Du 24 avril au 15 mai 2010
L’innocence et la beauté de Billy Budd, embarqué sur un navire de guerre, sont livrées en pâture à la méchanceté des hommes. Inspiré par Melville, Billy Budd est l’âpre récit de l’inéluctable sacrifice de l’ange. Un magnifique opéra empreint de désir au masculin et d'homosexualité.
Un fragment de terre flottant sur la mer, cerné par la brume : Billy Budd se passe à bord de L’Indomptable, un navire anglais dont on ne sait d’où il vient et où il va, un monde en soi égaré dans l’infini. Chez Britten, la mer n’est pas prétexte à étude de timbres ni à variations, elle n’est pas la grande vague bleue d’Hokusai, elle n’est même pas une menace ou un refuge. Elle est une présence et une profondeur, ce mystère où s’abîme toute douleur et où finit par disparaître toute vie. Le jeune matelot Billy Budd se rêvait albatros et roi des oiseaux, aimait s’enivrer de grand large. Embarqué de force sur un navire de guerre, son innocence et sa beauté sont livrées en pâture à la méchanceté des hommes – pas une voix féminine dans cet opéra. L’Indomptable est une arène : il sera sa prison puis son tombeau. Inspiré par l’ultime récit d’Herman Melville, Billy Budd est l’âpre et poignant récit de l’inéluctable sacrifice de l’ange.

Billy Budd Britten
OPÉRA EN DEUX ACTES (1964)
MUSIQUE DE BENJAMIN BRITTEN (1913-1976)
LIVRET D’EDWARD MORGAN FORSTER ET D’ÉRIC CROZIER D’APRÈS LA NOUVELLE D’HERMAN MELVILLE
En langue anglaise
JEFFREY TATE Direction musicale
FRANCESCA ZAMBELLO Mise en scène
ALISON CHITTY Décors et costumes
ALAN BURRETT Lumières
PATRICK MARIE AUBERT Chef du Chœur
KIM BEGLEY Edward Fairfax Vere
LUCAS MEACHEM ° Billy Budd
KURT RYDL John Claggart
MICHAEL DRUIETT Mr Redburn
PAUL GAY Mr Flint
SCOTT WILDE Lieutenant Ratcliffe
ANDREAS JÄGGI Red Whiskers
IGOR GNIDII Donald
YURI KISSIN Dansker
FRANÇOIS PIOLINO The Novice
JOHN EASTERLIN Squeak
FRANCK LEGUÉRINEL Bosun
PAUL CRÉMAZY Maintop
VLADIMIR KAPSHUK The Novice’s Friend
ORCHESTRE ET CHŒUR DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS
MAITRISE DES HAUTS-DE-SEINE/ CHŒUR D’ENFANTS DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS
OPÉRA BASTILLE
Métro Bastille
8 représentations du 24 avril au 15 mai 2010
Samedi 24 avril 2010 19h30
Mardi 27 avril 2010 19h30
Jeudi 29 avril 2010 19h30
Lundi 3 mai 2010 19h30
Samedi 8 mai 2010 19h30
Lundi 10 mai 2010 19h30
Jeudi 13 mai 2010 19h30
Samedi 15 mai 2010 19h30
TARIFS
138€ 116€ 92€ 76€ 54€ 35€ 20€ 9€ 5€
INFORMATIONS / RÉSERVATIONS
Téléphone : 08 92 89 90 90 (0,337€ la minute)
Internet : www.operadeparis.fr
Guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille tous les jours de 10h30 à 18h30 sauf dimanches et jours fériés
AUDIO-DESCRIPTION POUR DÉFICIENTS VISUELS les 24, 27 avril et 13 mai 2010
CONTACT : 01 40 01 18 50

