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Parfums d'intimité de Michel Tremblay d'après Les Anciennes odeurs



L'image que l'on donne...
Deux amants se retrouvent trois ans après leur séparation. Et c’est bien de séparation dont il est question dans ce texte de Michel Tremblay. Séparation de deux amoureux, d’un père et de son fils, d’un écrivain et de son ego, d’un acteur et de son rôle.



[Parfums d’intimité] Luc (Vincent La Torre) vient donc trouver Jean-Marc (Renato Ribeiro), son ancien amant, pour lui annoncer le décès imminent de son père. Cette rencontre va être pour les deux hommes l’occasion de parler.
Tout ce qui était impossible à dire quand ils vivaient ensemble va ressortir avec humour et/ou méchanceté. Entre reproches et regrets pudiques, ils passent en revue les quatre années de vie commune.


Chacun esquisse le tableau de son échec, sans chercher d’excuse, mais en démontrant l’importance de l’image que l’on donne. Celle qui faut préserver pour ne pas choquer. Celle que, par fatigue, lâcheté diront ceux qui jugent, on finit par accepter pour vivre en paix. Celle qui les oblige à des compromis, à des mensonges et qui les jours de tristesse les conduit à ne plus s’aimer eux-mêmes.

« Être quelconque quand on voulait changer le monde, c’est difficile », dit l’un deux. Il est question de leur homosexualité et de leurs difficultés à la vivre, chacun pour des motifs différents. Mais c’est bien la question de la sexualité – « J’parle pas d’amour là, j’parle d’orgueil » – qui est posée, qu’elle soit homo ou hétéro.

 

     


Michel Tremblay ne nous raconte pas un conte de fées ou une histoire extraordinaire. Il nous invite à partager les questions d’un prof et d’un acteur, de deux hommes qui n’ont que peu de personnes à qui parler et peu de temps pour le faire.
Christian Bordeleau (metteur en scène) a choisi la sobriété pour nous laisser « témoin libre » de ce qui se dit. Aucun effet ne vient souligner tel ou tel trait du personnage ou de la situation.


Vincent  La Torre et Renato Ribeiro sont au diapason de la mise en scène, sobres et touchants. Il y a notamment un très beau monologue de Renato Ribeiro sur la condition d’écrivain.


On sort heureux de ces Parfums d’intimité. Pas seulement parce que pendant une heure trente on a écouté un prof et un acteur, deux professions qui pourraient disparaître les cinq prochaines années, mais aussi parce qu’on a vaguement l’impression de les avoir un peu connus. De s’être compris.



Célio-Noël Ménard
Les Trois Coups



Parfums d’intimité Texte : Michel Tremblay les lundis et mardis à 20h00


OU :

Les Feux de la Rampe  • 2, rue Saulnier • 75009 Paris

Réservations : 01 42 46 26 19

lesfeuxdelarampe@gmail.com

www.theatre-lesfeuxdelarampe.com

Adaptation et mise en scène : Christian Bordeleau

Comédiens : Vincent la Torre et Renato Ribeiro

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