Gayvox.fr
Dossiers & Société

Procréation médicalement assistée : Deux mamans, un bonheur


Le Comité d’éthique s’est déclaré cette semaine favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples lesbiens et les célibataires.


 

Dans le département, de nombreux couples gays ou lesbiens n’ont pas attendu la probable future loi pour fonder un foyer.

Souvent, Clémence aime regarder les images des livres. Des personnages peuplent son imaginaire de petite fille de 13 mois. Clémence adore l’eau du bain et préfère encore plus enfiler son maillot de Nemo quand ses deux mamans l’emmènent barboter à la piscine.

Les cousins et cousines ne sont jamais bien loin les dimanches avec elle. Pour Claire, 49 ans :

 

C’est devenu un plaisir de faire des crêpes, Lorsqu’il y a des enfants autour, tout devient différent. 

 

Le bonheur est souvent la seule chose qu’on puisse donner sans l’avoir, et c’est en le donnant qu’on l’acquiert.

 

Claire a rencontré Lucie il y a 17 ans, dans une soirée. Au fil des années, l’envie d’avoir un enfant est devenue de plus en plus forte. Jamais, les Cherbourgeoises n’ont renoncé à l’amour qu’elles avaient à donner.

 

L’adoption du mariage pour tous, en 2013, a tout changé, offrant un cadre légal et une possibilité de reconnaissance.

 

Avant cela, puisque le Pacs ne suffisait pas, Claire se souvient qu’elle avait juste un peu plus de 30 ans lorsqu’elle a dû remplir son testament pour protéger la femme qu’elle aimait, au cas où le pire arriverait. Parce que la procréation médicalement assistée est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée, il faudrait s’exiler, partir à l’aventure. Passer la frontière.

« Beaucoup de couples se sont lancés dans un projet d’enfant, raconte Claire. De nombreuses lesbiennes de l’ouest de la France choisissent la Belgique. Les prix sont beaucoup moins élevés que dans les cliniques privées en Espagne. Surtout, c’est plus près. Il faut être prête à partir du jour pour le lendemain, pour 6 h 30 de route. Heureusement, dans notre profession, nous avons pu compter sur des gens ouverts d’esprit, qui nous ont comprises. »

 

Rien, évidemment, n’est remboursé aux familles françaises qui vont faire une PMA à l’étranger. Pour Claire et Lucie, il a fallu compter environ 2 000 euros.

 

La solution belge


Le jour de la naissance de Clémence, à Cherbourg, un autre bébé est venu faire le bonheur de deux mères. La coparentalité, c’est-à-dire un enfant dont le papa est gay et la maman lesbienne, est également bien présente.

 

La plupart des homosexuels qui ont aujourd’hui une cinquantaine d’années ne s’autorisent plus avoir envie d’un enfant. Mais ceux qui ont entre 20 et 40 ans ont souvent des projets parentaux. Ce n’est plus du tout un tabou.

 

Dans le couple de Claire et Lucie, la question de savoir qui portera l’enfant ne s’est pas posée.

 

Ce serait Lucie, la plus jeune, qui affronterait la grossesse. Après recherches, elles choisissent un hôpital public dans la partie flamande de la Belgique pour faire avancer leur rêve.

 

La PMA pour toutes est en vigueur depuis 2007. Sur place, après un entretien gynécologique, une rencontre avec un psychologue les amène à raconter leur parcours, l’appréhension de leur homosexualité et le cheminement de leur couple avec la venue d’un enfant.

 

« Les gens sont très ouverts là-bas, commente Claire. Le fait d’avoir deux femmes face à eux fait partie de leur quotidien. En revanche, nous avons été surprises de voir beaucoup de couples hétéros français faire le même chemin que nous. Nous avions rencontré un couple venu de Brest. En fait, en Belgique, la PMA est vraiment entrée dans les mœurs, le nombre de donneurs est largement supérieur à la France. Du coup, les temps d’attente sont plus courts. Légaliser la PMA chez nous aura sans doute des effets positifs à ce niveau-là. L’image de la PMA a déjà changé d’ailleurs. Avant, un couple ne parlait pas de la PMA à laquelle il avait eu recours pour avoir un enfant. Aujourd’hui, cette discussion est beaucoup plus naturelle. »

 

Après plusieurs allers-retours pour des inséminations, Lucie tombe enceinte, au grand bonheur de toute la famille. À ce moment-là, elle revient dans le système français. La première chose à faire, c’est de trouver un gynécologue qui accepte de prescrire des examens, puis de suivre le processus de PMA et la grossesse. La suite appartient au quotidien de toutes les femmes en France.

 

Une requête au tribunal


Aujourd’hui, dans la loi, Clémence n’a qu’une maman, Lucie, qui lui a donné la vie. Claire a transmis un dossier d’adoption au tribunal de grande instance. La procédure prend plusieurs mois. En attendant, Claire ne quitte jamais le papier signé par Lucie indiquant ses droits pour Clémence.

À la crèche, cette dernière s’épanouit parmi les autres enfants.

 

Lorsqu’on cause avec les autres parents à la sortie, on discute de choses et d’autres. Les gens ne font aucune différence lorsqu’ils parlent de leurs enfants. Les gens ne se retournent pas quand ils voient deux femmes derrière une poussette. La suite ne m’inquiète pas non plus. Nous, nous sommes conscientes qu’il faut lui dire la vérité.

 

Cette vérité, c’est d’abord que Clémence a la chance d’avoir deux mamans qui s’aiment. Et qui, déjà, pensent à lui donner un petit frère ou une petite sœur. « Nous n’attendrons pas la loi sur la PMA, conclut Claire. On ne peut pas attendre la législation pour vivre. »

 

Pour contacter l’association des parents gays et lesbiens par mail : normandie@apgl.fr, ou aller sur la page Facebook APGL Normandie.


Source : Actu.fr


En ligne le 3 juillet 2017

Infos gay lesbienne LGBTQI, news gay lesbienne LGBTQI, actualité gay lesbienne LGBTQI, culture gay lesbienne LGBTQI

Informations
Pour utiliser nos services, tu dois être membre de Gayvox et identifié.
Je suis déjà membre Mot de passe oublié ?
Pas encore membre
Je souhaite m'inscrire maintenant :

Rencontres express

Je cherche
Qui cherche
Résidant en

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies. En savoir plus OK