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Culture & Cinéma

Le dernier été de la Boyita


Le dernier été de la Boyita

de Julia Solomonoff

 


L'histoire :

Cet été-là, tout changea : mes parents se séparèrent, ma sœur aînée devint une étrangère qui entrait dans l’adolescence et m’abandonnait à mon enfance, ne voulant plus jouer dans la Boyita, la roulotte garée dans le jardin, théâtre de nos confessions et aventures…

Cet été-là, je partis à la campagne en quête de Mario, le fils des paysans. Et sans le savoir, sans l’avoir planifié, nous entrevîmes, les yeux écarquillés, le cœur ouvert, les mystères de la sexualité, découvrant une réalité que les adultes n’osent affronter.
Cet été-là, le dernier été de la Boyita, je sus que le monde était beaucoup plus complexe, confus et fascinant que ce que j’avais cru. Que la Boyita ne serait plus ni un nid, ni un refuge. Que mon enfance touchait à sa fin.

 

 

On en parle :

Le cinéma argentin se distingue par ses thématiques. Après l'excellent Dans ses yeux de J.J. Campanella, voici Le dernier été de la Boyita de J. Solomonoff.

Bien sûr, être adolescent peut vouloir dire rébellions pour les parents, mais ce n’est pas du tout le sujet du film ! L’adolescence c’est d’abord l’âge de la prise de conscience de son corps, de son sexe, des différences.

La grande sœur commence à s’intéresser aux garçons, la petite fille entend parler de menstruation… mais la véritable complexité de la question se cristallise sur le personnage de Mario, identifié par erreur comme un garçon à sa naissance.


Fille et/ou garçon

Mario est le jeune fils d’une famille d’agriculteur dans la pampa argentine. Leur propriétaire terrien, médecin de profession y vient en vacances avec sa fille Jorgelina. Les deux enfants se connaissent et s’apprécient. Mario doit quitter l’école pour travailler la terre et devenir un homme en prouvant qu’il est bon cavalier à la fête du village ; Jorgelina est une petite fille insouciante. Tout porte à croire qu'ils grandissent sur des routes bien distinctes mais ce serait sans compter sur la force des relations humaines.

 



Mario ne comprend pas les changements de son corps, et ses parents refusent de voir l'inconcevable. Depuis qu’il saigne, Mario s’est installé seul dans une grange, il se met un bandage sur la poitrine, il ne veut plus se découvrir et se renferme dans un semi-mutisme que seules la légèreté et la sensibilité de Jorgelina vont arriver à percer. Jorgelina observe, devine, s’approche doucement, recherche dans les livres des réponses à ses questions… elle veut aider son ami à se libérer de son mal être.



Plus que la question de l’identité corporelle, Julia Solomonoff filme le tissage des liens de ses deux jeunes personnages, leurs échanges, leur compréhension mutuelle malgré les non-dits, malgré leurs différences. Mais quelles différences au final ?
Le corps au cinéma

Le dernier été de la Boyita permet aussi à la réalisatrice un travail cinématographique sur le corps, la peau, la lumière, le soleil sur la peau. Un gros plan sur la nuque de Mario, la peau dorée au soleil de Jorgelina et sa désinvolture lumineuse, l’intimité dans des intérieurs sombres, autant de plans qui marquent la rétine et rendent cette histoire d’autant plus humaine.

 



Sortie le 8 septembre 2010 sur vos écrans

Le dernier été de la Boyita (El último Verano De La Boyita) de Julia Solomonoff sortira au cinéma le 8 septembre mais il a déjà parcouru plusieurs festivals en 2010 et reçu de nombreux prix : le festival Paris Cinéma, les Rencontres du Cinéma d'Amérique Latine de Toulouse (Prix du public), festival de Malaga (Prix de la meilleure réalisatrice), Festival Vues d’en Face de Grenoble (Prix du public), festival de Sofia (Prix spécial du jury) festival de Miami (prix du meilleur scénario).

 

2009, fiction, 1h30, 35mm, couleur
vo. espagnol / s.t. français

Scénario et réalisation  : Julia Solomonoff
Image : Lucio Bonelli
Montage : Rosario Suarez
Son : Lena Esquenazi
Production : Domenica Films S.R.L. / Travesía Producciones / El Deseo S.L.U. / Epicentre Films

Interprétation : Guadalupe Alonso, Nicolás Treisse, Arnoldo Treisse, Mireilla Pascual, Gabo Correa, Sylvia Tavcar

 

 



lire 1 commentaire
Luka6 le 08/09/2010
Titre : Je le recommande
Commentaire :
Ce film est vraiment génial, je l'ai vu en avant première à Rennes et franchement, je vous conseille d'aller le voir, il est poétique, doux et au delà du fait qu'il fait partie de ces très beaux films qui questionnent le genre et l'identité sexuelle, il a une qualité primordiale pour un film: on a envie de rester jusqu'au bout, de connaître la suite, les personnages, toujours plus. Bref, c'est vrai que le film mérite cet article élogieux :)
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