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Culture & Cinéma

The Social Network

 

The social network

Qui n'a jamais entendu parler de Facebook, ce réseau social fort de 500 millions de membres (dont 17,2 millions en France), né un soir de beuverie de 2003 d'un jeune étudiant machiste de Harvard qui venait de se faire plaquer par sa copine, saoulée de ses geekeries puériles.

 

L'histoire :

Frustré d’avoir été plaqué par sa petite amie, Erica (Rooney Mara), Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg) décide de se venger de la gent féminine en créant une base de données baptisée Facemash, dont l’objet est de désigner la fille la plus canon du campus. Pour cela, il n’hésite pas à pirater le système informatique de l’université de Harvard.

Mais son geste, par le succès qu’il rencontre, entraîne bientôt la saturation du réseau de l’institution et place Zuckerberg au cœur d’une vive controverse, en raison de son caractère misogyne. Cependant, il éveille aussi l’intérêt, en particulier des jumeaux Winklevoss (Armie Hammer), deux représentants de l’élite estudiantine, qui le contactent pour créer un réseau social au sein de l’établissement. Toutefois, aidé par son meilleur ami, Eduardo Saverin (Andrew Garfield), le jeune homme va préférer se consacrer à la genèse de son propre site, The Facebook

 

Andrew Garfield, Jesse Eisenberg et Joseph Mazzello. Sony Pictures 
Releasing France

 

 

Si The social network retrace l’histoire de la création de Facebook et des procès qu’intentèrent Cameron et Tyler Winklevoss, puis Eduardo Saverin à Zuckerberg, ce film est avant tout le portrait d’un créateur à l’intelligence bouillonnante, mais égocentrique, cynique (à Erica, il explique qu’il représente pour elle sa seule chance de faire des rencontres prestigieuses !), insolent et sans scrupule (voir la séquence où il débarque son meilleur ami au moment où Facebook dépasse son premier million d’inscrits).

Bref, un sale gosse, incapable de tisser des relations sociales un peu approfondies (particularité psychologique qui semble avoir déteint sur sa création). La scène qui clôt le film est à cet égard édifiante : elle nous montre Zuckerberg seul devant l’écran de son ordinateur portable, dans la salle de réunion où se déroule la procédure de conciliation qui l’oppose à son ancien associé, actualisant régulièrement son profil Facebook, dans l’espoir d’une réponse positive d’Erica à sa demande d’ajout à ses amis…

 

Jesse Eisenberg. Sony Pictures Releasing France

 

Comme on pouvait s’y attendre, The social network est un film efficace. Mais il ne devrait pas occuper une place majeure dans la filmographie de Fincher. Ni marquer durablement les esprits. En effet, malgré tout le talent du réalisateur, de son scénariste (Aaron Sorkin) et de son interprète principal (dans un rôle somme toute pas si éloigné de celui qu’il tient dans Bienvenue à Zombieland), rien n’est moins captivant que le destin de ce post-adolescent globalement antipathique. D’autres milliardaires ont eu des vies autrement plus exaltantes !

Pas de Cyd Charisse, de Joan Crawford, de Bette Davis, de Joan Fontaine, d’Ava Gardner, de Jean Harlow, de Rita Hayworth ou de Katharine Hepburn dans la vie de Zuckerberg, contrairement à Howard Hughes. On n’y croise seulement Sean Parker, le créateur de Napster, et Bill Gates. Pas très excitant (la décence m’empêche d’écrire un mot plus trivial…) tout ça !

Son existence n’est pas non plus agitée de passions dévorantes, comme l’aviation ou le cinéma. Rien que des codes sources, des algorithmes et (surtout ?) beaucoup de dollars gagnés très jeune.

Dans une société qui vénère l’argent, je ne doute pas que certains spectateurs éprouveront de la fascination pour cette bonne fortune, cependant il n’y a pas de quoi donner naissance à un mythe (du moins, j’espère que d’autres valeurs subsistent…) Nous decouvrons finalement que ces "génies" de la nouvelle économie sont  solitaire, antipathique, tricheur, peu soucieux des autres. Des Geeks géniaux, grands ados qui peinent à grandir

Finalement, peut-être Fincher aurait-il dû préférer au portrait -certes brillant- du fondateur de Facebook, une analyse sociologique d’un phénomène dont il est l’un des précurseurs…


Les 7 mensonges du film « The Social Network »

Dans les coulisses de Facebook :

 

 

Contexte du film : Le film est très largement inspiré du livre « The Accidental Billionaires » écrit par Ben Mezrich en s’appuyant sur les anecdotes et les documents fournis majoritairement par Eduardo Saverin pendant les poursuites judiciaires à l’encontre de Mark Zuckerberg.

