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Interview de Graciela Cattaneo, vice-présidente de Aides


Graciela Cattaneo, vice-présidente de Aides : « Globalement, il y a un manque de visibilité des femmes séropositives »

 

 

Militante dans la lutte contre le sida depuis 1993, la vice-présidente de Aides, a été à l’initiative de la rencontre des Femmes séropositives en action (FSA) en 2011 et de la construction de l’enquête EVE. Interview pour saisir les enjeux autour de la visibilité des femmes atteinte du VIH.

 

Gayvox : En quoi est-ce important que cette initiative, l'enquête EVE, soit née de la volonté des femmes ?

Graciela Cattaneo : On est parti du constat que les femmes séropositives vivaient un ensemble d’événements indésirables qui pouvaient être liés à la maladie ou aux traitements, mais aussi au contexte social dans lequel elles se trouvent. La confrontation entre des chercheuses et des femmes vivant avec le VIH a alors permis de construire une enquête à partir de ce vécu des femmes séropositives. Scientifiquement, on sait que les femmes sont plus sensibles aux traitements que les hommes. Il y a donc un vécu en tant que femme  dû au rôle dans lequel les femmes sont enfermées. L’enquête EVE, c’était donc la possibilité de construire une étude pour les femmes par elles-mêmes.

 

Qu'en attendiez-vous ?

Ce que les femmes séropositives attendaient, c’était de pouvoir rendre de compte de leur ressenti dans un jargon méthodologique objectivable par les chercheurs et les médecins afin d’amorcer des recherches scientifiques plus poussées. Mais aussi pour favoriser le dialogue avec le corps médical ainsi qu’une meilleure prise en charge des effets indésirables ressentis qui affectent leur qualité de vie. Enfin, cette enquête EVE permet d’adapter nos actions pour qu’elles soient plus pertinentes.

 

Comment analysez-vous cette insuffisance du dialogue entre les femmes atteintes du VIH et le corps médical au sujet des effets indésirables ?

Il faut d’abord reconnaître qu’il y a eu des avancées. Mais elles ne sont pas suffisantes en ce qui concerne la recherche spécifique sur la prise en charge des femmes séropositives. Cela ne se réduit pas au VIH, mais à bien d’autres pathologies. C’est un manque de prise en compte global d’une spécificité. 

 

Les femmes séropositives souffrent-elles toujours d'un manque de visibilité ?

Lors de cette rencontre des Femmes séropositives en action (FSA) en 2011, on avait évoqué les difficultés de parler de sa séropositivité. Mais, oui, il y a globalement un manque de visibilité des femmes séropositives. Il faudrait avancer tout en transformant l’image de la séropositivité. En ce qui concerne la visibilité individuelle, on est convaincu qu’il faut que les femmes parlent de leur séropositivité mais pour en changer l’image négative, qui a très longtemps été une image de victime ou de comportements « pas très moraux ». Cela permet de lutter contre les discriminations, au travail par exemple, car être visible en tant que séropositif c’est aussi un coût.

 

Propos recueillis par F. Bardou pour Gayvox.fr

lire 1 commentaire
S... le 16/12/2014
Titre : Imaginaire collectif
Commentaire :
il est vrai qu'on ne parle pas assez des femmes séropositives. Sauf en cas de grossesse pour évoquer le risque (faible) de transmission au bébé. Bravo pour cette enquête en espérant que ses enseignements seront tirés....ou pas ! J ai un doute je l'avoue ! 
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