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Essai PrEP


 

Acceptabilité d'un essai PrEP chez les homosexuels masculins en France

A l'occasion des Journées scientifiques 2010 des jeunes chercheurs en sciences sociales et VIH/sida, Nicolas Lorente (SE4S - Marseille) avait présenté les résultats d'une enquête sur l'acceptabilité d'un essai reposant sur la prophylaxie pré-exposition chez les gays.

 

 

 

Contexte


Les homosexuels, et plus largement les Hommes ayant des relations Sexuelles avec des Hommes (HSH) restent une population vulnérable face au VIH et une cible prioritaire en termes de santé publique.

L'utilisation systématique du préservatif lors de la pénétration anale et, avec tous les types de partenaires, est toujours la norme préventive dominante. Les dernières données à ce sujet témoignent d'un relâchement progressif de ces pratiques safe chez les HSH, notamment en France.

Dans le même temps, des pratiques alternatives de prévention, à plus bas seuil que le préservatif, semblent se diffuser parmi les HSH et, sont largement décrites dans la littérature scientifique sous le concept de Réduction des Risques Sexuels (RdR-S). Un essai PrEP (Pre-Exposure Prophylaxis) chez les HSH pourrait aboutir à la mise en place d'une technique complémentaire de réduction des risques de contamination par un traitement médicamenteux « à la demande », c'est-à-dire un traitement pris peu avant une éventuelle exposition au VIH, et non de façon quotidienne.


Méthode


Un questionnaire a été distribué auprès des homosexuels rencontrés d'une part au cours des actions de prévention de l'association AIDES durant l'été 2009, et d'autre part sur les sites internet d'associations. Le questionnaire comprenait 25 questions documentant les caractéristiques sociodémographiques, les pratiques sexuelles ainsi que l'intérêt et les barrières perçues pour participer à un essai visant à évaluer la PrEP. Une régression logistique a été utilisée pour rechercher les facteurs associés à l'intérêt pour participer à l'essai.


Résultats


Parmi les 527 questionnaires recueillis, 443 ont été retenus pour l'analyse car les répondants ont déclaré être séronégatifs pour le VIH.

Ils sont âgés de 16 à 78 ans, avec un âge médian de 37 ans, et ils sont d'un niveau d'éducation assez élevé (58% ont un niveau d'étude supérieur ou égal au baccalauréat).

Les indicateurs classiques de prises de risque (utilisation non systématique du préservatif lors de la pénétration anale avec un partenaire occasionnel, nombre de partenaires élevés etc.) montrent que près d'un quart de l'échantillon peut être considéré comme une population « à risque » vis-à-vis du VIH et donc certainement éligible pour un protocole PrEP par intermittence.

En outre ils sont très informés (84%) sur les traitements d'urgence actuellement disponibles à l'hôpital en France, et près de 13% y ont déjà eu recours au moins une fois après une prise de risque sexuel.

Parmi les hommes interrogés, 40% se disent assez ou très intéressé pour prendre part à un tel essai ; les facteurs indépendamment associé à cet intérêt étant un niveau d'étude inférieur ou égal au 1er cycle universitaire (AOR = 1.60 [1.05-2.44]), un nombre plus élevé de partenaires sexuels (AOR = 1.01 [1-1.02] /partenaire additionnel), l'utilisation non systématique du préservatif lors des relations anales avec des partenaires occasionnels (AOR = 1.66 [1.03-2.66]) et la préférence pour des visites médicales prévues par le protocole effectuées au sein d'un hôpital, dans une partie spécialement réservée à cet effet (AOR = 2.91 [1.32-6.39]).


Conclusion


Malgré le contexte français dans lequel l'information et l'accès aux traitements d'urgence contre le VIH sont largement répandus, cette pré-enquête semble démontrer une bonne acceptabilité du protocole PrEP « à la demande » chez les HSH, mais aussi qu'une bonne part de ces derniers pourrait être éligible au protocole.

Ce résultat laisse à penser que les HSH seraient plus enclins à contrôler les risques qu'ils prennent dans leur sexualité grâce à un traitement préventif dont ils devront gérer eux-mêmes les prises, plutôt que la prise d'un traitement d'urgence après une possible exposition au VIH au cours d'une relation sexuelle dont ils auraient « perdu le contrôle ».

Les indicateurs classiques de prises de risque utilisés ici le seront aussi pour le recrutement des participants, mais des entretiens moins directifs seront administrés au cours de l'essai.

Cela permettra de comprendre davantage les logiques mises en œuvre par les HSH vis-à-vis de leur sexualité en général et de la RDR-S en particulier grâce à des données moins normalisées que celles issues des indicateurs classiques.

 

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Publié le 15 mars 2011 -- Source VIH.org

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