Hotel Woodstock
Réalisé par Ang Lee
Avec Demetri Martin, Imelda Staunton, Liev Schreiber, Jeffrey Dean Morgan, Paul Dano, Emile Hirsch, Dan Fogler, Eugene Levy, Kelly Garner, Jason Antoon, …
Sortie française le 23 septembre 2009
L'histoire :
1969. Elliot, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
Avis
Ang Lee a gagné tous les prix les plus prestigieux (Ours d’or avec “Raison et sentiment”, Lion d’Or avec “Lust, Caution”, Oscars et Golden Globes avec “Brockeback Mountain”…). “Hotel Woodstock” marque son retour à Cannes, un festival ou il n’a encore rien gagné. Pour cette année, il devait seulement conquérir la sympathie du public, ce qui n’est déjà pas mal.
Le fil de la carrière d’Ang Lee est difficile à suivre. Ses films sont tous très différents et fonctionnent chacun sur un principe assez consensuel qui lui permet de ratisser toujours large, ou presque, et peu importe ses choix de films. Ce n’est pas démenti aujourd’hui, au contraire.
Hotel Woodstock trouve cette année à Cannes une place qu’on ne lui aurait pas prédit si l’on avait découvert le film en amont du festival. Cela prouve la grande ouverture constatée dans cette sélection pour les films de genres (cf Thirst de Park Chan-Wook ou le film de Lars von Trier). On entend souvent par genre, SF, fantastique et horreur mais la comédie est bien un genre à part entière, et Hotel Woodstock, ce n’est que ça : une gentille comédie. Ce n’est pas si fréquent de retrouver une simple comédie en compétition à Cannes.
Le film évoque la mise en place du festival de Woodstock, dont nous fêtons cette année le quarantième anniversaire. Aucune place n’est faite à la musique. Le seul enjeu, c’est l’organisation du festival. On découvre une galerie de personnages hauts en couleurs, tous plus drôle les uns que les autres (mentions spéciales à Imelda Staunton et à Liev Schreiber). Les dialogues, les situations, tout est savoureux. Hotel Woodstock ne faiblit en plus quasiment pas et l’on rit de bon coeur pendant deux heures bien pleines.
En tant qu’objet de cinéma, Hotel Woodstock n’est pas fabuleux pour un sous mais pour le reste, c’est un ravissement. Quand on constate le succès actuel de Good Morning England, on se dit que le film d’Ang Lee a toute les chances de cartonner lui aussi au moment de sa sortie. C’est une très bonne nouvelle, tant les vraie bonnes comédies populaires sont rares.
Benoît Thevenin (de Lanterna Magica)
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