fondamentalement un pays de centre-droit et que le nouveau président aurait grand tort de mener une politique trop progressiste. Jonathan Alter rétorque que l'Amérique évolue vers la gauche et que le risque, pour Obama, serait plutôt de décevoir ses électeurs par une politique timorée. Les enjeux sont posés.

Source : Eric Dupin - http://ericdupin.blogs.com/murmures/

===============================================

Pourquoi j'ai encore des doutes sur la victoire d'Obama
Par David Medioni

Petit détour international aujourd’hui pour s’arrêter quelques instants sur la présidentielle américaine. Partout dans les dîners en ville, dans les journaux, à la radio, à la télévision ou encore sur le web, l’histoire est entendue : Barack Obama sera le 44ème président des Etats-Unis.

Permets-moi, aujourd’hui, cher lecteur de me glisser quelques instants de la peau de Josh Lyman (cf la série à la Maison Blanche), conseiller politique de fiction hors pair. Si l’on en croit les sondages (CBS et cpgnie), le leader démocrate est en tête d’environ 8 à 10 points face à John McCain. Toujours selon ces sondages, les journaux américains et internationaux effectuent des projections sur le nombre de délégués qu’auront à la fin chacun des candidats. En moyenne, Obama en réunirait 370 environ contre 175 pour John McCain. Or si l’on s’attarde sur ces projections, les « grands électeurs sûrs » pour Obama sont environ 175 contre 134 pour McCain. Déjà plus sérré.

Clairement, l’avance d’Obama est aujourd’hui calculée en fonction des fameux « swing states ». Ces états clés qui balancent dans un camp ou dans un autre au gré des élections. Et là, Obama a une avance de deux points d'avance en Floride qui compte 27 délégués, 2 points aussi en Caroline du Nord (15 délégués), 2,5 points dans le Missouri (11), 3 dans le Nevada (5) et 5 dans le Colorado (9) et l'Ohio (20). Au total, 87 mandats de « grands électeurs » qui semblent aujourd’hui acquis à Obama, mais qui peuvent encore changer de manière complète. Tous les grands électeurs promis pour l’heure à Mc Cain, sont eux beaucoup plus solides. Tout cela sans compter le célébre « effet Bradley » selon lequel, dans l’isoloir, certains électeurs blancs ne peuvent pas voter pour un noir. L’université de Stanford a chiffré cette proportion de l’électorat à 6 %.

En clair, si Obama est le grand favori du scrutin, il ne gagnera pas l’élection avec 10 points d’avance et les résultats seront très serrés. Les scores des deux candidats seront beaucoup plus proches que ce que nous imaginons aujourd’hui. Vu que je suis toujours dans la peau de Josh Lyman, je conseillerai aujourd’hui au staff démocrate de mette les bouchées doubles dans tous les états stratégiques et de tout faire pour mobiliser un électorat démocrate qui pourrait se laisser avoir par des sondages trop favorables.

Mis en ligne le 27/10/08

Rencontres express

Je cherche
Qui cherche
Résidant en Age entre et ans
Club Gayvox Réservé abonnés