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Edito & L'éditorial

L'édito du 25.02.08


« Touche-moi pas. Tu m’salis !
Alors, casse-toi pauvre con. » Le rapport SM est un art. Rien à voir avec la vulgarité de langage à l’œuvre en ce moment au sommet de l’État. L’art de dominer, voilà le titre d’un livre paru aux éditions Tabou. Idem pour L’art de se soumettre. Tout deux indispensables pour développer une saine relation de domination ou de soumission. Janet Hardy et Dossie Easton, les auteurs, expliquent avec une grande simplicité les avantages qu’il y a d’expérimenter un temps des liens extra ordinaires. Les parenthèses dans nos vies ont cela de bénéfique qu’elles révèlent aux yeux de celles et ceux qui les vivent d’étranges capacités de mises à distance. Ce n’est visiblement pas le cas de notre Président. Car la liaison SM sublime des échanges de sensations. C’est un must de la distanciation, tandis qu’au Salon de l’agriculture, c’est un parangon de vulgarité. La révélation du week-end tient en peu de mots. D’un côté ceux qui aspirent à donner des leçons de savoir vivre républicain, qui votent pour le retour de l’ordre moral, le respect des valeurs, l’apprentissage des règles civiques à l’école, etc. et de l’autre, le citoyen lambda qui ne souhaite qu’une chose : qu’on lui foute la paix, qu’on ne vienne pas marcher sur ses plates bandes, qu’on respecte son désir de ne pas fricoter avec le vulgaire.
Une autre conclusion s’impose. Il est évident que les échanges et les déclarations traduisent le décalage entre ceux qui ambitionnent de surveiller et punir et ceux qui entendent librement consentir à définir un espace de liberté sans avoir besoin de monter à la tribune pour cela. Il y a ceux qui parlent et ceux qui se taisent. Ceux qui s’agitent et ceux qui pensent. Ceux qui veulent faire la classe et ceux qui se gardent bien de s’avancer sur l’estrade. Ceux qui cherchent à dominer et ceux qui refusent de se laisser enchaîner. On n’est pas prêt de rejouer un rapport SM. Car il faut une dose de confiance en l’autre pour cela. Trêve !
Ces livres de Dossie Easton et Janet Hardy s’avèrent vraiment instructifs. Ils vous guideront. Avec des mots simples, les auteurs vous expliquent que le SM ne s’apparente à pas une pratique de torture où la victime se présente non consentante et le bourreau immoral. Non, le SM tel qu’il est enseigné dans ces ouvrages se définit comme « un échange de pouvoir consensuel » entre le dominant et son soumis. Pas l’ombre d’une proximité quelconque, fut-elle théorique, entre nos relations amoureuses et notre élu national. Pauvre con ? Même pas mal !

Lionel DUROI pour Gayvox .com

L'édito du 18.02-2008


Parution du N°7 de la revue des Arts et Cultures gay TriVngul’ère.
Plus lisiblement : Triangul’ère. Au poids, cet ouvrage vaudrait une fortune. Impossible de partir en voyage avec. En revanche, sur la table du salon, pourquoi pas. Il instruira vos invités.
94 pages grand format retracent l’histoire de nos Gay Pride françaises. Les images d’archives fleurissent comme autant de souvenirs amers. Les textes de Christophe Gendron sont sobres, parsemés de chiffres pour me faire sentir la densité du sujet.
Pourquoi acescentes les traces ? Parce que l’oubli nous guette.
La génération d’aujourd’hui semble se foutre pas mal des combats du passé. Je parle des jeunes qui ont entre 18 et 30 ans. Leur libre sexualité, leur ouverture à la société, à leur entourage, à la famille est issue des évolutions des mentalités obtenues à force d’outrances, au tarif de quelques prises de risques des aînés. Il fallait une dose de courage pour affronter la police, les RG, les quolibets, les chantages quotidiens de l’employeur, de la concierge… Sans faire appel au pathos si facile à réactiver, les auteurs ont su mener leur barque sur la route du partage de la mémoire collective. Tout compte fait, il reste ce constat à partager avec ceux qui le veulent bien : on a tous aimé ces années-là. Elles nous collent à la peau comme autant de souvenirs à mettre en avant.

