Un film de Stephan ELLIOTT
D’après la pièce Easy Virtue de Noël Coward
SYNOPSIS
Les années 20 avaient rugi…
Les années 30 devaient swinguer !
John Whittaker, jeune Anglais de bonne famille, tombe fou amoureux de Larita, superbe aventurière américaine.
Il l’épouse sur le champ et la ramène dans le manoir de ses parents. Si Mr Whittaker n’est pas insensible au charme de sa belle-fille, l’allergie est instantanée chez Mrs Whittaker. La guerre des piques commence.
Larita comprend vite qu’elle doit riposter si elle ne veut pas perdre John. Les étincelles fusent… jusqu’au jour où le passé secret de Larita est révélé à tous. Elle décide alors de frapper un dernier grand coup.
Un film de :
STEPHAN ELLIOTT
Avec :
JESSICA BIEL, COLIN FIRTH, KRISTIN SCOTT THOMAS, BEN BARNES
Production:
EALING STUDIOS
Sortie le :
06-05-2009
Plus d'infos sur ce film
DE LA PIECE AU FILM
Noël Coward a écrit Easy virtue, en 1924, alors qu’il n’avait que 23 ans et quoi que ce ne soit pas l’une de ses pièces les plus connues, elle a rencontré un assez grand succès. Comme l’a écrit un célèbre critique théâtral, « Easy virtue nous rappelle le talent de Coward à dynamiter de l’intérieur la haute société britannique, celle-là même qu’il passait pour célébrer. Il s’agit d’une attaque violente contre l’hypocrisie du début des années 20 et de la façon dont les mœurs victoriennes, rendues obsolètes par la guerre, pouvaient détruire les vies de ceux qui s’y pliaient. Le résultat est une étude psychologique sur la répression sexuelle, la culpabilité et la revanche, au moment où les vieilles certitudes sont ébranlées par l’âge du jazz. »
« J’ai aimé le théâtre de Noël Coward dès que j’ai eu la chance de voir Maggie Smith, en 1974, dans une production de Private lives signée John Gielgud, raconte le producteur Joe Abrams. Coward est surtout connu pour l’humour sophistiqué de ses comédies, telles que Private lives, Hay Fever ou Design for living, qui a inspiré Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch. Mais ce sont ses œuvres les plus dramatiques qui ont rencontré le succès au cinéma, à travers des ? lms comme Cavalcade, Brève rencontre ou Ceux qui servent en mer. J’étais donc très excité d’acquérir les droits cinéma de Easy virtue. »
En 1928, un cinéaste presque débutant donna une version cinéma muette de Easy virtue. Il se nommait Alfred Hitchcock.
« Evidemment, une version muette ne pouvait pas rendre justice aux dialogues pleins d’esprit de Coward, poursuit Joe Abrams. Aussi Hitchcock avait-il insisté sur l’aspect dramatique : le conflit social entre la vieille et la nouvelle Angleterre de 1920.
Le défi d’adapter Easy virtue aujourd’hui n’était pas d’évacuer ce conflit, mais de retrouver l’esprit de Coward en lui redonnant sa puissance comique.
J’ai contacté le producteur Barnaby Thompson à cause du travail formidable qu’il avait effectué sur deux adaptations d’Oscar Wilde et j’ai été ravi qu’il partage mon enthousiasme sur l’effet que Easy virtue pouvait avoir sur le public d’aujourd’hui. »
Le défi d’adapter Coward au public d’aujourd’hui revenait aux scénaristes, Stephan Elliott, par ailleurs réalisateur et Sheridan Jobbins.
« Il y a quelque chose d’assez froid et tranchant dans l’écriture de Noël Coward, poursuit Barnaby Thompson, mais il fallait être sûr que les personnages nous touchent, malgré la distance temporelle.
Le travail sur le script a consisté à bâtir le paysage émotionnel de la pièce : au début, ces personnages semblent s’amuser, même s’ils s’envoient des piques, mais, au fond, ce sont des gens qui luttent pour leur vie et le dénouement aura son importance. »
Il poursuit : « Stephan est un cinéaste expérimenté, mais il n’avait pas tourné depuis quelque temps et il a apporté en quelque sorte l’enthousiasme des débutants, associé au fait qu’il ait déjà connu le succès avec Priscilla, folle du désert.
J’ai toujours aimé son sens de l’anarchie et en cherchant un metteur en scène qui pouvait apporter de l’irrévérence, j’ai pensé à lui. »
« J’ai eu un accident de ski en France en 2004, raconte Stephan Elliot : je me suis cassé le dos, le pelvis et les jambes, ce qui m’a privé d’une vie normale pendant environ trois ans.
J’ai eu tout le temps de réfléchir. J’avais décidé bien avant que j’en avais assez du monde du cinéma. L’accident m’a donné le recul nécessaire et je réfléchissais à des idées quand Barnaby m’a parlé de la pièce de Coward.
Ma première pensée a été : pourquoi donc Noël Coward ? Pourquoi moi ? Les films en costumes ne sont pas pour moi, je ne crois même pas en avoir vu un seul en entier.
Mais Barnaby m’a dit que c’était justement la raison pour laquelle il avait pensé à moi. J’ai lu la pièce et j’ai pensé à ce sentiment de rébellion qui s’y trouve, à cette fille moderne, Larita, elle-même projetée dans un film en costumes et perdant son sang-froid… Voilà où pouvait être ma place d’auteur… Je me suis dit, tiens, je peux m’amuser avec ça. Bien sûr, je ne pourrais pas faire mes blagues scato habituelles ou habiller des hommes en femmes, il fallait que je me retienne un peu… »
« Nous ne voulions pas d’un film d’époque, poursuit le cinéaste.
Nous voulions un film d’aujourd’hui pour le public d’aujourd’hui, nous voulions un film qui parle d’une voix actuelle. Et alors les acteurs sont arrivés et se sont mis en « mode Noël Coward ». Je leur ai demandé de parler comme ils ont l’habitude de le faire et nous avons ? ni par trouver un terrain d’entente. Et nous utilisons même des e? ets visuels qui ne sont jamais vus dans un film d’époque. »
« Stephan est un homme très amusant, dit son coscénariste Sheridan Jobbins. Narquois. Tortueux. Ironique, y compris sur lui-même. Est-ce que c’était compatible avec les mots d’auteur de Noël Coward ? Je posais la question à notre première rencontre, sans me rendre compte que je lançais un défi à un homme qui considère Coward comme l’un des plus fins observateurs du XXème siècle. La pièce est un mélodrame, pas l’une de ses grandes comédies. Pour pouvoir y injecter de l’humour sans avoir la main lourde, Stephan paraphrasait Coward : L’esprit est une épice, pas une sauce… »