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Trans, gays, lesbiennes : la peur, toujours


À l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, des portraits de personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) de Besançon, ayant décidé de témoigner. À l’image de Moïra, 27 ans, qui a été désignée à sa naissance comme un garçon.


 

Moïra est née il y a 27 ans. Et on lui a assigné un sexe masculin. Problème : Moïra est une femme trans. « Je l’ai toujours su, dès le départ, mais je l’ai refoulé. » La première LGBT-phobie est là, distillée par la société qui vous fait comprendre que votre voie n’est pas possible.

 

Il y a un an, Moïra a décidé de rétablir la situation. « J’ai rencontré mon généraliste. Il a été très compréhensif comme tous les professionnels de santé que j’ai rencontrés ensuite. » Aujourd’hui, Moïra a commencé sa transition hormonale et la procédure de changement d’état civil. « Le délibéré du tribunal a eu lieu le 22 avril dernier. Mais je n’ai pas encore reçu la réponse. » Moïra attend. La demoiselle peut prétendre à un contrat de travail en CDD. « J’ai peur que mon changement d’état civil ne soit pas arrivé et que je sois obligée de mettre sur mon contrat un numéro de sécurité sociale commençant par un 1. »

 

Les LGBT-phobies ne sont pas que de l’ordre des agressions, des insultes. « Je n’ai jamais vraiment eu à affronter cela. » Mais il y a mille et une choses insidieuses qui font que les publics LGBT ne peuvent pas vivre comme les autres. « Alors, bien sûr, les choses s’améliorent. On n’est plus dans l’obligation de subir une castration chimique comme celle réservée pour les délinquants sexuels. Et j’espère que le transsexualisme sortira bientôt de la classification internationale des maladies mentales de l’OMS [N.D.L.R. : Organisation mondiale de la santé]… Mais il y a encore tellement de points noirs. Nous ne sommes pas représentés dans les médias. Comment voulez-vous qu’un jeune ou une jeune s’identifie, trouve sa place dans la société qui le veut invisible. »

 

« Trop souvent encore, des gens ont une grille de lecture d’un autre temps »


Et puis, la haine, la phobie, c’est aussi toutes les représentations que le monde veut donner. « Je ne dis jamais que je suis transsexuelle car il y a le mot sexe dedans. Trop souvent encore, des gens ont une grille de lecture d’un autre temps : je suis un garçon qui s’habille en fille pour susciter le désir d’autres hommes. »

 

Et bien non. Moïra est une trans, elle est lesbienne et amoureuse d’une femme. Et bientôt, elle voudrait être juste reconnue comme quelqu’un qui aime. Point barre. « J’en reviens à mon changement d’état civil. Comme toutes les trans, je suis victime de la transphobie d’État. J’ai peur de me faire arrêter avec des papiers d’hommes, de me confronter à des violences policières éventuelles, de me retrouver enfermée avec d’autres hommes. »

 

La peur est là, toujours. Beaucoup ont du coup envie d’être invisibles, qu’on ne les remarque pas. Moïra pour sa part a choisi de combattre. Elle a une chaîne YouTube, un blog aussi où elle partage son expérience. « Il y a mon journal de bord, le journal de bord de ma transition hormonale, le journal de bord de mon changement d’état civil. Je fais ça pour aider d’autres trans. »

 

Car l’urgence est là. Moïra en a tiré une vocation. Elle crée des lieux virtuels sur le net où tout le monde, quelle que soit son identité, peut venir échanger. « Je veux aussi créer un lieu réel avec la même ambition, un café où tout le monde serait bienvenu. »


La chaîne YouTube de Moïra et sur tumblr


Source : L'Est Républicain


En ligne le 16 mai 2017

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