- Pourquoi les homosexuels sont ils tous des pédés ?
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Pourquoi les homosexuels sont ils tous des pédés ?
Lorsque nous avons rédigé notre page de présentation il y a un peu plus d’un an, il nous avait semblé essentiel d’établir qu’en dépit de nos sobriquets nous définissant comme les porte-drapeaux de minorités opprimées, nous n’étions ni des caricatures, ni des militants, ni des partisans du communautarisme. C’est pourquoi nous prîmes soin de préciser que La Meuf n’aimait pas ses congénères femelles, que Le Juif engloutissait plus de cochon que la figure de proue du jambon Madrange, et que L’Arabe n’était pas un spécialiste du crochetage de serrures. De mon côté, je me targuais sobrement d’avoir « zéro plumes dans le cul ».
Un an plus tard, je ne crois toujours pas être une caricature, certainement pas un militant, et encore moins un communautariste, mais je dois confesser que les récentes déclarations de nos amis Sexion d’Assaut, déjà traitées ici, suivies de leurs « excuses », sont le genre d’affaires qui me donnent envie de plumer une autruche pour m’en faire un traine de huit mètres de long.

C’est l’antisémite qui fait le juif, disait Sartre. Peut-on en déduire que c’est l’homophobe qui fait le pédé ?
Car non, les homosexuels ne se définissent pas uniquement par leur sexualité, et si ce qu’il est convenu d’appeler la culture gay est aussi « dans ta gueule », l’homophobe n’y est sans doute pas pour rien. Cette culture, faute d’un mot plus approprié, chaque homosexuel en porte en lui une part plus ou moins grande, et cela souvent bien avant que ne se pose la question sexuelle. Certains s’en drapent comme d’un étendard, d’autres font tout pour l’enfermer dans les tréfonds de leur subconscient, mais pour le meilleur et pour le pire, et qu’ils le veuillent ou non, les homosexuels sont tous des énormes pédés.
Et je ne fais pas exception à la règle. Pour mémoire, je n’ai pas consacré un, ni deux, mais bien TROIS posts d’une longueur inouïe à ma rétrospective Madonna. (A titre de comparaison, Woody Allen lui-même n’a eu droit qu’à deux parties.) Et en parlant de Madonna, j’ai, malgré des goûts musicaux relativement raffinés, une irrépressible passion pour la musique de pouffiasse. Elevé dans un foyer ou régnaient en maîtres Jean-Jacques Goldman et Phil Collins, aurais-je rompu avec la tradition familiale si j’avais été hétéro? Est-ce mon homosexualité qui m’a conditionné à tressaillir, tel le chien de Pavlov, au son de la voix de Debbie Harry ou des beats de Goldfrapp? Est-ce mon homosexualité qui fait battre mon coeur plus vite à la vision d’une création de Bob Fosse? Et est-ce mon homosexualité qui me rend sensible à ce genre de divinités:

Mais, plus précisément, quel est le point commun entre tous ces éléments, toutes ces inclinations, toutes les facettes de la culture gay? Entre comédie musicale, Hollywood du Golden Age, divas flamboyantes, pop de putasse, et créatures outrageusement hors-normes?
Deux choses: la théâtralité et l’artifice.
Deux penchants qui trouvent probablement leurs racines dans la répression. En effet, la vie des homosexuels démarre toujours sur un mensonge plus ou moins bien gardé: l’artifice est donc inhérent à leur condition, et a donc logiquement fini par être élevé au rang d’art. Et le secret, l’impossibilité d’être soi-même, sont vraisemblablement à l’origine de ce goût immodéré pour la théâtralité. En effet, lorsque l’on est trop souvent obligé de jouer à être quelqu’un d’autre, quoi de plus naturel que de se vautrer allègrement dans l’excès à l’instant où les masques tombent?
Donc Christine Boutin, si vous nous lisez, sachez que c’est VOUS, la responsable de ÇA:

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