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Cancer : Faut-il vraiment avoir peur de la fellation ?

On l’avait un peu oublié, mais les maladies sexuellement transmissibles ne se portent pas si mal que cela. Et s’adaptent tout naturellement aux pratiques en vogue. Dernier exemple en date, selon des travaux de chercheurs suédois publiés aux Etats-Unis par les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les cancers de la cavité buccale sont de plus en plus souvent provoqués par des infections de papillomavirus transmises sexuellement lors de rapports bucco-génitaux. En d’autres termes, la fellation sans préservatif n’est pas toujours sans conséquence.

 

 

Ce n’est pas franchement une découverte. Le virus du papillome humain (VPH)est responsable des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes : on estime entre 10 à 30% le nombre de personnes contaminées par ce virus. Ces virus peuvent ainsi provoquer des cancers du col de l’utérus, mais aussi de la bouche. «Plusieurs recherches montrent un accroissement de la fréquence des cancers oropharyngés avec une proportion croissante de ces tumeurs résultant d’une infection de papillomavirus humains chez des sujets devenus sexuellement actifs très jeunes et ayant eu de multiples partenaires», écrivent les chercheurs suédois. «Nous observons une lente épidémie aux Etats-Unis et dans des pays d’Europe du nord», ajoutent-ils.

Ce constat a conduit le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à reconnaître ces papillomavirus, en plus des causes traditionnelles que sont le tabagisme et la consommation d’alcool, comme un facteur de risque des cancers oropharyngés.

 

 

Il a suffi qu'une simplification journalistique crée le terme de « cancer de la fellation » pour que les médias s'emballent. A creuser l'étude américaine à l'origine de la flambée d'inquiétudes, on voit qu'il est trop tôt pour parler d'une recrudescence de cancers oropharyngés dus à la sexualité orale. En France, en tout cas.

« Si les pipes aussi deviennent dangereuses, alors qu'est-ce qu'il nous reste ? » ; un autre : « Et embrasser avec la langue aussi ça craint ? » Jouisseurs sans entrave versus partisans du safe sex, qui a raison ?

Tout part d'une énième étude américaine concluant que « les cancers de la cavité buccale augmentent nettement depuis une trentaine d'années en raison d'infections de papillomavirus transmis sexuellement lors de rapports bucco-génitaux ». Cette fois, l'étude vient du Centers For Disease Control And Prevention, la principale agence de santé publique américaine. Les auteurs écrivent :

« Plusieurs recherches montrent un accroissement de la fréquence des cancers oropharyngés avec une proportion croissante de ces tumeurs résultant d'une infection de papillomavirus humains chez des sujets devenus sexuellement actifs très jeunes et ayant eu de multiples partenaires. »

Plus de fellations et plus de cunnilingus donneraient plus de cancers de la cavité buccale, transmis par le virus HPV lors de rapports sexuels oraux.

Le papillomavirus humain (HPV) est un virus aux multiples variantes, et qui ne débouche que rarement sur une tumeur. Le dépistage par frottis et le vaccin ont fait diminuer le nombre de cancers du col de l'utérus qui en résulte, mais celui-ci fait encore 1 000 morts par an en France.

 

 

« Ne pas affaiblir le message sur le sida »

« Le sujet est à la mode », remarquent les spécialistes de ces cancers. L'Institut national du cancer annonce d'ailleurs le lancement en novembre d'un programme de recherche sur les cancers des « VADS » (voies aréodigestives supérieures), le premier du genre.

A l'Institut national de veille sanitaire (INVS), on constate certes une hausse des cancers de la gorge chez les femmes, mais :

« Elle est quatre fois moins importante que chez les hommes, et pourrait s'expliquer simplement par la consommation accrue de tabac. Aucune étude ne montre le lien avec la sexualité orale. »

Et aucune étude n'a été conduite, non plus, pour le savoir…

 

Les Etats-Unis et la Scandinavie en avance sur la recherche

Cela fait déjà près d'une dizaine d'années que des études américaines signalent le lien entre sexualité orale et certains cancers. En 2007, une étude parue dans le New England Journal of Medicine concluait ainsi :

« L'infection au papillomavirus est fortement associée aux cancers oropharyngés, que les gens cumulent ou pas le risque associé d'alcool ou de tabac. »

