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C’est l’histoire d’un gamin qui, à la l‘âge de 5 ans découvre le goût de régaler les autres grâce à sa grand-mère…
Ses recettes sont mitonnées avec Amour avec de vrais produits frais, suivant le marché du jour...


Rencontre...



Marc Mitonne, chef, patron et saltimbanque
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Parle-nous de ton restaurant

- L’idée est de recevoir les gens comme de les recevoir chez moi. Simplement, sans aucune prétention. Ca peut paraître un peu galvaudé mais, vraiment, l’idée maîtresse est sincère, je veux que les gens s’y sentent bien. Comme s’ils étaient à la maison. Comme un dimanche devant une blanquette, une joue de boeuf ! Comme chez mémé ! ca a un côté nostalgique, comme quand tu écoutes une chanson qui te touche.
Aujourd’hui, on a besoin d’authenticité et ça, ça leur parle. Ma fierté c’est d’avoir fait de ce lieu, une maison qui, depuis 4 ans est un lieu de convivialité où le bouche à oreille fonctionne a merveille.


Combien de temps tui comptes rester à Paris ? Tu as d’autres envies ? Après, plus tard ?

- Aucune idée ! On ne sait pas de quoi sera fait demain. Pour l’instant, c’est de continuer à être heureux dans ce que je fais et de le faire le mieux possible... Après… au grès de la vie, des rencontres, qui sait…. si demain, si un jour je ne suis plus en capacité, si je ne plais plus, si je n’en ai plus envie, oui, si, je fais des rencontres, pourquoi pas….

Ca revient souvent chez toi, ces rencontres qui se sont faites au gré de la vie. Ca n’arrive pas à tout le monde, c’est rare comme parcours !

- Non, pas forcement ! Je connais beaucoup de gens qui savaient ce qu’il voulaient faire et n’en ont pas dérogé. Leur route était toute tracée. certes, j’ai un parcours un peu atypique et je suis bien dans ce restaurant, après avoir parcouru le monde… mais très jeune, j’ai aimé faire la cuisine, avec ma grand-mère donc enfant, je savais déjà que je deviendrais cuisinier. Malgré les accidents de vie, les déviations, les sens interdits aussi ( ! ) Je suis resté fidèle à mes rêves !

Ta carte change t-elle souvent ?

- Au début, elle changeait souvent et se sont les clients qui m’ont demandé de laisser les bst-off… un peu comme un chanteiur à qui on demande de chanter ses succès et si je change trop la carte, les gens me le disent, ils sont déçus de ne plus avoir leurs plats préférés ! Donc, la carte ne change plus que deux fois par an, ça suffit. Avec une carte d’été avec plus de poissons, de saveurs provençales, de parfums qui chantent et l’hiver avec une carte plus en sauce, cuisinée, mitonnée, en fonction des humeurs du moment, avec toujours des produits frais.

D’où viennent tes produits ?

On travaille beaucoup avec des petits artisans du quartier. J’aime choisir moi-même mes produits… c’est très important « Bons produits, bonne cuisson, simplicité, succès assuré !!! »

Qui sont tes héros ? (à part ta grand-mère !)

- Un type avec beaucoup de panache, quand j’étais gamin : Bocus. Sinon, à la télé, celui qui m’a donné envie, c’est Oliver. Le samedi matin, je me collais devant la télé pour le regarder puis on allait au marché pour acheter les produits et on rentrait pour refaire ce que j’avais vu dans l’écran. Mais mes références ne sont pas les chefs très étoilés… c’est de la haute couture et ça ne m’intéresse pas trop même si je respecte profondément, ça n’est pas moi. Je préfère rester dans la simplicité. C’est pas mon truc le chichi !, ça ne me fait pas vibrer. Ce qui me plait c’est de retrouver des goûts d’antan… de faire les plats de mon enfance.
Chacun a à apporter sa pierre à l’édifice, moi, c’est le spectacle quotidien d’une table familiale et conviviale. Le spectacle est dans la salle et entre les convives, aucune soirée ne se ressemble…

Tu laisses beaucoup de place aux artistes dans ta salle, tu prêtes tes murs facilement ?! Ca vient aussi de ton enfance ce goût pour l’art ?

- Oui, certainement, j’ai été élevé dans cet esprit. J’ai été habitué à une ouverture d’esprit, à la culture mais ça c’est moi, petite personne avec sa sensibilité qui aime les artistes, parce que je les aime et ça me coûte rien de rendre ce service, mon restau est un lieu de convivialité, donc, à tous ceux qui veulent !
Si chacun gardait à l’esprit de filer un coup de main, quand il peut le faire, ça changerait bien des choses. Ces gens ont des choses à m’apporter, ils ont des choses à apporter à mes clients et vraiment, ce serait tellement bête de ne pas laisser un peu de place aux artistes, qui, en plus de la table et des plats, sont biens ici que les clients en profitent aussi.
Parce qu’en fait, on est quoi, nous les restaurateurs ? ! On est aussi un peu des artistes... sédentaires ! Si l'on est pas artistes, je vais te dire, on a qu’à travailler dans l’immobilier ! On est des saltimbanques, nous ! je suis fière de pouvoir présenter des artistes chez moi-même si je suis loin de l’histoire du carpaccio !
Et une chose très très importante : les artistes Marc Mitonne,. Ca peut être un vernissage, une voyance, de la magie, de la chanson… c’est la cerise sur le gâteau pour les clients et puis, il y a eu le 1er festival de théâtre gay et lesbien dont j’étais jury. Une première avec des pièces déjà jouées, des créations, bref, un beau mélange et l’idée de la culture gay… c’est bien aussi de rappeler qu’il y a des gens, des créateurs qui s’investissent...


interview : Fran*, mars 2007


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