- Gayclic, mise en sommeil.
La raison d'être économique des réseaux sociaux, des sites de contenus et la bulle web 2.0
Avec la démocratisation d’Internet, les blogs ont le vent en poupe, on en compterait des dizaines de millions au niveau mondial. De l’ado au retraité tout le monde s’y met. Loin d’être une mode passagère, c’est devenu un phénomène de masse qui ne cesse de s’amplifier.
Gayclic, blog de contenu traite de l'actualité et de la culture gay depuis avril 2006.
GayClic.com mêle articles, extraits vidéo et photos.Le blog enregistre une moyenne mensuelle de 250 000 visites uniques/ mois. Ce qui a placé ce blog de contenu bien au dessus en trafic de Tetu.com.
Depuis plusieurs semaines Gayclic avait ralenti la cadence de parution de ces articles et bloqué la fonction commentaires.
Ce jour, Gayclic.com annonce sa mise en sommeil, pour une période non définie.
Cet arrêt plus ou moins long de Gayclic, met en avant la problèmatique de plus en plus grande de la viabilité économique des sites de contenu et du web en général.

Le ralentissement économique associé aux nombreuses incertitudes quant à la rentabilité des modèles économiques frappe de plein fouet le développement des sites de "réseautage social", mieux connu ici sous l'appellation social networking. Malgré l'extraordinaire engouement des internautes pour ces sites (près de 140 millions de visiteurs uniques se sont rendus sur Facebook , c'est l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble, désigne intuitivement une collection d’objets (que l'on appelle éléments...) de cette jeune industrie des réseaux sociaux qui pourrait s'écrouler.
Les investisseurs s'interrogent sérieusement sur le modèle économique de ces sites ainsi qu'à leur capacité à créer du chiffre d'affaires.
Certaines sociétés ont bien tenté différentes approches et applications publicitaires, mais le retour sur investissement reste limité. Les modèles de financement par la publicité n'ont pas eu, à l'instar d'un Google, de réel succès sur les sites de contenu et des réseaux sociaux. Il est vrai qu'un utilisateur de Google est plus susceptible de se laisser tenter par une publicité, qui plus est correspond à sa recherche se rendant sur Facebook pour communiquer avec ses amis ou lire un article sur un blog ou un site de contenu.
Il est ainsi paradoxal de constater que moins de 1% du budget total de la publicité numérique converge vers les sites de réseautage social alors que 37% des internautes adultes et 70% des adolescents les utilisent régulièrement.
Cependant, la viabilité économique du Web 2.0 pourrait bien se trouver dans sa capacité de générer du marketing direct ou du ciblage comportemental. Ces informations pourraient alors être monétisables par la publicité hors du seul circuit d'un site communautaire.
Il est difficile de ne pas faire l'analogie entre la bulle Internet de l'an 2000 et cette nouvelle bulle web 2.0, créée autour des sites de réseautage social et autres blogs de contenu. Personne ne veut croire en l'éclatement de cette bulle, mais toutes les parties prenantes en parlent.... De l'avis général, seul l'émergence d'un modèle économique viable contribuera à faire en sorte que les risques d'éclatement soient plus faibles.
Ainsi, le ralentissement économique, qui semble avoir calmé le gonflement prématuré de cette bulle, pourrait bien contre toutes attentes, avoir un avantage: laisser au web 2.0 le temps de trouver sa raison d'être économique.
La gratuité des contenus d’information sur internet semble avoir fait long feu.
Dans un rapport à paraître fin mars-début avril, le cabinet NPA Conseil passe en revue les différentes façons de rendre l’accès à l’information payant.
En quelques années, la situation du contenu en ligne a fortement évolué. Au début des années 2000, le web est un support encore très nouveau.
De nombreux titres l’investissent, parce qu’ils sentent bien qu’ils ne peuvent pas faire autrement, mais sans réfléchir plus avant à un modèle de rentabilité. La stratégie tient alors en une ligne : être présent pour ne pas se laisser dépasser par la concurrence. Le contexte économique relativement favorable permet alors de survivre sans trop de casse sur le réseau des réseaux. Puis, en 2008, la crise financière remet tout en jeu. Le modèle économique – ou son absence – trouve rapidement ses limites. Les recettes publicitaires ne sont pas à la hauteur des atteintes.
Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, pense que « la gratuité est un leurre », assujettissant les sites à un marché publicitaire en instabilité constante.
Face aux modèles gratuits, Mediapart a été pensé par ses créateurs comme un site d’information sans publicité, mais dont les articles sont bloqués par un pay wall (« mur payant »), qui empêche à l’internaute non abonné d’accéder aux contenus. En refusant la logique de l’audience à tout prix, nécessaire aux sites qui se rémunèrent sur les annonceurs, Mediapart se veut un journal complètement indépendant et libre de toute pression. Seule nécessité pour la survie de son modèle : un nombre minimum d’adhésion, à savoir un objectif est 65 000 lecteurs d’ici à fin 2010.
Ce pari de fidéliser un lectorat prêt à payer pour du contenu, c’est celui qu’a également fait Daniel Schneidermann en créant le site Arrêt sur images après son éviction de France 5 en 2007 : mais contrairement à Mediapart, il a bénéficié d’un fort taux d’adhésion dès la mise en ligne du site, grâce aux nombreux aficionados de l’émission télé.
Générant un trafic bien moindre à celui dont bénéficient Slate.fr ou Rue89, Mediapart et @rrêt sur images se positionnent ainsi sur une logique opposée, mais pas forcément plus facile à monétiser : dans les deux cas, l’année 2010 sera pour plusieurs de ces sites une étape cruciale, à savoir celle de la dernière chance pour arriver à l’équilibre.
Nous aimions beaucoup le travail de l'équipe de Gayclic et souhaitons qu'ils trouvent rapidement une solution pour que Gayclic continue d'exister.
http://www.editions-rlo.com : La folie des blogs
En ligne le 7/09/2010
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