• Les éditos de 2004 à 2007
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Edito & L'éditorial

L'Edito du 09.10.06




Excessif ?



Qui dépasse la mesure souhaitable ou permise. Qui est trop grand, ou trop important. En tout cas trop. Et comme chacun sait : trop c’est trop. Et point trop n’en faut. Mais de quel point de vue ? Pour les uns c’est trop. L’inverse est vrai. Qui a raison ? Juste milieu alors ? En quoi le milieu serait plus juste que le trop ? Question de position dominante, voilà tout. De subjectivité en somme. D’où l’intention d’assumer. Un point c’est tout. Fut-il de trop.

Gentiment homo quand mon voisin passe la nuit à faire gueuler de plaisir sa bimbo. A l’heure de partir au boulot quand je le croise, il me salut d’un air de dire : « J’espère qu’on ne vous a pas trop dérangé cette nuit. » Je lui réponds que la nuit, tous les chats sont gris. Alors il m’interroge du regard. J’ajoute : « J’aime le chant des sirènes au fond des bois, surtout quand c’est un poisson. » Comme il est pressé, il n’insiste pas. Mais il part au taf avec une énigme en tête à décrypter. Je suis certain que lorsqu’il entendra mon partenaire miauler de jouissance, il comprendra mon propos. Le lendemain, je lui dirais peut-être : « J’espère qu’on ne vous a pas trop dérangé cette nuit ? ». J’attendrai la réponse avec délectation. Et ne me demandez pas qui c’est.
Radicalement homo quand un flic, un queuf, un condé me demande mes papiers. Je lève le petit doigt, je prends mon air pincé, ma voix aiguë et quand je sors de la voiture, je me dandine. Par moment, je veux qu’on sache que je suis pédé à en crever de différence. Tente, et dans mon droit de l’être.
Obstinément homo quand la commerçante me dit : « Vous verrez, votre copine aimera aussi. » Je réponds toujours, invariablement et à voix haute : « Non non, mon copain. » Si la vendeuse vous répond : « Moi aussi j’aime les hommes. » c’est gagné. Quand vous vous adressez au charcutier, la réponse met plus de temps à venir. Peut importe, le reproche reste enterré au fond de son tiroir caisse.
Définitivement homo quand je sors un kleenex pour essuyer le coin de table mal lavé dans le bar où je bois mon café. Pas question d’avoir les coudes qui collent au comptoir, les manches lustrées par le gras de leurs commerces mal tenus. Le coup d’œil du serveur est assassin. M’en fous. S’il se reconnaissait dans ce geste, au moins il en rirait. Mais non, il continue de faire le mâle parce que les clients ont toujours l’œil sur lui. Tant pis.
Finalement homo quand j’annonce à ma mère que je viens passer le week-end à la maison accompagné d’un beau mec. Elle adore ! C’est moins vrai pour le père. C’est fou ce qu’ils sont jaloux de nous sans jamais le reconnaître. Ça leur fait mal au sein de voir que la femme qu’ils ont toujours pris pour leur mère, zieute en biais dès qu’un beau mâle traîne en boxer autour de la table du petit déjeuner. Tant pis. C’est comme ça et je ne suis pas prêt de changer. Qu’on se le dise dans la famille. Il est vrai que c’est plus facile quand on a une alliée de poids. Je le reconnais.


Lionel DUROI pour Gayvox.com

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