Ce septième volume commence par une ballade à Salvador da Bahia, au Brésil. Un monde parfumé, coloré, endiablé. Un brin d’histoire et nous plongeons dans l’enceinte du concours annuel de fantasia gay organisé par Luiz Mott. Son portrait en compagnie de son jeune ami nous donnerait presque envie de vieillir aussi bien.

À partir de la page 188, Triangul’ère nous plonge dans la création, la représentation de l’univers homo d’aujourd’hui à travers quelques reproductions d’œuvres originales. Bien sur, tout ne peut y être. Voilà un choix, un regard, un assortiment, une sorte de cours de récréation dans laquelle des artistes peintres, sculpteurs, dessinateurs et photographes jouent avec leurs fantasmes.

Enfin, avec l’éternelle Geneviève Pastre, Rimbaud et Verlaine sont racontés avec le fond et la forme comme seule l’écrivaine en a le secret. Si la manière très personnelle de s’introduire dans l’espace a parfois déplu (souvent ?), l’auteur l’assume. Elle nous permet en cela d’établir des liens entre un passé vaporeux (rimbaldien ?) et l’actualité d’un siècle encore tiède, qui occupera assurément le 21ème.

J’ajoute pour terminer cette fois, l’évocation du Centre de ressources documentaires gays et lesbiennes de la bibliothèque de Lyon, porté par Michel Chomarat. Aucune allusion (ou elle m’a échappé) aux multiples tentatives par ailleurs observables : le CDAPH de Paris (tombé à l’eau politique avec des finances publiques…), l’Académie Gay et lesbienne (initiative jamais encouragée par les politiques), les efforts de Patrick Cardon à Lille (avec sa maison d’édition Gay Kitch Camp), puis à Montpellier qui n’ont jamais abouti à la création d’un ensemble soutenu par des moyens communautaires malgré une matière originale et unique, et nos archives à nous, celles du journal Gai Pied que nous avons racheté et dont la destinée reste incertaine. Sujet visiblement peu fédérateur… régional, parfois personnel, bien français en somme.

Lionel DUROI pour Gayvox .com

Edito du 11.02.2008


Auto promotion ou défense de l’artiste ? « En tout bien tout bonheur », cela va de soi et « + si @ff » de préférence. Je veux parler du film que Paul Vecchiali vient de sortir en DVD. Deux autres sont en vente simultanément : « Once more » et « Bareback ».
Dans la foulée d’une envie furieuse de dire à quel point l’urgence s’installe en contre point du reste, du convenu, de l’échafaud perpétuellement dressé devant nous chaque jour, Paul Vecchiali nous balance des vérités, l’air de rien, comme un coquelicot au bord du champ. Remarquable et cependant peu remarqué. Ce réalisateur fait partie de ces créateurs qui ne s’imposent pas. Il faut le mériter, partir à sa rencontre, le découvrir comme un livre de hasard. Mais gare ! Si vous succombez, vous le dévorez et quand vous l’avez dans la peau, il ne vous quitte plus. Sa production appartient à ces raretés qu’on n’attouche qu’avec des pincettes, ou des pinces à sein, c’est selon.
Plus concrètement, « + si @ff » fut une aventure pour tous les acteurs, moi le premier.
Voir le film terminé, j’ai ressenti comme bouffée délirante de satisfaction de n’avoir pas accompli n’importe quoi. Je suppose qu’il en est de même pour tous mes copains du voyage : Françoise Lebrun, Frédéric Franzil, Serge Feuillard, Elsa Lepoivre, Matthieu Marie, Antoine Michel, Éric Crozier, Michel Frantz, Yves Réjasse et aussi l’équipe technique : Philippe Botiglione, Christophe Ecoffet, Guillaume Peries, Jean-François Chevalier… Paul Vecchiali réalise à la force de l’envie d’un collectif d’individus qui le composent, et réussit le pari fou d’enfanter une œuvre en quelques jours, avec peu de moyens, sans droit ni loi.

