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La plaidoirie de l’avocate de SOS homophobie


La plaidoirie de l’avocate de SOS homophobie


Pour SOS homophobie, la plaidoirie de Maître Caroline Mécary a un double fil conducteur : le choix et les faits, en nommant à chaque fois la personne liée à ces faits.

 

 

Elle rappelle ainsi qu’à chaque moment, les agresseurs avaient la possibilité d’arrêter, et que pourtant ils ont choisi en toute connaissance de cause d’aller jusqu’au bout de leurs “actes ignobles” : “Ils ont choisi le lieu : les portes du Marais. Ils ont choisi de boire.

Ils ont choisi de dépouiller les victimes. Ils ont choisi de répondre avec des pluies de coups de pieds et de poings. Ils ont choisi d’effacer les empreintes comme ceux qui tuent. Ils ont choisi la barbarie gratuite face à des hommes différents, différents parce qu’ils sont homosexuels ou perçus comme tels. Ils ont choisi de recommencer une fois, deux fois, trois fois. Ils ont choisi de faire croire qu’ils étaient gays. Ils auraient pu laisser Bruno Wiel en chemin dans Paris, ils avaient le choix, ils savaient qu’il n’avait pas de carte bancaire dans son pantalon ou sous son t-shirt.

Non. Ils ont fait le choix du parc à Ivry. Ils ont fait des choix terribles dans ce parc : cogner, plusieurs minutes, une éternité. Ils avaient la possibilité d’arrêter de fracasser la tête de Bruno Wiel quand il suppliait d’arrêter. Non. Ils ont choisi de continuer. Ils avaient la possibilité d’arrêter. Non. Ils se sont acharnés sur un homme à terre et l’ont laissé pour mort. Chaque coup, chaque insulte homophobe est un choix.”

 

Caroline Mécary poursuit en s’adressant directement aux agresseurs : “Il faut que ce que je vous dis, vous l’entendiez. Ce n’est pas la peine de plonger vos têtes dans vos mains, il faut que vous l’entendiez avec des mots crus et pas avec vos mots éthérés et édulcorés.

Que reste-t-il dans la bouche des agresseurs ? De petits mots anodins : ‘on a fait une petite connerie’, ‘vous savez quand ca part en couille’, ‘il y a eu des dommages collatéraux’…

Le pire du pire, c’est de taper à coup de pied dans le bâton enfoncé dans l’anus de Bruno Wiel.” Et elle continue sur les choix conscients fait par les agresseurs contre le corps traumatisé de Bruno Wiel : “Ils ont choisi de déplacer le corps comme on déplace un cadavre. Ils ont choisi de donner une deuxième mort symbolique à Bruno Wiel en brûlant sa carte d’identité et ses vêtements. I

ls ont choisi de massacrer son visage, signe de l’individualité et de l’identité, par haine des homosexuels. Ils ont fait le choix de le laisser mort. Ils ont fait le choix d’organiser leur défense.

 

Puis, ouvrant son réquisitoire sur le viol, elle accentue son propos : “Ils ont fait le choix du viol, parce qu’enfoncer un bâton dans l’anus, c’est un viol. Il faut redonner du sens aux mots. Dans cette affaire, la police a fait un travail remarquable, les juges ont fait un travail remarquable, l’audience d’assises a permis un débat complet.

Mais comment cela s’appelle-t-il, ce qu’a subi au plus profond de sa chair Bruno Wiel ?

Cela, Mesdames et Messieurs les membres du jury, c’est un viol homophobe. C’est parce qu’il est homosexuel que Bruno Wiel a été sodomisé, a subi des sévices sexuels, a été victime d”actes de barbaries.

 

Dans ce procès, on ne parle pas de la ‘Chose’, on ne la nomme pas, d’ailleurs on n’a pas retenu le qualificatif de viol. Or qu’est ce qu’introduire un bâton dans l’anus, lui faire subir des mouvements de va-et-vient, de le ressortir couvert de sang et de recommencer, si ce n’est un viol ?

 

Vous voyez, Mesdames et messieurs les membres du jury, il y a encore du chemin à parcourir pour que soient pris en compte les crimes homophobes. Et c’est ce que vous allez devoir juger : un crime homophobe. SOS homophobie se porte partie civile pour que les hommes et les femmes victimes de crimes homophobes et qui ne peuvent se défendre parce qu’ils et elles ont peur, parce qu’ils et elles ont honte, parce qu’ils et elles n’osent pas le faire.

 

Des hommes et des femmes qui préfèrent le silence qui pèse sur ces crimes. En tant que juré-e-s, vous avez une responsabilité importante dans l’arrêt que vous allez rendre. Il faut que Bruno Wiel entende qu’il a été victime d’un viol homophobe.

Il faut que les 3 millions d’hommes et de femmes de ce pays qui ont peur de ces prédateurs qui utilisent la faiblesse entendent que les actes de barbarie sont intolérables en France. Qu’ils sont une atteinte à la dignité humaine. Votre arrêt est très important car il est attendu. Il est nécessaire, il est impératif pour tous les agresseurs d’homosexuel-le-s que votre arrêt soit un coup d’arrêt à la violence homophobe.”

