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Santé & Mieux vivre sa maladie

La sexualité se déroule en circuit fermé


 
Le docteur Michel Ohayon est directeur du centre de santé sexuelle 190. Créée en 2010, l’association a pour but de faire baisser le VIH et les MST/IST dans le milieu gay.

Les infections sexuellement transmissibles étaient en baisse dans les années 1990. Depuis le début des années 2000, elles ont fait leur retour. A votre avis, pourquoi ?

On a découvert le virus du SIDA au début des années 1980. A l’époque, on ne connaissait rien de ce virus extrêmement mortel. De ce fait, les gens se sont protégés pour ne pas l’attraper, ce qui a eu aussi pour conséquence de baisser le nombre d’infections et de maladies sexuellement transmissibles. En 1996, la trithérapie est née et les gens ne meurent plus du SIDA avec ce traitement. Les populations dites à risques se sont donc moins protégées et les IST/MST ont fait leur grand retour au début des années 2000. C’est comme après une guerre, les gens se libèrent sexuellement.

C’est uniquement un problème sociétale ?

Justement non. C’est un problème comportemental. On trouve des MST/IST dans le milieu gay, surtout en Ile de France ou dans les grandes villes et un peu plus chez des personnes séropositives. 50% des cas de syphilis ont été contractés lors de rapports bucco-génitaux non protégés. Les gens ne contractent pas une blennorragie en faisant une fellation à un partenaire, mais en se faisant faire une fellation par un partenaire qui a fait une fellation etc. à un partenaire infecté.
Le vrai problème aujourd’hui c’est, par exemple, un gay parisien à la sexualité généreuse qui ne prend pas de risques importants peut parfaitement attraper des IST parce qu’elles sont autour de lui. Un microbe lancé dans son environnement peut le toucher parce que la sexualité se déroule en circuit fermé.

Quelles sont les techniques de dépistages du 190 ?

Au 190, nous mettons en place un test sérologique habituellement fait (VIH, Hépatites, syphilis…) mais également des prélèvements locaux. Les 2/3 des maladies que l’on va trouver ne se dépistent pas par le sang. Les chlamydias par exemple ne voyagent pas, elles restent là où elles ont été contractées ; lors d’un rapport bucco génital, elles restent dans la gorge. On trouve chez 15% des gens des MST au niveau anal, 10% sur des prélèvements de gorge et 6% sur l’analyse d’urine au niveau du sexe.

Les IST/MST ne font plus peur ?

Je n’aime pas trop ce mot de peur. Il faut savoir que nous avons vécu dans une peur constante du SIDA pendant 25 ans, spécialement dans le milieu gay. Aujourd’hui, grâce à la trithérapie on peut vivre avec le virus du VIH, avec des contraintes certes mais on ne meurt plus du virus avec ce traitement. Les MST/IST sont majoritairement soignables si elles sont prises à temps avec le dépistage d’aujourd’hui. Il ne faut pas prendre de risques inutiles c’est évident, mais on peut mener une sexualité riche sans avoir peur.

29 juillet 2016 - Magathe pour Gayvox
 
 
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