Selon Jean-Louis Lefebvre, chef du département de cancérologie cervico-faciale au centre de lutte contre le cancer, à Lille, des enquêtes américaines montrent que les cancers de la gorge et des amygdales (en hausse ces trente dernières années alors que ceux des lèvres, de la bouche et du larynx régressent) sont liés à 60% au HPV 16 et 18 :

« Les Etats-Unis et la Scandinavie sont en avance sur la surveillance grâce aux banques de tumeurs. Leurs études sur des cas témoins montrent que parmi les gens contractant ce virus, on trouvait des patients qui :

  • fument et boivent moins que la moyenne ;
  • ont davantage de partenaires sexuels que la moyenne ;
  • ont plus de contacts bucco-génitaux. »

Jean-Louis Lefebvre précise que :

« En France, les premières études dont on dispose montrent que 25% à 30% des tumeurs des amygdales proviendraient du HPV. L'avantage chez ces patients est qu'ils ont une bonne réponse aux traitements (chimiothérapie, radiothérapie), bien meilleure que les consommateurs de tabac. »

 

Vacciner les garçons ?

Le cancérologue insiste sur le fait qu'« il ne faut pas affoler bêtement les foules ni affaiblir le message de prévention sur le sida en disant “quelle que soit la sexualité, vous risquez quelque chose” ». Car, ajoute-t-il :

« Si on regarde chez les populations potentiellement plus à risque, comme les homosexuels, les prostituées, les séropositifs, on ne trouve pas plus d'infections au papillomavirus que chez les autres. »

Pourtant, il reconnaît que « mécaniquement parlant, oui, il y a un risque de transmission de ce virus HPV 16 et 18 donnant des cancers du col de l'utérus ou de la gorge par la sexualité ». Ce qu'on sait déjà puisque la France rembourse le vaccin contre ce virus pour les jeunes filles, une mesure discutée.

Dès lors, faudrait-il que les autorités sanitaires françaises se préoccupent de protéger aussi les garçons contre ce risque, dont on a constaté dans d'autres pays qu'il augmentait avec le changement des pratiques sexuelles ?

« Les autorités américaines ont jugé que, pour l'instant, le jeu n'en valait pas la chandelle », remarque le cancérologue. Bref, le spécialiste refuse de céder à un sujet d'actualité mais se félicite que les Etats-Unis ouvrent le débat, qui demande à être étayé par des enquêtes plus larges.

 

 

Banalisation de la sexualité orale en France

Ces pratiques « non pénétratives » représentent l'une des tendances de fond de la sexualité au cours de ces quinze dernières années, selon la troisième grande enquête nationale française : « Contexte de la sexualité en France » (CSF). Après l'enquête de 1970 et celle de 1992, l'étude CSF 2006 menée par Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (Ined) a analysé les pratiques sexuelles de 12 000 Français âgés de 18 à 69 ans.

 

Elle confirme la diffusion de la sexualité orale pratiquée régulièrement par deux femmes sur trois et autant d'hommes :

  • 70% des hommes et des femmes de 25-49 ans pratiquent régulièrement une sexualité orale ;
  • la fellation est pratiquée par 38% des femmes de 18-19 ans et 53% des femmes de 20-24 ans ;
  • le cunnilingus est pratiqué régulièrement par 46% des hommes de 18-19 ans et 59% des hommes de 20-24 ans.
  • 32% des femmes et 36% des hommes -et pas seulement les plus jeunes- ont parfois (dont certains « souvent ») des rapports sexuels sans pénétration et cela en dehors de pannes sexuelles.
  •  

Pratiques sexuelles différentes chez les jeunes américains

En France, la sexualité orale (active et passive) n'a été « expérimentée que par 5% des femmes et 10% des hommes qui n'ont pas eu leur premier rapport sexuel ». Des chiffres très éloignés de l'étude américaine de Wendy Chamber (Journal of sex research, 2007), relevée par un article du Larousse, qui montrait que parmi les étudiantes de 19 ans encore vierges, 40% avaient déjà pratiqué la fellation et 42% reçu un cunnilingus.

En France, on voit que la pratique augmente avec l'avancée dans l'âge adulte. « Fellation et cunnilingus sont devenus une composante très ordinaire du répertoire sexuel des individus et des couples », souligne l'enquête CSF. Tôt ou tard, les enquêtes épidémiologiques se pencheront sur la question d'un éventuel lien avec certains cancers.