 

Caroline Mécary termine sa plaidoirie en rendant hommage publiquement à Bruno Wiel pour le courage dont il a fait preuve face à ces agresseurs : “Bruno Wiel est un homme digne et debout. En rendant justice à Bruno Wiel, vous rendrez justice à tous les hommes et les femmes qui ont été victimes d’actes homophobes.”

 

 

Publié le 27 janvier 2011  - Source  Blog de philippedurand.over-blog.com

 

Agression de Bruno Wiel: le procès de l'homophobie


 

Bruno Wiel, le procès de l’homophobie

 

La justice va devoir déterminer si ses agresseurs l’ont torturé uniquement parce qu’il est homosexuel.

C'est un procès particulièrement douloureux, le procès de l'homophobie, qui s'est ouvert mardi devant la cour d'assises du Val-de-Marne. L'histoire du calvaire d'un jeune homme de 28 ans, Bruno Wiel.

Le 19 juillet 2006, à la sortie d'un bar gay à Paris, il croise la route de quatre jeunes de banlieue désœuvrés. Il accepte de monter dans leur voiture dans des circonstances encore floues et se retrouve dans un parc de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Il y est tabassé, brûlé, sodomisé avec des batons et laissé pour mort. Il sera retrouvé le lendemain, recroquevillé et nu.

Bruno Wiel a ensuite passé 15 jours dans un coma puis sept mois à l'hôpital. A son réveil, la victime n’avait aucun souvenir de ce qui lui est arrivé.

 

Entretien de Bruno Wiel sur Europe1



“Ma tête était un ballon de football“

Son calvaire, Bruno Wiel l’a appris plusieurs mois après être sorti de l'hôpital. Sa mère et ses proches lui ont raconté très progressivement ce qu'il avait vécu. C'est ensuite dans le cabinet de son avocate, quand il en avait le courage, qu'il a lu page après page son dossier.

Bruno Wiel a subi une avalanche de sévices. “Ma tête était un ballon de football“, témoigne-t-il aujourd’hui au micro d’Europe 1, avant de confier qu’il “redoute énormément la première journée de procès“, face à ses agresseurs. Il a en revanche une certitude : ces derniers voulait “casser du pédé“.

Aujourd'hui, Bruno Wiel conserve de nombreuses séquelles : il ne peut pas courir, ni faire de sport et ressent des douleurs persistantes dans la mâchoire.

 


Une bande qui ciblait les homosexuels ?

Son cas est d’autant plus symbolique que les accusés auraient agressé deux autres personnes qui, elles, n'ont pas voulu ni porter plainte ni témoigner. Malgré leur silence, pour Me Caroline Mecary, l’avocate de SOS homophobie, il n’y a aucun doute : il s’agit d’agressions homophobes.

 

“On a toujours les mêmes actes qui reviennent : le visage qui est massacré, dans 99% des cas, un petit peu comme si le ou les agresseurs avaient une volonté de détruire le visage qui symbolise l’altérité. Ils ne sont pas en mesure de supporter cette altérité. C’est vraiment un point qu’on retrouve dans toutes les agressions à caractère homophobe“, décrypte-t-elle.


Un manque de chiffres sur ce type d’agression

Les agressions homophobes ne font en France l’objet d’aucune étude statistique officielle, mais l'association SOS homophobie a mené sa propre enquête, basée sur les appels passés sur sa ligne d'urgence. Selon ses membres, les appels sont en constante augmentation : parce que les violences se multiplient, mais aussi parce que les victimes ont moins honte d'en parler.

Les quatre accusés risquent la réclusion à perpétuité, d’autant que, depuis 2004, le caractère homophobe d’une agression est une circonstance aggravante, au même titre que le racisme ou l'antisémitisme.

 

 
 
 
Le verdict est attendu le 28 janvier.
 
 

Témoigner, c'est lutter contre l'homophobie

Ce guide pratique  édité par SOS HOMOPHOBIE s'adresse à tou-te-s celles et ceux qui sont chaque jour victimes d'injures, de discriminations, de harcèlement ou de coups, parce qu'ils et elles sont lesbiennes, gays ou bi, et qui veulent connaître leurs droits pour se défendre.

Télécharger le guide :


 
Publié le 23 janvier 2011
lire 2 commentaires
NOEL31 le 29/01/2011
Titre : justice pas asser sévere contre humain
Commentaire :
SUITE A LA PROCEDURE ELLE NA PAS ETAIS ASSEE FERME SUR LA CONDUITE DE SES PERSONNES SACHANT QUE LA FRANCE DANS LA LOIS JE REVOIE JUSTICE EGALITE ET FRATERNITE  QUON M.EXPLIQUE REEL OU SE SON SES THERME LA LES AVOCATS DEVRAIS RAPPELLE A LEURS AGRESSEUR QUE TOUS INDIVIDUE DOIT ETRE RESPECTER ET VIVRE LEUR VIE J.EXPERE REEL QUE EN PRIZON D.AUTRE TENUE SE CHARGERAS DE LEUR DONNER UNE BONNE BRANLEE QUON LEUR FACE BOUFFER LEUR COUILLES MR CAILLAUX LEON DE TLSE
Fumiko le 28/01/2011
Titre : !
Commentaire :
justice enfin rendue!
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