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Culture & Théâtre

« Gardenia », d’Alain Platel et Frank Van Laecke


  COUP DE COEUR  

 

Le regard tendre d’Alain Platel et Frank Van Laecke sur le milieu des travestis.

 

Photo Luk Monsaert


Qu’elle idée géniale a eu la comédienne Vanessa Van Durme de faire se rencontrer le chorégraphe Alain Platel et le metteur en scène d’opéra Frank Van Laecke ! La conjonction de ces trois personnalités permet de porter un regard émouvant sur le monde des travestis et sur les transsexuelles. Vanessa Van Durme a déjà travaillé avec Alain Platel , elle interprétait le rôle Tosca dans  « Tous des Indiens » (présenté en Avignon en 2000 dans la Cour du Lycée Saint-Joseph).

 

Bande annonce :



Les auteurs du spectacle sont partis d’un film documentaire de Sonia Herman Dolz « Yo soya si » qui raconte le destin d’un cabaret à Barcelone qui ferme ses portes. « Gardenia » débute pas l’image de ces chanteurs vieillissants, mis à la retraite, engoncés dans la tristesse de leurs costumes sombres. Ils font vieux, très vieux, poussiéreux, et fatigués. Sur « Forever Young » d’Alphaville, ils viennent se présenter une dernière fois au public, et très vite le désir de se libérer prend le dessus. Sur « Je vais à Rio » de Claude François, dans un subtil jeu d’images arrêtées, les hommes se déshabillent peu à peu et endossent des robes à fleurs criardes qui révèlent leur vrai personnalité.  Vanessa Van Durme a appelé des vieux copains pour l’entourer. Il y a Danilo (56 ans) ancien du Cabaret Follies, Richard (58 ans), Gerrit (66 ans), Dirk (56 ans), Rudy (66 ans) et Andréa (58 ans) seul autre transsexuelle de la bande. La troupe est complétée par la comédienne Griet Debacker (qui a fondé la compagnie Swan Lake avec Vanessa Van Durne) et un jeune russe de 25 ans, Timur.


gardenia2_Luk Monsaert

 

Dans « Gardenia » il n’y a aucun voyeurisme, juste de la dignité et de l’émotion pour ces hommes et ces femmes qui vivent le plus normalement. Platel et Van Laecke ont choisi le Boléro de Ravel pour accompagner le processus de travestissement. Petit à petit, les créatures se dessinent, les maquillages prennent forment, les perruques et les paillettes redonnent de la jeunesse à ces êtres. Ce ne sont plus les petits vieux du début du spectacle qui se montrent au public, ce sont des artistes « bien dans leur peau ». Il y a Liza, Nana, Dalida.

Et c’est alors que le jeune danseur russe Timur entame une chorégraphie sur « Comme ils disent » d’Aznavour en minant la chanson et en se mouvant parmi les travestis. C’est beau et poignant. Platel et Van Laecke ont choisi de jouer sur la corde sensible à cet instant, et nous embarquer dans une réflexion sur l’identité. La suite est moins convaincante. Timur se lance dans un combat avec celle qui incarne sa mère. Un combat qui n’apporte rien à la pièce. Ils auraient pu s’en passer. Heureusement les deux dernières chansons viennent contrebalancer cet instant avec « Sag mir wo die blumen sind » de Marlène Dietrich et « Over the rainbow » du Magicien d’Oz. La culture gay éclabousse la scène. Clichés diront certains, mais la culture hétérosexuelle n’est-elle pas constamment remplie de clichés qui s’imposent à tous ?

 

Extrait :



 

Stéphane CAPRON

 

mise en scène Alain Platel et Frank Van Laecke  sur une idée de Vanessa Van Durme

scénographie Paul Gallis

musique Steven Prengels

costumes Yan Tax, Marie « costume » Lauwers

créé et joué par Gerrit Becker, Griet Debacker, Andrea De Laet, Richard « Tootsie » Dierick, Timur Magomedgadzjeyev, Danilo

Povolo, Rudy Suwyns, Vanessa Van Durme, Dirk Van Vaerenbergh

production Les ballets C de la B

 

PRESSE :

Le Monde : « Gardenia est une pièce émouvante. Elle est cruelle. Elle est drôle parfois aussi. Très tendre avant tout. Impossible de ne pas être captif de ce cadeau-là. Avec ses amis, Vanessa Van Durme recolle les morceaux de sa vie pour une photo de groupe inoubliable. »

Libération : « Gardenia est un jardin secret bien gardé, où il fait bon jardiner, même si tous savent que les roses piquent. »

Télérama : « Gardenia mon amour, Gardenia mes amours, voudrait-on leur crier pour les remercier. Seulement, ça ne passe pas tant on a la gorge nouée. »

Le Temps : « Cinq cents spectateurs debout, en larmes, en joie. Gardenia, la mélodie du bonheur, façon transsexuelle. »

 

INFOS PRATIQUE :

 

17  au 27 novembre 2010

Théatre National de Chaillot

1 place du Trocadéro 75016 Paris
Salle Jean Vilar


Horaires :
20h30 (sauf samedi 27 novembre 21h)  
dimanche 15h30
Relâche :
lundi
Durée du spectacle :
1h35

Malentendant

Représentations avec surtitrage individuel:

21, 23 et 25 novembre

 

RESERVATION EN LIGNE

 

le 11/11/2010

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