Mis à jour le 22/10 à 19h38 : les homosexuels, prostituées, séropositifs ne pratiquent pas plus la fellation mais sont plus à risques.


lire 8 commentaires
geofindlove le 13/11/2010
Titre : bidon
Commentaire :
bidon
geofindlove le 13/11/2010
Titre : bidon
Commentaire :
bidon
biherve le 04/11/2010
Titre : Vaccin préventif ?
Commentaire :
Étant donné qu'un Vaccin existe, cette découverte peut, non pas blâmer ou condamner ces pratiques mais préconiser l'usage du vaccin pour tous puis que l'on sait déjà de façon certaine l'influence du virus sur ce type cancers mortels.

Avant d'attendre le remboursement dudit Vaccin puisque ce dernier existe, un homme peut-il demander aujour'd'hui à son médecin où un Labo de se faire vacciner contre le VPH
Si oui, à combien cela revient-il sans participation aucune de la sécu ? Si, pour quelques dizaines d'euros, on peut à présent s'en prémunir avant d'attendre une décision politique qui peut mettre 10 ans, pourquoi s'en priver ? D'autant que les hommes participeraient eux aussi à limiter la transmission du virus aux femmes, et chacun pourrait s'adonner aux rapports oraux-génitaux sans autre risque que celui des MST classiques.
Enfin, autre question (bien qu'aucun médecin semble participer à cet échange de commentaires qui risquent de rester lettre morte) 
Aux hommes ou femmes ayant déjà contracté ce virus, existe-t-il un quelconque dépistage et petit traitement pour empêcher sa progression ou développement en Cancer ?
keno54 le 29/10/2010
Titre : sperme
Commentaire :
y a t il des risque d avaler le sperme merci de me repondre car c est ce que je fais pour faire du plaisir a mon partenaire keno 54
DICKIES666 le 28/10/2010
Titre : les femmes heteros ne sont pas des populations a rique ??????
Commentaire :
« Si on regarde chez les populations potentiellement plus à risque, comme les homosexuels, les prostituées, les séropositifs, !!! JE CITE BIEN SUR !!  alors comme sa les filles, femmes heteros ne sucent pas???? en femme ya qu les putes qui sucent ???? decidement dans ce monde (et dans ce pays) je vais de surprise en surprise !!!!!!!
YOANN7 le 28/10/2010
Titre : les évangélistes de gregsuparcho
Commentaire :
Bonjour, ils t'ont fait quoi les évangélistes ?
Depuis toujours ils prêchent le message du Christ : l'amour universel.
Et ils ne se mêlent pas de pipes, cunnilingus ou autres sodomies... Cela appartient à la liberté et à l'intimité de chacun dont ils ne se mêlent d'ailleurs pas.
Ne penses-tu pas qu'il s'agirait plutôt de l'influence des mouvements marginaux sectaires et/ou homophobes auxquels je pense qu'il vaut mieux ne pas réagir au risque de leur donner de l'importance et attiser la polémique...
Mais c'est peut-être aussi vraiment scientifique et réel. Alors dans le bénéfice du doute et par mesure prudentielle suce que ton mec apprends à lui faire ça au top chaque jour encore mieux et laissent les autres bites à leurs amoureux...

Antoine de Dijon

otto17100 le 28/10/2010
Titre : nouveau on vient de découvrir la "pipe" dangereuse
Commentaire :
Je vois qu'aujourd'hui tout est bon pour tout culpabiliser, ces réflexions sont à mon avis quelque peu exgérées. La fellation existe depuis plus d'un millénaire, et ont découvre aujourd'hui que c'est dangereux.... je peu comprendre que la recherche a fait d'énormes progrets mais je pense, à mon avis qu'une mauvaise hygiène buccale est certainement plus responsable de tout cela.... pourquoi pas le chewing-gum, pourquoi pas l'alcool, pourquoi pas l'eau du robinet traitée par des produits !!!!! pourquoi pas le vinaigre ou tout autre aliment..... c'est grotesque.... ou alors il y aura bientot une nouvelle taxe sur la pipe!!!!
gregsuparcho le 28/10/2010
Titre : Je donne mon avis
Commentaire :

Bonjour,


Je me pose la question de savoir si l'influance des évangélistes ne seraient pas à l'origine de ce nouveau débat sur la sexualité bucale?


Il est vrai que si même cette sexualité très pratiquée est aussi à risque; que nous restent-il? Est-ce que cette découverte se penche uniquement sur la sexualité bucale? D'autres sources sont elles en recherchent également?


Gérard de Strasbourg

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