Il peut paraître paradoxal d'associer les deux notions de paternité et d'homosexualité, tellement il semble évident au "bon sens " commun qu'elles s'excluent. Un grand nombre d'homosexuels se trouvent engagés dans les liens du mariage et de la paternité, et le désir de paternité les a presque tous effleurés un jour ou l'autre sinon longtemps poursuivis.
Je ne suis ni psychologue, ni sociologue, ni éducateur, c¹est donc un travail de réflexion individuel et personnel que je vous propose.
J'ai choisi délibérément de parler, de vous parler du père, de la paternité. Sans oublier que la paternité commence au moment où votre femme est sûre d'être enceinte, durant les neuf mois où vous devez vous montrer compréhensif, tolérant et attentif.
J’ai choisi délibérément de parler, de vous parler du père, de la paternité. Sans oublier que la paternité commence au moment où votre femme est sûre d’être enceinte, durant les neuf mois où vous devez vous montrer compréhensif, tolérant et attentif.
parent (adj. et nom - lat. : parentis / parerer = enfanter)
personne liée à une autre par le sang.
paternité (lat. : paternitas)
état / qualité de père, par extenso, qualité d’auteur.
père (nom masc. - lat. : pater)
homme qui a engendrer 1 ou plusieurs enfants. Père spirituel, celui qui dirige la conscience de quelqu’un. Relig; titre donné à Dieu par les fidèles.
Ma paternité, je suis père d’un garçon de 15 ans, prénommé THOMAS, aujourd’hui divorcé, je vis en couple, un couple atypique, certes, mais je reste un père, et très fier de ma paternité, qui occupe une grande partie de ma vie affective. Père, je suis tout à la fois, éducateur, conseil, confident, modèle, je montre, en tout cas j’essaie de montrer le maximum de signes, enseigner, comprendre, et aussi, et surtout partager, avec mon fils, tout simplement communiquer.
Le désir d'enfant naît-il de la lassitude engendrée par la répétition perpétuelle d'un manque, d'un besoin de complément ?. La question est posée. Les amants s'engendrent l'un l'autre. La belle histoire !. Ne le savait-on déjà ?. Assurément, empressons-nous de dire qu'il y a belle lurette que cela est consommé. Pourtant le grand jeu familial, structuré, ne permet pas toujours à cette paternité réciproque de s'instaurer durablement, et qui fait trop vite des amants des parents, comme par magie. (réf.: E Badinter « L’un est l’autre »).
Aussi loin que je me souvienne, il me semble avoir toujours désiré un enfant ou même des enfants. Cela a dû commencer très jeune avec les phrases que les adultes aiment à répéter "Tu verras quand tu seras grand et que tu auras toi-même des enfants". Annonce d'un destin probable sinon incontournable ou inévitable, qui me paraissait à la fois délicieux, et légèrement inquiétant par ce qu'il sous-entendait de tracas et de responsabilités, et une part d’inconnu. Mon désir d'enfant a sans nul doute été entretenu par la découverte de ma place dans la perspective de la continuité familiale. Remplir son rôle de père par ces temps troublés n’est pas chose facile, surtout sans formation préalable. Personne ne nait bon père, c’est une question de patience, d’étude et d’amour, c’est aussi une question de connaissance. Il est important que vous appreniez tout ce que vous pouvez sur deux sujets essentiels : la psychologie de l’enfant et les méthodes d’enseignements.
Tout père, consciemment ou non, agit comme un psychologue de l’enfant. L’information sur les méthodes d’enseignement est essentielle car les parents sont les principaux professeurs. Avant que votre enfant entre à l’école, vous êtes, vous et votre femme, ses premiers maîtres. Même par la suite, c’est à la maison qu’il reçoit les « leçons » les plus durables et les plus valables. Si l'enfant n'est pas le seul but, la fin en soi, qui est l'autre en tant que tel. Rêver d'un fils à soi identique et de soi, seule issue, - parfait "petit ami" pour plus tard peut-être.... aimer n'est pas se complaire en sa propre image par un autre complaisamment renvoyée. Un enfant en grandissant, a besoin d’une référence de conduite féminine et d’un modèle de conduite masculine. Les deux sexes ne sont pas interchangeables, le rôle féminin de la mère diffère du rôle masculin du père.
