- Potiche de F.Ozon
Pitch, potache, putsch, et pourquoi pas postiche...

Synopsis :
En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol.
Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche.
À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action.
Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique…
Un avis sur le film :
Je n'ai pas envie de cacher que j'avais prévu une introduction assez dingue pour cette critique, toute en allitérations à base de potiche, pitch, potache, putsch, et pourquoi pas postiche, patch et pistache. Mais je n'ai pas vraiment réussi à goupiller tout ça harmonieusement. Alors restons simples, je me contenterai sobrement d'écrire qu'avec un casting et un réalisateur prestigieux, Potiche est assurément le "film de la semaine", c'est-à-dire celui que les gens vont aller voir avec plaisir et enthousiasme à partir de ce 10 novembre.
Ils n'ont pas tout à fait tort les gens, parce qu'on aurait tort de se priver d'une union Deneuve + Luchini + Depardieu, dirigés par un réalisateur talentueux et reconnu. Mais ils ont quand même un peu tort.
Adaptant une pièce de théâtre de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy (en deux mots l'histoire d'un PDG macho qui se fait remplacer par sa femme à la tête de son entreprise), le réalisateur de 8 femmes n'arrive que très rarement à en faire un film. Les dialogues ciselés de la pièce tombent souvent à plat, la faute à une interprétation souvent maniérée et déclamatoire et une mise en scène misant tout sur une esthétique seventies un peu fun mais ne cherchant que secondairement à rendre les gags efficaces.
Pas aidés non plus par leurs personnages, un poil caricaturaux, les comédiens sont à la peine, notamment Jérémie Rénier en fils modèle efféminé ou Judith Godrèche en blondasse antipathique, qui ont beaucoup de mal à se rendre crédibles. Le trio principal s'en sort mieux heureusement, et donne au film ses meilleurs scènes, dans des registres familiers : Luchini excelle dans la logorrhée excédée, tranchant avec une Deneuve calme et espiègle, tandis que Depardieu reprend avec brio son rôle désormais habituel d'homme fruste au grand coeur.

Catherine Deneuve y est absolument parfaite. Juste. Drôle. Piquante. Tasse de thé et croc-en-jambe. Douce d'un côté, gratteuse de l'autre. Comme l'éponge qu'elle abandonne pour le tailleur. Je n'ai pas toujours été un fan de la Grande Catherine, qui, parfois, joue davantage l'icône que son personnage. Disons qu'Hôtel des Amériques, d'André Téchiné, est une merveille lorsque Paroles et musique, d'Elie Chouraqui, est calamiteux. Des hauts et des bas, donc, mais toujours présente, bravo, et quand elle veut, quand le rôle est là, quand l'alchimie ne tourne pas en rond, elle peut aligner la plupart de ses camarades de jeu. Sans elle, Potiche sonnerait creux - cela pour faire le plaisantin car le film est plutôt réussi.
C'est une comédie kitsch et rose bonbon, mélo meringué et souriant, souvent drôle même, avec quelques piques politiques et sociales. Ce n'est d'ailleurs pas dans ce registre-là qu'Ozon est le plus pertinent. Son couplet féministe est un peu poussiéreux et finit par se retourner contre lui, entraînant les dernières séquences dans un patinage pas très artistique. Péché véniel, en fait, si l'on veut bien prendre aussi Potiche pour un grand cri d'amour au cinéma et à sa mythologie.
L.Bruce
Pour en savoir plus :
Un site officiel : http://www.potichelefilm.fr/
Page Facebook : http://www.facebook.com/Potiche.lefilm
Site média : http://www.sortiescinema.net/media/potiche/
en ligne le 10/11/2010
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Ras le bol pour ne pas dire autre chose !!!!!!!!!!!!!!!!!
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