 

Liste des mythes :

 

1. Zuckerberg a volé l’idée aux Winklevoss. Les réseaux sociaux à échelle d’universités existaient déjà plus ou moins sur de nombreux campus universitaires américains. Comme indiqué dans le film, l’administration d’Harvard souhaitait même en créer un. L’idée de ConnectU (ou Harvard Connection à l’époque) des frères Winklevoss était déjà dans l’esprit de beaucoup d’étudiants, mais personne n’avait fait le premier pas entrepreneurial. Mark Zuckerberg avait un contrat où il devait consacrer du temps à la plateforme sociale des frères Winklevoss, mais en a profité pour développer la sienne… il leur a volé du temps de développement et de la propriété intellectuelle.

 

 

2. A Harvard Mark n’avait pas d’amis et était exclu des groupes sociaux. Au contraire, en temps que lycéen il avait créé un programme analysant les préférences d’utilisateurs en musique pour proposer de nouvelles chansons pouvant leur plaire. Mark a décliné une offre d’achat du programme d’ $1 million de la part de Microsoft et AOL. C’était une star avant d’arriver à Harvard…

 

3. Eduardo Saverin était le seul à trimer. D’après les documents et témoignages les plus récents ce serait plutôt l’inverse. Son rôle était bel et bien de monétiser Facebook en créant un business plan et en recherchant des investisseurs. Il est parti en stage à Lehman Brothers tout l’été 2004 sans se préoccuper de Facebook, il aurait passé son temps à faire la fête et monter sa propre boite en parallèle.

 

4. Suite au premier financement par Peter Thiel de Facebook, Eduardo est venu à Palo Alto pour signer les nouveaux statuts et « signer son arrêt de mort ». Eduardo ne s’est jamais déplacé dans la Silicon Valley et a préféré rester à New York profiter des grosses soirées. Il aurait d’ailleurs signé les papiers depuis New York en Janvier 2005 (sans les lire avec un avocat) après avoir reçu de nombreuses relances de Mark et des avocats de Facebook. L’indice le plus probant de son désengagement vis-à-vis de l’entreprise Facebook est qu’il s’est plaint du coup bas en Avril 2005.

 

 

5. Investissement de $19k. Saverin a investit $15k en une fois pour acheter des serveurs pour héberger TheFacebook.com. Le seul intérêt de cette modification était de préparer la blague « mathématique » où Zuckerberg interrompt l’avocate pour recompter « 1 000 + 18 000 = 19 000, c’est bon vos maths sont correctes ».

 

6. Le plus jeune milliardaire du monde n’est pas Mark Zuckerberg. Dustin Moskovitz, le 3ème co-fondateur possède 6% des parts de Facebook ce qui équivaut à une richesse sur le papier de $1,86 milliards. Etant né le 22 mai 1984 soit 8 jours après Zuckerberg, il emporte donc la palme du plus jeune milliardaire du monde !

 

7. Eduardo est une victime qui se retrouve fauché. A la fin du film, nous apprenons que la somme touchée par Eduardo est restée « confidentielle ». Il a reçu 5% des parts de Facebook. Il est donc à la tête d’une fortune de 1,54 milliards de dollars! Cette fortune est bien évidement théorique car nous nous basons soit sur la valeur de Facebook calculée en observant le prix de l’action sur les marchés secondaires privés sur lesquels s’échangent les actions de la société (le montant serait donc de $30,9 milliards au 19/10/10). Une deuxième méthodologie se base sur les évaluations faites par les venture capitalists lors de leurs rounds de financement (le montant serait alors de $33 milliards).

 

Les « mensonges » du film décrits ici ont pour but de décrédibiliser le fondateur d’un site qui a volé la vedette à Hollywood en termes d’influence sur la jeunesse américaine. Eduardo Saverin aurait cependant pu fournir certains éléments plus scandaleux pour nuire à l’image de Mark Zuckerberg :

Le film aurait pu révéler que Zuckerberg avait « piraté », en utilisant des mots de passe Facebook, les comptes mails des journalistes étudiants du Crimson (la revue de Harvard), dans le but de découvrir en avant-première l’article qu’ils rédigeaient à propos de son site.

 

Un autre scandale qui vient de faire surface est le piratage de ConnectU. Où Mark Zuckerberg aurait changé toutes les informations du profil de Cameron Winklevoss, comme par exemple : « Intérêts : Essayer de trouver mon penis. Gaspiller l’argent de mon père. Ressembler à un crétin ».


 

 

Facebook est-il dangereux ?

 

7 ans plus tard, à 26 ans à peine, le gamin est une des plus grandes fortunes mondiales (devant Steve Jobs d'Apple s'il vous plait), fait plus d'un milliard de dollars de chiffre d'affaire, et possède un capital sympathie phénoménal auprès de la jeune génération. De quoi forcer le respect quand même devant autant de talent.  Mais passé les 4 lignes de pommades sur Facebook, tout le reste de l'actualité concernant ce réseau semble bien obscure, douteux, voir dangereux.

 Jugez-en plutôt avec les titres des dernières infos (moins de 24h) laissées par les plus grands sites d'actus sur internet :

 

The Social Network ou comment filmer les nouveaux maîtres du monde ?

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