A notre époque qui évolue si rapidement, il est encore plus difficile pour un père de définir son rôle et de le remplir correctement, pensez à ce qu’était son rôle il y a vingt-cinq ans, les pères préparaient leurs fils à une vie adulte semblable à la leur. Notre culture se transforme à une telle vitesse que de nos jours cela n’est plus vrai. A cette époque, les rôles féminins et masculins, ceux de mères et de pères étaient délimités très clairement? de nos jours le rôle social de la femme et de l’homme et leur rôle au niveau familial subissent des changements considérables. Personne ne peut dire ce que seront ces rôles quant ils se seront stabilisés.
La génération des parents actuels (30-40 ans), nés dans les années 60-70, issus de la période de prospérité économique, élevés dans une relative insouciance et une certaine joie de vivre, encouragées par la reconstruction de l’après-guerre, avec des mentalités fermement incitées au bonheur, calées sur « l’américan way of life », léger comme l’air. Cette génération est inquiète, car consciente de sa chance presque inavouable d’avoir été élevé dans un environnement politique, économique et social serein, bien qu’alors en pleine mutation (mai 1968) et à présent, anxieuse de son incapacité à donner , à bâtir pour ses enfants le même chemin de vie sécurisant. Ainsi, bien avant qu’ils aient le temps réel de l’insouciance, ils sont déjà entraînés dans le tourbillon d’un existence entièrement problématique, d’autant plus exacerbée dans les grandes agglomérations... Ainsi, on peut encore dire que la province est encore privilégiée sur bien des choses et c’est tant mieux; on assiste au mouvement inversé des années 70, qui tendait à faire de la vie citadine suburbanisée, un véritable credo. Aujourd’hui, le désir de partir, ou plutôt de sortir des villes est omniprésent.
Que transmettons-nous, de nos jours, à nos enfants ?
Une peur constante de tout et de tous, et surtout de l’Inconnu; un hyperréalisme au quotidien, dans leurs comportements, dans leurs propos, et qui font de nous des parents émerveillés de voir leurs chérubins, en avance, parce que matures, avant l’heure. Est-ce bien raisonnable ? Ainsi, nous « fabriquons » des machines-enfants entièrement conditionnés par nos propres soucis, que plus rien n’étonne, ni ne surprend. « Bonjour les chers petites têtes blondes blasés, presque morts avant même que d’avoir vécu ». La paternité devrait être considérée comme une expérience pleinement gratifiante. Peu de choses sont aussi enrichissantes sur le plan sentimental que la satisfaction qu’un homme peut ressentir à bien guider ses enfants, depuis la naissance, à travers les étapes variées de leur développement jusqu’à ce qu’ils puissent se débrouiller seul.
La société n’apprend pas aux hommes à être pères avant de le devenir, et il n’y a pas d’apprentissage par la suite.
Parent aujourd’hui :
Chaque année en France, plus de 100 000 couples se séparent. Comment vivent-ils ensuite ? Y a-t-il une vie après le divorce ? Aujourd’hui les divorce sont quatre fois plus nombreux qu’il y a trente ans, et un tiers des couples mariés dans les années 80 ont déjà divorcé. Chaque année en France, ils sont plus de 100 000 couples à passer devant le juge (jaf), 100 000 couples, dont l’avenir de l’enfant est déterminé par la décision du juge aux affaires familiales, qui, en 10 minutes, décide du parent « gardien », attribue le domicile conjugal, et fixe le montant de la pension alimentaire que le parent non gardien se verra « condamné » à verser. Cette décision gravissime qui engagera la vie et l’équilibre affectif de l’enfant. Pourquoi ce choix qui n’en est pas un ? « Dans l’intérêt de l’enfant ». Notion fourre-tout qui n’a jamais été définie, elle est pourtant le fondement de toutes les décisions des juges. Or, si durant la vie de couple, le mariage, l’intérêt de l’enfant est l’amour et l’unité de vie de ses deux parents, après la désunion il devient brusquement de ne plus vivre qu’avec un seul de ses parents. La « propriété » de l’enfant est attribuée à la mère (85 % des cas).
