• Les éditos de 2004 à 2007
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Edito & L'éditorial

EDITO de l'été



C’été l’était
Tout est ouvert. Tout siège à jour. Rien ne résiste plus à l’appel du loup. Fabriquez-vous les rêves du jour et destinez à l’illimité vos semences endiablées. Ne cherchez pas à prendre la raison pour ce qu’elle n’est pas. Elle a tort. Le seul destin valable appartient à vos doigts de pied. Eluard, Claudel, Desnos… trop nombreuses les belettes. Pas trop colombes au raz des pâquerettes.

Fin du foot. Aboutissement des épreuves. Terme de partie. Début des nuits, des diables et des anges. Sur la pointe des pieds ou des escarpins, sur le sable ou les chemins, chacun va son goût. Pouvons-nous rêver cet été d’un Nouveau Monde ? Les UEEH n’étaient pas au rendez-vous l’an dernier. Et cette année ? L’étranger est attiré par ce qu’il n’espère plus. Le voisin regarde par la fenêtre le couple d’en face. L’enfant voit sous les jupes. L’adulte examine ce qui déborde, dépasse, distend. Brassens, Devos, Barbara. Tout reste bon à entendre. Le chant des cigales, le gazouillis d’un abruti, le rot d’un pet, l’aboiement d’une carpe. Derrière les devantures de la rue de n’importe où, se dresse le mirage de la facilité qui blesse nos espérances de simplicité. Nu au bord de la vie. Fringué comme des cloches nous procédons comme celui de notre dame. Balancement d’illusions imaginaires, la télévision crache en faciès la fureur du rien qu’on inocule. Le moustique papillonne et la nuit la transforme en ver luisant. Les algues dans l’eau salée brillent quand on les éclabousse à coup de brasses lasses. Le bateau tangue. Les copains s’enlacent. L’air marin des montagnes et l’odeur du chêne sur la plage, en décalage pour feinter la réalité de nos meurs. L’été figure une poésie larmoyante qui vous observe et vous obnubile. Rien ne reste vrai, sauf le gland qui tousse. Zéro patience vaut bien tous les navets de la grand-mère qui faisaient rêver nos grands-pères. Pouvons-nous encore accorder du crédit aux haleines fétides de nos amies endormies par hasard sur le bord d’un canapé ? Qu’attendez-vous de la vie qui vous bouffe sans vous demander votre avis ? Que voudriez-vous qu’un Dieu vous dise alors qu’il n’existe pas, pour vous consoler de ne pas oser le défier ? Ne comptez surtout pas sur l’absolution finale. La finale est pour aujourd’hui. Chaque date gît une lumière éteinte. Chaque nuit contient une espérance à renouveler pour supporter le jour suivant. Aimez-vous cette vie tous les calendes ? Chérir pour en venir à détester, voilà bien le fruit de nos petits espoirs qui dépérissent au rythme des intérêts qui s’amoncellent pour rien dans les casiers de nos entrailles. Le grand silence de la nature peut encore, peut-être, nous enchanter sans persifler.

Bonnes vacances dans le cosmos.

Lionel DUROI pour Gayvox.com
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