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Si on résume, tout lui réussit. Un premier succès littéraire à tout juste 21 ans, du best-seller polémique "American Psycho" adapté au cinéma, un compte en banque que l'on suppose bien garni; "Glamorama" son avant-dernier roman, en passe d'être porté à l'écran également, et, aujourd'hui, un nouvel opus : "Lunar Park". Il est un auteur accompli, culte pour certains, et pourtant c'est en tant que loser qu'il se met en scène dans ce roman. Un authentique loser, drogué, alcoolique, dépressif et déjanté qui se prépare des vokda-orange au petit déjeuner. Aussi sûrement défoncé qu'il est coincé dans une grosse baraque et dans une vie conformiste qu'il regarde avec le mépris de celui qui sait qui n'entrera jamais dans le moule. L'esprit critique de l'auteur, toujours aussi acerbe, s'illustre à nouveau dans son recours au "name dropping", ce raccourci percutant - qu'il utilise cependant avec plus de parcimonie qu'à son habitude. Bref, Bret observe avec une lucidité déconcertante et dénonce, peut-être malgré lui, les symptômes du mal qui nous ronge... Parce que les séances d'acuponcture à 500 dollars pour des enfants surmenés dans leurs fringues de marque, la thérapie de couple chez le psy à la mode que tout le monde s'arrache, tout comme les histoires d'amour entre mannequins et acteurs sont autant de préoccupations qui nous sont étrangères. Mais que l'on vient rechercher dans l'écriture d'Ellis. Ce roman, s'il comporte comme les précédents son lot de people, de drogues et d'abus, marque néanmoins la transition vers une nouvelle écriture. © Matchmedia 2012