Art 287 du code civil - : « Selon l’intérêt des enfants mineurs, leur garde est confiée à l’un ou l’autre des époux ». La loi n’a malheureusement pas réussi à modifier cette injustice faite aux enfants ou à atténuer un tans soit peu les milliers de drames intimes. Mais plus insupportable encore, le recours très fréquent aux enquêtes sociales, qui est bien souvent le seul éléments d’information dont le juge dispose. Ces enquêtes tout le monde le sait, et moi mieux que quiconque, sont trop souvent menées par des personnes dont la seule qualification est d’avoir du « bon sens » dans le meilleur des cas, et faussées lorsqu’il s’agit d’enquête psychologique.
Familles monoparentales
Les travaux en matière de psychologie de l’enfant, montrent que dès la naissance, le nourrisson sait « lire » autant les messages maternels que paternels. L’attachement serait donc la chose la mieux partagée, dès sa venue au monde. dans les affaires de divorce, on affirme prendre les décisions relatives à la garde de l’enfant, en fonction de « l’équilibre de l’enfant » ou son « intérêt ». Toutes ces notions sont un rideau de fumée et les magistrats sont dans une parfaite incertitude, en regard de ce fameux « intérêt ». Si certains d’entre eux font appel à des spécialistes, généralement pour mettre à l’épreuve leur conviction et la confirmer, ces mêmes spécialistes auraient avantage « dans l’intérêt de l’enfant », à faire état des recherches et des constats scientifiques en matière de petite enfance. On peut constater actuellement que dans la plupart des cas de divorce, l’enfant se trouve placé dans une situation qui élimine l’un des parents, le plus souvent le père.
La meilleure des mères ne peut que assumer que la moitié d’un couple. Le plus paternel des pères ne peut que assumer que l’autre moitié de ce même couple. Dès le début de la vie de l’enfant, le père a une place et un rôle important à jouer. C’est un des apports de LACAN d’avoir distingué le père réel, le père imaginaire et le père symbolique (celui qui interdit la fusion du couple imaginaire mère-enfant). On parle de « nouveaux pères », et d’une nouvelle qualité de mère, dégagée de ses obligations de maternage. On évoque aussi la dimension maternelle des pères s’occupant d’enfants, ou encore, de la promotion de la dimension masculine des femmes, bref, tout changement au niveau de la fonction parentale dérange, provoque la dérision, l’ironie masquant mal l’inquiétude. Un simple constat des conséquences de la séparation du coupe parental montre que les enfants sont déchirés et profondément marqués par la disparition dans leur vie de leur père ou de leur mère. Une évidence s’impose, il faut maintenir des relations étroites entre l’enfant et ses parents, que ceux-ci soit ou non mariés.
Le divorce, la séparation, ne doit pas exclure arbitrairement un des parents de l’environnement affectif de l’enfant. Le droit doit s’adapter aux besoins affectifs réels de l’enfant, et non l’inverse. Défendre le droit pour l’enfant à vivre avec ses deux parents.
« Tout amour est paternel, adoptif, et créatif... ».
De nos jours, une époque qui évolue si rapidement, période de crise, d’incertitude tant au niveau social (crise de l’emploi) que familial, il est une certaine angoisse pour les parents (génération 30-40 ans), l’inquiétude de ce que nous allons leurs transmettre, un avenir incertain, très probablement moins heureux que le mode de vie que nos parents ont connu, et ont eu à nous proposer.
Il n'est peut-être pas de véritable enfant qu'adopté. Si l'amour parental ne devient un amour d'adoption, un amour de choix.
Jean Jacques B.