Que vous dire à l’heure où les lourdes productions se targuent d’avoir des millions à dilapider pour de mièvres scénarii ? Je vous propose ici de prendre, non le risque, mais l’assurance d’une découverte hors du commun. « + si @ff » dévoile une histoire qui se tient au bord du précipice, le même qui nous scotche devant l’écran d’ordinateur à l’heure de la drague. Sur Internet comme ailleurs, les rencontres fabriquent des instants rares qui questionnent nos vies. Dans le film de Paul, elles se croisent, s’affrontent et se déshabillent pour le plus grand plaisir de nous retourner comme des crêpes à la Chandeleur. Si vous aimez être violentés, courrez vous procurer ce DVD. Si vous appréciez les rapports entre hommes, les vieux, les jeunes, les gros, les tendres, les beaux, les méchants, les suspicieux et tous les autres, ce film est conçu pour VOUS, parce que VOUS le valez bien.

Lionel DUROI pour Gayvox .com

L'édito du 04.02.2008


Comment faire du préservatif un objet de culte, un jouet, une idée déco, une envie de déguisement, une « private joke » en somme ? Le Roi de la Capote vous guide dans ces chemins de traverse de la prévention. Certains clameront que le travers est pervers. Et le pervers, de travers ? Jeu de mots facile autant que les sont les jeux de mains. Sur le site du Roi de la Kapotes pour lequel je pub à l’œil, si si, je vous invite à naviguer. Décomplexés du sexe : bienvenus !
Grossiste et détaillant, le king de dame la queue expose plus de 200 modèles en ligne. Énorme. Je ne vous le fais pas dire. Pas facile de vendre aux homos qui les dénichent gratuitement dans les lieux commerciaux de baises. Tout aussi difficile de tenter les hétéros qui semblent en majorité connaître la jouissance du bout du gland. Car c’est du bout des lèvres qu’ils articulent leurs désirs. Les statistiques trahissent tout. Rien qu’à l’idée du latex, la plupart débandent. Le challenge consiste alors pour le king à re-érotiser le jouet. Et il y met du sien ! Il n’y a qu’à reluquer la vidéo en ligne. Je ne vous donne pas l’adresse, vous allez trouver sans problème. On y aperçoit une blonde beugler sur tous les tons. Évidemment, c’est fonction de l’objet enfilé. Il suffit d’y croire (et d’avoir envie d’une blonde). On regrette l’absence d’un acteur à la hauteur. Pourquoi ces manières has been d’exhiber une pouffe hétérote ? Cher monsieur le king de la capote, vous m’auriez filmé un beau mec qui ne fait pas semblant, vous auriez vu votre chiffre d’affaires décoller ! Exemple : une bande de potes en exhibition privée autour d’une table chargée des modèles affriolants de votre boutique. Une musique, et c’est partie pour une franche rigolade. Naturellement, faut affirmer, ne pas hésiter. Parce que même si j’ai pratiqué le latin, une capote « texturée », ça ne m’inspire pas forcément, ça ne déclenche pas à tout coup ma pulsion d’achat. Montrez-moi comment elle est foutue la texture. Sur un sexe en érection, je préfère. Un vrai, c’est mieux qu’un gode.
Phosphorescent, en condom hat, en body ou retardant, voilà les quatre que je choisis. Eux, ils me parlent. Je m’imagine tout à fait lors d’une soirée, déguisé, recouvert comme l’obélisque de la place de la Concorde à l’époque ou Atc Up avait décoré de rose notre pieu national, portant un chapeau pointu sur ma tête de gland, le membre habillé de cette chose qui se dévoile quand on éteint la lumière et pour terminer, prenant mon temps avec la dernière, c'est-à-dire la meilleure, mais pas seul. Je me doute qu’on ne finit pas la nuit en solitaire lorsqu’on arrive dans un salon revêtu de la sorte. Quand je pense que certains oublient de la mettre…

Lionel DUROI pour Gayvox .com
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