- Delanoë, le boniface de Paris
Delanoë, le boniface de Paris, par Didier Lestrade
De passage à Paris, il y a quelques jours, je suis tombé sur le magazine de la ville de Paris, A Paris. Arrêtez de vous moquer, je vais juste donner mon avis. Au début, j’ai feuilleté les pages d’une manière distraite. Je n’attendais pas grand chose d’un gratuit municipal. Et puis, très vite, j’ai fini par réaliser que même dans ces brochures municipales, le message du maire de Paris, c’était : « Surtout, rien de masculin, rien de dangereux ».

On a beaucoup parlé du maire de Reykjavik en Islande qui est allé à la Gay Pride en travelo. Normal, c’est un acteur. On a beaucoup moins parlé du même élu, qui a surpris tout le monde en prévenant qu’il ne travaillerait qu’avec des partenaires (dans son camp ou contre lui) qui auraient vu l’intégrale des 5 saisons de « The Wire ».
Quand j’ai lu ça dans l’Herald Tribune, mon cœur a fait un bond, c’est comme si un EUREKA ! avait traversé ma journée. Enfin un homme politique qui annonce que son travail serait directement influencé par la série la plus politique de tous les temps, celle qui va au fond des problèmes urbains les plus insolubles, une série qui présente le monde à travers les quartiers pauvres de Baltimore. C’est comme si les spin doctors de Sarkozy décidaient, pour le remaniement ministériel prochain, de s’entourer uniquement de collaborateurs qui se comporteraient à longueur de journée comme les personnages de « The West Wing ». On peut toujours rêver…
Je sais très bien que je demande la lune. Espérer de Delanoë la moindre influence trouvée chez « The Wire », c’est un peu comme si vous attendiez de Fogiel une interview approfondie et sensible de Tony Kushner. Mffff, wtf. Mais penchons nous, si vous le voulez bien, sur le contenu de A Paris. Tiré à 1.150.000 exemplaires (c’est pas rien), c’est l’exemple typique du magazine qui n’a aucune saveur.
L’édition Automne 2010 débute en fanfare avec un édito du maire qui, dès la 9ème ligne, nous rabat les oreilles avec la politique de la ville pour les crèches et les haltes garderies. Je crois qu’il écrit ces textes pendant son coma. Intitulé « Les enfants dans la ville » (on nous a épargné « Les enfants dans la cité »), cet édito est tellement téléguidé qu’on a envie de se plaindre directement à la hotline de maltraitance. Peut-on aborder un autre thème pro-bobo, SVP ?
C’est l’ensemble des articles de ce canard municipal qui semble dédié « aux enfants de Paris, à leurs parents, à leurs enseignants », comme si ce maire ne parvenait pas à se libérer de l’obligation de s’affranchir de son homosexualité tout en dorlotant son électorat socialiste.
Delanoë, l’homme, semble mal à l’aise avec les hommes.
Source Didier lestrade
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