Commenter /
Lire les commentaires
[0]
Les homosexuels et le nazisme
« Si j'admets qu'il y a 1 à 2 millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des hommes sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. À long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel... Un peuple de race noble qui a très peu d'enfants possède un billet pour l'au-delà : il n'aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et dans deux cents ou cinq cents ans, il sera mort... L'homosexualité fait échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement; elle détruit l'État dans ses fondements. Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique.»
(Discours du chef nazi Himmler sur l'homosexualité prononcé le 18 février 1937)
« II faut abattre cette peste par la mort.»
(Discours d'Himmler sur l’homosexualité du 16 novembre 1940)
********************************************************************************
Avant l’arrivée d’HITLER au pouvoir, l’Allemagne apparaissait comme le « fer de lance » en matière de tolérance à l’égard des homosexuels : la « Capitale Gay Européenne » de l’époque.
En 1905, Berlin possède plus de 40 Bars Homos, et 320 publications gays y sont imprimées. En 1910, le Comité Humanitaire et Scientifique (le WHK) de Magnus Hirschfeld regroupe 5.000 membres. En 1929, la Ligue des Droits de l’Homme rassemble près de 50.000 homos. Ces associations mènent, par ailleurs, une action demandant l’abrogation du paragraphe 175, instauré en 1871, punissant d’une peine de prison, pouvant aller jusqu’à 5 ans, « les rapports contre nature entre les hommes ». Une pétition est signée sur l'initiative du WHK qui rassemble des signatures des leaders sociaux-démocrates, d’Alfred Einstein, ou encore Thomas Mann.
Mais déjà, les nazis s’en prennent aux homosexuels, et, plus particulièrement, à Magnus Hirschfeld au début des années 20. En mai 1933, l’Institut de Berlin est mis à sac. 10.000 livres sont brûlés, ce qui entraîne l’exil de son fondateur, et la déportation de son bras droit, K. Hiller. Dès 1933, les Camps de Dachau et d’Oranienburg sont ouverts et reçoivent les homos les plus visibles : opposants, responsables, personnalités de la vie associative allemande : hommes et femmes sont concernés. En 1934, les bars sont fermés, la presse homo est interdite. Une loi est votée, imposant la stérilisation des schizophrènes, des épileptiques, des drogués, des hystériques, des aveugles, des malfamés de naissance, mais aussi des homosexuels. En 1935, le paragraphe 175 est modifié, afin de permettre de punir également « l’intention homosexuelle ». En 1939, près de 25.000 personnes sont arrêtées, victimes de l’application de cette loi.
Les nazis ont ainsi mis fin, en quelques années, à un puissant mouvement homosexuel allemand, et lancé leur politique d’extermination. « Le véritable danger de ces individus, véritable danger à éliminer, car les dégénérés doivent être éliminés pour la pureté de la race. » (Citation tirée du livre Homosexualité et Droit Pénal du juriste nazi, Rudolf Klare).
L’idéologie nazie est basée sur une échelle des valeurs des individus et une hiérarchie raciale ; mais aussi, sur l’élimination des inférieurs : asociaux, parasites, indésirables. La répression est fatale. J.P. Joecker cite en 1981 les chiffres suivants : 835 homosexuels ont été arrêtés en 1933 ; 948 en 1934 ; 5 321 en 1936 ; 24.450 en 1939. Le rapport de l’Église Protestante Allemande indique 220.000 victimes pour cause d’homosexualité.
Le 15 novembre 1941, un décret condamne toute personne soupçonnée d'homosexualité qui a refusé la castration volontaire à être envoyée en camp de concentration. Elles y portent le triangle rose et sont soumises à un régime de travaux particulièrement pénibles « pour les laver de leur efféminement » et de castration chimique « pour les guérir de leur perversion ». 150 000 hommes et femmes seront déportés et plus de 30 000 mourront dans les camps.
Pétain contre les homos
De l’autre côté du Rhin, le Maréchal Pétain veut redresser la France ! Or, l’encadrement autoritaire de la population est renforcé par la volonté de purifier la société. La "purification" va commencer.
Dès octobre 1940, une loi est votée qui permet d’interner dans des Camps Spéciaux les étrangers de race juive ! Ainsi, avant même que l’Allemagne n’accentue sa pression et n’impose son programme de déportation massive, le Gouvernement de Vichy a, et de lui-même, ouvert des camps sur son territoire, et, édicté un statut en fonction des critères raciaux.
La politique de Vichy s’accentue en 1942, c’est le temps de la collaboration : des milices combattent les résistants ; des légions de volontaires français se battent aux côtés des nazis en Russie ; les initiatives, visant à l’arrestation, l’internement et la déportation des ces « anti-français », se multiplient. Les rafles commencent. Pétain, sans aucun remord, fait le jeu des Allemands. Les Nazis n’en espéraient pas autant !
Avec un tel leitmotiv, redresser la France, au nom du Travail, de la Famille et de la Patrie, quelle place peut laisser le Gouvernement de Vichy aux homosexuel(le)s ? AUCUNE. Avec l’arrivée de Pétain au pouvoir, une loi sur la répression des homosexuels fût votée en août 42. Ainsi un homo risque de 6 mois à 3 ans de prison. Mais le Gouvernement de Vichy, en réalité, n’emprisonne pas les pédés, mais les déportent vers les Camps de Concentration allemands. Et, de plus, c’est par la collaboration de la Police Française et de ses fichiers que la Gestapo allemande a pu arrêter, puis déporter les homosexuels.