A Lire :
Le compositeur
Benjamin Britten, né à Lowestoft en 1913, mort à Aldeburgh en 1976. Elève de Frank Bridge, auteur, dès sa dixième année, d'une Simple Symphony, Benjamin Britten fait sa véritable entrée dans la musique à Florence, en 1934, avec la création de son Quatuor-Fantaisie pour hautbois et cordes. Par la suite, des oeuvres comme Les Illuminations, sur le texte de Rimbaud, ou la Sérénade pour ténor, cor solo et cordes lui permettent d'affirmer son style et sa personnalité. En 1945, la création de Peter Grimes marque à la fois la naissance de l'opéra anglais moderne et le début de sa carrière comme musicien dramatique. De nombreux ouvrages lyriques suivront, parmi lesquels : Le Viol de Lucrèce en 1946, Albert Herring en 1947, Le Tour d'écrou en 1954, Le Songe d'une nuit d'été en 1960, Mort à Venise en 1973. Britten est aussi l'auteur d'un grand requiem écrit pour l'inauguration de la cathédrale de Coventry, le War Requiem, et de plusieurs œuvres pour violoncelle créées par Mstislav Rostropovitch. N'appartenant à aucun groupe ni à aucune école, influencé par Purcell et le folklore anglais, mais aussi par des musiciens aussi différents que Berg, Verdi, Moussorgski ou Debussy, Britten s'est forgé son langage à l'écart des modes et des coteries et a tout simplement cherché à adapter ses moyens aux besoins des sujets qu'il mettait en musique.
L’œuvre
Billy Budd a été commandé à Britten pour le " Festival of Britain " de 1951. Il s'agit d'un des très rares opéras qui ne comportent pas de rôles féminins. Le livret, tiré de la nouvelle de Melville, Billy Budd, marin, a été écrit en collaboration avec E. M. Forster (l'auteur de Maurice et de Avec vue sur l'Arno) et avec Eric Crozier. Dans sa nouvelle, Melville mettait en scène un jeune et beau marin, Billy Budd, que le maître d'armes, Claggart, prenait d'emblée en haine et accusait injustement de fomenter une mutinerie. Le navire sur lequel se déroulait l'histoire n'était que le microcosme de la société où le Bien (Billy) et le Mal (Claggart) s'affrontaient sous le regard indécis du maître de bord, le capitaine Vere. Britten y vit le thème de l'innocent persécuté, qui, comme le Christ, prend sur lui les fautes de l'humanité, thème qui lui était cher et qu'il avait déjà traité, en particulier dans Peter Grimes. Il fut sensible aussi à la fascination qu'exerce le héros sur les autres personnages et, en accord avec ses librettistes et aussi loin qu'il était possible à l'époque, accentua la dimension homosexuelle qui, bien que présente dans la nouvelle de Melville, n'était pas aussi explicite.

La création
Billy Budd a été créé au Covent Garden de Londres, le 1er décembre 1951, dans une version en quatre actes. Une seconde version en deux actes, plus proche de la nouvelle de Melville, a été créée dans le même théâtre, treize ans plus tard. En France, l'oeuvre a été représentée pour la première fois en 1952, au Théâtre des Champs-Elysées, dans la production du Covent Garden. La première production française a été réalisée en 1993, à Nancy, dans une mise en scène d'Antoine Bourseiller (spectacle présenté ensuite à Toulouse).
Argument
Prologue
Le capitaine Edward Fairfax Vere se souvient... C'était en 1797, l'Angleterre était en guerre contre la France. Le capitaine commandait alors L'Indomptable...
Acte I
Les hommes d'équipage briquent le pont de L'Indomptable. Un jeune novice heurte accidentellement le maître d'équipage. Il est condamné à être fouetté. Après l'arraisonnement d'un navire marchand, Les Droits de l'homme, trois nouvelles recrues enrôlées de force sont présentées au maître d'armes, John Claggart. Parmi eux, Billy Budd, gabier de misaine, qui force la sympathie de tous. Beau et fort, il n'a qu'un seul défaut : sous le coup d'une émotion, il bégaie. Ses adieux à son ancien navire sont mal interprétés par les officiers qui y voient le signe d'une intention révolutionnaire, un salut aux droits de l'homme promulgués par la Révolution Française qu'ils combattent. Claggart ordonne à Squeak, son agent, d'épier Billy et de le compromettre autant que possible. Les vieux marins Donald et Dansker expliquent aux nouvelles recrues que chacun, tôt ou tard, aura son lot de punitions, justifiées ou non. Ils les mettent en garde contre Claggart et font l'éloge du capitaine Vere, admiré pour son courage et sa bonté. Les officiers s'attendent à devoir engager le combat d'un instant à l'autre et redoutent les risques de mutinerie. Vere calme leurs inquiétudes au sujet de Billy, toujours soupçonné de sympathies révolutionnaires. Billy surprend Squeak en train de fouiller sa couchette. Une bagarre s'ensuit. Claggart jure d'en finir avec ce garçon, incarnation détestée de la beauté et de la bonté. Il contraint le novice à l'inciter à se mutiner. Mais Billy ne tombe pas dans le piège. Dansker met en garde Billy contre la haine de Claggart mais il refuse de le croire.
Acte II
Un navire ennemi est signalé et les hommes d'équipage se préparent à la bataille. Mais le vent tombe et la poursuite est abandonnée. Claggart renouvelle son accusation contre Billy. Sous l'emprise de l'émotion, Billy se met à nouveau à bégayer et frappe violemment Claggart, qui s'effondre, mort. Un tribunal improvisé juge Billy. L'innocence du marin est évidente. Vere sait que le geste du jeune homme est une manifestation de la justice divine mais le règlement exige qu'il soit condamné à mort. Billy pense à la mort sans amertume. L'équipage est prêt à se mutiner pour le sauver mais il refuse. Avant d'être exécuté, Billy bénit le capitaine. Les hommes reprennent les dernières paroles de Billy dans un grondement menaçant. Les officiers rétablissent l'ordre en dispersant l'équipage.
Epilogue
Longtemps après, dans sa vieillesse, le capitaine ne parvient pas à oublier Billy. Il aurait pu le sauver... En acceptant sa bénédiction, il trouvera peut-être la paix.



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